Balzac: 2 nouvelles et un roman

Je continue ma découverte de l’oeuvre de Balzac tranquillement et comme j’ai finalement assez peu de choses à dire sur les nouvelles et courts romans lus jusqu’ici, j’ai décidé de regrouper mes avis quand j’ai l’impression d’en avoir lu suffisamment pour que ça soit intéressant pour vous.

Ces textes sont issus du tome 2 des Scènes de la Vie privée et appartiennent à la vaste saga de La Comédie humaine de Balzac. Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez déjà qu’en général, les nouvelles ne sont pas vraiment ma tasse de thé (sauf exceptions notables, pour celles de Léa Silhol par exemple). J’avoue que si je n’avais pas dans ma bibliothèque cette très jolie édition de La Comédie humaine, je ne serais pas allée les chercher. Mais je me suis posé comme challenge de lire (ou au moins leur donner leur chance) l’ensemble de ces livres. J’en suis au tome 2 sur 12, inutile de dire que c’est un projet à très long terme ^^

La Grenadière. 28 pages. 1833.

Une femme s’installe avec ses deux enfants dans une propriété près de Tours, la Grenadière.

Comme souvent dans ses nouvelles, l’auteur fait le portrait d’une femme, ici une mère. Précisons: une mère très idéalisée (comme tous les personnages, en fait, maintenant que j’y pense…). Je passerai sur les propos sexistes de Balzac à propos de la maternité, pour ne parler que de l’intrigue. Intrigue relativement simple, qui malheureusement nous laisse sur une conclusion assez abrupte.

La description s’attarde sur les lieux où se déroule l’histoire. On sent l’attachement de l’auteur à cette région, qui semble également plutôt idéalisée, mais qui est très plaisante à lire. On se sent sur les bords de Loire avec les personnages et on a l’impression de respirer les parfums du jardin de la Grenadière.

La nouvelle n’est pas inoubliable de par son intrigue, mais laisse une impression de sérénité et de communion avec la nature décrite. Une lecture plutôt agréable.

***

La Femme abandonnée. 49 pages. 1835.

Un jeune homme séjournant en Normandie se met dans la tête qu’il est amoureux d’une femme « déchue » dont il a entendu parler et fait tout pour la séduire.

La mise en place est un peu longue, surtout que l’auteur a le même tic d’écriture que j’avais déjà repéré dans d’autres nouvelles: il décrit les personnages en faisant des généralités et des lieux communs. Ensuite l’histoire démarre sur des faits pas du tout crédibles, que ce soit le grand amour du héros qui se bâtit sur des chimères ou les réactions de l’héroïne face à cet inconnu. La suite de l’intrigue passe par un romantisme risible qui finit par subir l’intrusion d’une réalité sociale qui est le seul point auquel j’ai cru un minimum. La conclusion tient malheureusement également plus du romantisme tragique qu’autre chose.

Dans l’ensemble, ça n’a pas été une mauvaise lecture, parce que la plume de Balzac est belle, quoique réellement bavarde, mais l’intrigue n’avait pas grand intérêt et aurait pu être conclue en 10 pages maximum, vu le contenu réel.

Une nouvelle que je vais très vite oublier.

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Béatrix. 387 pages. 1839.

Guérande, 19e siècle. Le jeune et inexpérimenté Calyste, amoureux éconduit de Camille Maupin, femme de lettres, se met à aimer Béatrix, marquise scandaleuse et réprouvée par la société pour avoir quitté son mari au profit d’un musicien.

Le sujet est très similaire à celui de La Femme abandonnée, si ce n’est qu’on croule ici sous les triangles amoureux et les drames sentimentaux.

Le roman est divisé en 3 parties. La première, interminable et fastidieuse, est une longue description des lieux et des personnages. La seconde est un peu plus intéressante du point de vue de la psychologie des personnages, puisque c’est celle où les intrigues entre eux se nouent, à coups de manipulations et de plans à la noix. La dernière est celle qui se lit avec le plus de plaisir, du moins dans sa deuxième moitié, puisqu’on y fait la connaissance de personnages plus intéressants et qu’une forme de complot amoureux, raconté avec beaucoup d’humour, va permettre de dénouer la situation.

Les points forts du récits sont la plume de l’auteur, même s’il abuse des descriptions dès la première page, et la dernière petite centaine de pages. Les réflexions autour de la créativité, littéraire ou musicale, étaient également très intéressantes, en particulier s’agissant de la place des femmes dans les milieux artistiques.

Les points négatifs: à peu près tout le reste. Je n’ai pas plus cru à cette histoire « d’amour au avant le premier regard » que dans La Femme abandonnée, mais d’autres éléments s’y greffent, dont beaucoup sont assez sexistes, même si Balzac nous propose ici des portraits de femmes plutôt modernes (l’un d’eux étant inspiré de George Sand, ceci expliquant cela). Il faudra qu’on m’explique en quoi une tentative de meurtre est un acte d’amour ou un geste romantique, pour ne citer que le plus choquant…

D’autre part, il y a énormément de longueurs, dues aux innombrables et interminables descriptions qui alourdissent le récit. Avait-on besoin de raconter tout le passé des personnages, y compris la jeunesse du père du héros, qui tient assez peu de place dans l’intrigue, pour suivre le déroulé des évènements? Absolument pas.

Pour finir, les personnages en question sont tous antipathiques au mieux, au pire stupides (le héros en tête) ou carrément détestables. C’est seulement à la fin, quand l’auteur prend le temps de faire du sarcasme à leurs dépens, que je les ai trouvé supportables.

Pour être tout à fait honnête, si ce n’était pas par curiosité pour l’auteur, j’aurais abandonné ma lecture. Je comprends pourquoi certains romans de La Comédie humaine sont plus connus que d’autres…

La suite au prochain épisode…

Et vous, vous lisez ou avez lu cet auteur? Quels titres avez-vous préféré ou conseilleriez-vous? Et si non, est-ce qu’il vous tente, ou est-ce que vous appréhendez la lecture de classiques?

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Ce que j’ai envie de lire en août

Il paraît que plus on vieillit plus le temps passe vite, il faut croire que c’est vrai parce que juillet est encore un mois qui a passé à la vitesse de l’éclair ^^ Et puisque donc on est déjà en août, malgré la météo qui ressemble plutôt à celle de mars ou octobre, c’est le moment de fouiller dans ma PAL pour en sortir les livres qui me font le plus envie pour les semaines à venir 🙂

Mes lectures en cours en ce début de mois:

Le Sommeil du Dragon est un tome 2, si vous voulez voir mon avis sur le tome 1, c’est par ici 😉 (c’est le 2e avis sur le billet)

Pour la consigne d’août du challenge Objectif du mois, je dois lire un livre avec une jolie couverture. Je n’ai que l’embarras du choix vu mon goût immodéré pour les belles éditions 🙂

J’espère avoir le temps de lire tout ça:

J’espère avoir le temps aussi pour quelques graphiques, un peu de Balzac et peut-être du théâtre, mais Don Quichotte (le tome 2 seulement, j’ai déjà lu le tome 1) est un gros morceau, alors j’essaie de ne pas trop m’emballer ^^

Pour en savoir plus sur tous ces livres, comme d’hab, clic-clic sur les couvertures (attention, certains ne sont pas des tomes 1, pour plus d’infos sans spoiler, je vous renvoie aux billets déjà publiés sur ce blog) 😉 Si vous les avez déjà lus ou comptez les lire, votre avis m’intéresse, vous savez quoi faire dans les commentaires 😉

Et vous, vous prévoyez de lire quoi, en août? 🙂

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Ce que j’ai lu en juillet

Juillet a été un mois particulièrement rempli niveau lectures, je suis en pleine fringale livresque et l’essentiel de mon temps libre est consacré aux livres en ce moment, ça me fait beaucoup de bien! 🙂

En juillet, j’ai lu ou fini de lire:

*18 livres (le compte n’y est pas en nombre de couvertures, parce qu’il y a des intégrales dedans et que je compte en nombre de titres 😉 ):

*1 manga:

Comme vous voyez je me suis vraiment fait plaisir 🙂 Pour en savoir plus sur tout ça, clic-clic sur les couvertures, les billets manquants arrivent tout bientôt! Je vous ai mis des liens vers les résumés en attendant.

Et pour vous, c’était comment, en juillet? 😉

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Le Paris des Merveilles

Le Paris des Merveilles, Intégrale. De Pierre Pevel. Editions Bragelonne. 832 pages. 2003-2015.

Années 1910. Dans un Paris uchronique où Ambremer, le monde féérique cohabite publiquement avec notre réalité historique, Griffont, mage du Cercle Cyan, et Isabelle de Saint-Gil, enchanteresse en délicatesse avec la justice, se trouvent mêlés à des mystères impliquant les deux mondes.

J’avais déjà lu le 1er tome: Les Enchantements d’Ambremer.

1.5. Magicis in Mobile. Nouvelle d’une vingtaine de pages autour d’un mystérieux sous-marin apparu brusquement ancré sur la Seine. Les protagonistes doivent découvrir le fin mot de l’histoire avant que les militaires affolés ne décident de jouer du canon.

C’est le texte que j’ai préféré dans cet univers. Les idées étaient très sympas et il y avait une certaine poésie dans l’intrigue. Pas grand chose à ajouter, c’est trop court pour entrer dans les détails, mais c’était chouette.

2. L’Elixir d’Oubli. J’avoue avoir dû aller vérifier le synopsis de ce tome, alors que ma lecture ne date que d’un mois, parce que je ne garde quasiment aucun souvenir de l’intrigue… On rencontre ici un mage noir et le meurtre d’un antiquaire occupe les personnages tout autant que les réminiscences d’un lointain passé. 

J’ai trouvé ce tome très brouillon, ça part dans tous les sens et il y a des tas de références à des personnages historiques et/ou issus de la culture populaire, qui malheureusement ne servent pas à grand chose la plupart du temps. Tout se résout très vite, avec beaucoup d’action, mais ça manquait de liant pour mon goût.

3. Le Royaume Immobile. Le Parlement des Fées appelle à une élection, tandis qu’Isabel est témoin d’un meurtre et que Griffont aide un ami à prouver son innocence dans un autre.

J’ai trouvé ce tome mieux construit que le précédent et l’auteur abuse moins des références, ce qui permet, à lui comme à nous, de se concentrer sur une intrigue plus intéressante et mieux ficelée, même si elle n’est pas exempte de défauts.

Globalement, je suis assez déçue par cette série. Le gros point fort, c’est son univers très original, qui mêle merveilleux et Belle-Epoque. Il y a des tonnes de belles idées et des créatures magiques à la pelle. Malheureusement la richesse de l’univers est peu exploitée et ne sert que de toile de fond à des intrigues somme toute assez banales qui auraient pu être écrites sans faire usage d’un royaume magique ou de créatures fantastiques. Le côté fun des références à la culture populaire est noyé sous l’abus qu’en fait l’auteur alors qu’il ne les exploite pas réellement non plus. D’autre part, je ne me suis attachée à aucun personnage, je les ai souvent trouvés agaçants, en particulier Isabel (surtout dans le tome 2).

Je n’ai pas passé un mauvais moment, c’était distrayant, parfois assez fun, mais pour moi ça s’arrête là. J’ai déjà pratiquement tout oublié de ma lecture, y compris sur le dernier tome, refermé pourtant seulement la semaine dernière…

Je m’attendais à plus et à mieux, au vu de tous les avis dithyrambiques lus et entendus, même si ma lecture du tome 1 m’avait fait revoir mes attentes à la baisse.

Pas une mauvaise lecture, mais loin d’être inoubliable pour moi. Dommage.

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Des petits nouveaux dans ma PAL

Je me suis considérablement calmée sur les achats dernièrement, mais je ne compte pas faire de no buy (j’y arrive jamais de toute façon 😆 ), vu que j’ai un rythme de lecture très élevé en ce moment. Je ne peux pas prétendre que ça fait considérablement baisser ma PAL, vue l’étendue du « désastre », mais je suis revenue à lire plus de livres que je n’en acquiers, donc je suis assez satisfaite 🙂

J’ai commandé deux des derniers Romans éternels parus:

Enfin, c’était les derniers parus quand je les ai commandés, ils ont mis longtemps à arriver. Je compte en prendre certains autres, mais le point presse où je les achetais ne les reçoit plus et c’est pénible de devoir passer commande… Et avec les frais de port, la facture monte vite…

J’avais également sollicité plusieurs nouveautés via NetGalley, pensant que sur la quantité, j’en recevrais peut-être un ou deux. J’attends encore la réponse de certaines maisons d’édition, mais j’ai déjà été acceptée pour ces deux titres:

Ceux-ci sont déjà sortis, je vous en reparle très vite 😉

J’ai comme toujours très hâte de lire tout ça et d’en discuter avec vous 😉

Et vous, quoi de nouveau dans votre PAL 🙂

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Le Navigateur sur les Mers du Destin

Le Cycle d’Elric tome 3: Le Navigateur sur les Mers du Destin. Editions Pocket, collection Fantasy. 188 pages. 1988.

Alors qu’il cherche à échapper à ses ennemis, Elric est recueilli par un mystérieux navire entouré de brume.

Mon avis sur les tomes précédents: 1. Elric des Dragons. 2. La Forteresse de la Perle.

Je ne reviens pas sur ma frustration à ne pas pouvoir lire cette série dans l’ordre d’écriture, je pense m’y être suffisamment étendue dans mon dernier billet ^^ Je dois cependant y ajouter cette fois une autre frustration: celle de ne pas connaître les autres séries de Michael Moorcock, car on rencontre ici des personnages appartenant à d’autres de ces cycles. ça n’a pas rendu ma lecture incompréhensible, mais je pense que je suis passée à côté de certaines choses ayant de l’importance dans l’intrigue de la première histoire présente dans cet opus.

Ce tome est divisé en 3 nouvelles relatant 3 aventures, toutes liées au navire ayant recueilli Elric et à l’univers où il a été transporté. Comme dans les précédents tomes, on baigne dans un certain onirisme, la perception de la ou des réalité-s tient une place non-négligeable dans la construction et la compréhension des récits. Et l’ensemble permet d’approfondir le personnage d’Elric, l’Histoire de Melniboné et les mythologies des univers traversés. Cet aspect fait partie de ce que je préfère dans cette série.

La première histoire est celle que j’ai le moins appréciée, à cause de ma méconnaissance des autres séries de Michael Moorcock, mais aussi parce qu’une fois entrée dans le vif du sujet, j’ai compris immédiatement ce que les protagonistes ne découvrent qu’à la fin, du coup c’était raté pour le suspense. Malgré tout, il y avait des idées intéressantes et des rebondissements qui m’ont bien plu, même s’ils n’étaient pas forcément imprévisibles.

La seconde nouvelle était également intéressante et bien ficelée. Il y avait de l’action, mais aussi des réflexions bien menées. Le seul reproche que je lui ferai est que certains aspects rappelaient un peu trop des péripéties du tome 2.

La dernière aventure était assez différente des deux autres, elle avait un côté un peu lovecraftien qui m’a beaucoup plu. On y apprend également beaucoup de choses sur Melniboné et sur le dieu du Chaos servi par Elric et Stormbringer.

Une bonne lecture, j’apprécie vraiment cette série malgré l’ordre dans lequel je la lis qui ne me convient toujours pas. ça reste assez classique pour de la fantasy qui tire plutôt vers le dark, mais ça fonctionne bien et je passe toujours un bon moment.

Est-ce que vous avez lu cette série? Qu’est-ce que vous en pensez? Vous avez d’autres titres du même genre à me conseiller? 🙂

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MacBeth

MacBeth. De William Shakespeare. Editions Archipoche, collection La Bibliothèque des Classiques. 30 pages/1312. 1611 (?)

Après une bataille qu’il a remporté pour le roi d’Ecosse, MacBeth rencontre trois sorcières qui lui prédisent qu’il sera roi à son tour. Sa femme et lui décident de donner un coup de pouce meurtrier au destin.

J’avais déjà lu cette pièce au cours de mes études et j’en gardais un bon souvenir, même si concrètement j’en retenais surtout l’intervention des sorcières et la fameuse tirade sur les mains souillées de Lady MacBeth et les eaux de Neptune qui ne pourraient suffire à les purifier.

La pièce est assez brève et se lit très bien. Les thèmes abordés sont très intéressants, ils tournent entre autres autour du désir de pouvoir, de fin justifiant ou pas les moyens et, le plus subtilement traité selon moi, de la notion de destin: serait-il jamais venu à l’idée de MacBeth de s’emparer du trône s’il n’avait pas croisé les sorcières et leur prédiction?

L’intrigue se noue et se dénoue assez rapidement, l’action pure alterne avec des passages d’introspection qui amènent de beaux monologues et des répliques marquantes.

Mon seul regret est que la quasi-totalité des personnages féminins soient négatifs et désignés comme coupables des crimes commis, les hommes tenant le devant de la scène étant avant tout victimes de leurs manigances et de la noirceur de leurs procédés.

Une très bonne lecture, j’espère avoir l’occasion de voir une adaptation de cette pièce prochainement. Si vous en avez une à me recommander, vous savez quoi faire dans les commentaires 😉

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Le Lion de Macédoine

Le Lion de Macédoine* volume 1. De David Gemmell. Editions Mnémos. 309 pages. 1990.

Sparte, 4e siècle avant JC. Le jeune Parménion est maltraité par ses camarades parce qu’il est à moitié macédonien et ose les surpasser dans certains domaines. Mais Tamis, la vieille prêtresse, a entrevu un avenir où Parménion serait victorieux sur le Dieu Noir. Malgré les mises en garde, elle décide de l’endurcir pour en faire une arme efficace.

J’avais lu ce livre (et le tome suivant) il y a très longtemps, lors de sa sortie en français au début des années 2000. Le tome 3 tardant à sortir, j’étais passée à autre chose et n’avais jamais pris le temps de terminer ma lecture de cette série. J’ai finalement réussi à me procurer ce dernier tome dans la même édition que ceux que j’avais (même si j’avoue que je les trouve super moches) et, dans l’objectif de terminer le maximum de mes séries en cours cette année (pour pouvoir en commencer plein de nouvelles ^^), j’ai repris du début, mes souvenirs étant trop vagues pour me lancer directement dans le tome 3.

Je regrette de ne pas m’être remise à cette série plus tôt, parce que ce tome a vraiment coulé tout seul. Même si les livres de Gemmell que j’ai dans ma bibliothèque datent carrément, ils coulent sans problème. J’ai dévoré celui-ci assez rapidement, en 2-3 séances de lecture. Même quand il ne se passe pas grand chose au début, les pages défilent.

On est ici dans la fantasy historique, à un moment-clé de l’Histoire de la Grèce, quelques années avant l’émergence de la Macédoine et les conquêtes d’Alexandre le Grand. On croise quelques personnages ayant réellement existé et les grands évènements dont il est question ont vraiment eu lieu. Dans la préface, l’auteur prend le temps d’expliquer comment il s’est faufilé dans les brèches laissées par l’Histoire officielle pour tisser la trame de son récit. Malgré l’aspect fantasy de l’intrigue, il y a donc un côté réaliste qui lui donne un contexte approfondi , sans que ça soit jamais ennuyeux ou rébarbatif.

Je suis d’autant plus facilement entrée dans l’histoire que je connaissais un peu cette période pour l’avoir étudiée à la fac, mais il n’est pas nécessaire de savoir quoi que ce soit sur le sujet pour lire ce livre, c’est juste bonus si vous êtes dans ce cas. Ce qui m’a été le plus difficile, c’est de m’y retrouver dans tous ces noms grecs, j’avoue que parfois j’ai un peu confondu certains personnages secondaires. Mais finalement ça n’a pas vraiment gêné ma lecture, l’auteur place des rappels discrets sans que ça alourdisse le récit.

Le point fort par rapport à certains autres de ses livres (notamment dans la saga Drenaï dont j’ai lu quelques tomes récemment), c’est qu’ici la condition des femmes est clairement dénoncée. Les personnages féminins ne sont pas non plus juste des love interest pour des protagonistes masculins sur-virilisés ou des damoiselles en détresse. ça fait du bien. Même si j’ai trouvé le personnage de Tamis particulièrement détestable, elle a une vraie personnalité et un vrai rôle à jouer dans l’intrigue.

Ceci dit, peu de personnages sont vraiment attachants, y compris Parménion. Et c’est là où le talent de l’auteur réside: l’intrigue m’a embarquée alors même que je n’appréciais réellement aucun personnage. Ils étaient intéressants à suivre, ils avaient une vraie évolution et même ceux que j’avais envie de frapper n’étaient pas déplaisants à suivre.

Bref, j’ai passé un très bon moment, même si honnêtement cette série n’est pour le moment pas parmi mes préférés de cet auteur, et j’ai très hâte de relire le tome 2 🙂

Est-ce que vous avez lu cette série? Qu’est-ce que vous en avez pensé?

*Ce premier tome a également été publié sous le titre: L’Enfant maudit.

D’autres lectures à faire autour de l’Histoire et la mythologie grecque:

Si vous avez d’autres titres à me conseiller, vous savez quoi faire dans les commentaires 😉

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La Ville-Vampire

La Ville-Vampire (ou bien  le malheur d’écrire des romans noirs). De Paul Féval. Domaine public. 136 pages. 1867.

Avant d’être une célèbre autrice de romans gothiques, Ann Radcliffe a vécu elle-même une aventure digne de figurer dans un de ses propres livres. Alors qu’elle est sur le point de se marier, elle plaque tout pour partir à la rescousse de ses amis, victimes d’un vampire.

Ce livre est une parodie hilarante des romans d’Ann Radcliffe. Paul Féval reprend tous les codes et les clichés des romans gothiques pour en faire un bon gros n’importe nawak qui part dans tous les sens: amours contrariées, tuteur avide, enseignants sournois, passages secrets, poursuites, créatures surnaturelles et j’en passe, on n’a pas le temps de s’ennuyer une minute.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce roman, mais certainement pas à ce joyeux foutoir qui part dans tous les sens. Il y a des idées très chouettes malgré tout, des rebondissements à tout va, de l’action, etc.

Mon seul regret est de ne pas avoir lu Ann Radcliffe avant celui-ci, je n’avais pour référence que les sarcasmes de Jane Austen sur les romans gothiques en général dans Northanger Abbey. ça ne m’a pas empêchée de suivre ou d’apprécier ma lecture, mais sans doute que certaines références précises m’ont échappé.

Bref, très bonne lecture, j’ai beaucoup ri. Je recommande très vivement si vous aimez le genre ou juste si vous avez envie de passer un bon moment avec un petit classique sans prétention.

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Le vieux Jardin

Le vieux Jardin. De Hwang Sok Yong. Editions Zulma. 689 pages. 2005.

Libéré après 18 ans, un prisonnier politique découvre que la femme qu’il aimait est morte, laissant derrière elle des carnets racontant la vie qu’elle a menée sans lui.

Dans ce roman-témoignage à deux voix, nous suivons en parallèle O Hyônu, incarcéré pour avoir critiqué le gouvernement et avoir manifesté pacifiquement, et YunHi, qui vit les changements sociaux et politiques de la fin du 20e siècle en Corée du sud, alors qu’ils ne peuvent avoir aucun contact l’un avec l’autre.

Le récit se déroule entre 1980 et le début des années 2000, le Soulèvement de Gwangju servant de point d’ancrage à l’intrigue. Il raconte l’engagement des étudiants coréens contre la dictature et la corruption, leurs manifestations réprimées dans le sang et la violence. Les condamnations à perpétuité. L’incarcération, dans des conditions effroyables. Mais aussi le combat de ceux restés libres, la vie des proches, sympathisants ou citoyens ordinaires. La solidarité, la peur. La dérive de la femme aimée, les familles brisées.

L’ambiance est douce-amère, parfois poétique, souvent rude, qu’on nous décrive l’environnement où évoluent les personnages, la vie dans la Corée du Sud de la fin du 20e siècle sous la dictature militaire ou les conditions d’incarcération des prisonniers, en particulier politiques.

On oscille entre 1980 et 2000, on navigue, pas toujours chronologiquement, entre l’avant et l’après, entre les souvenirs des protagonistes et les difficultés de réadaptation du Hyônu, entre les idées politiques et les carnets intimes de YunHi.

C’est un roman en partie autobiographique, ce qui rend la lecture d’autant plus touchante et prenante. Le texte est dense et demande de l’investissement et de la concentration de la part du lecteur. Impossible d’en ressortir indifférent-e.

Un must-read si vous vous intéressez à la Corée et/ou à l’Histoire du 20e siècle. A lire également si vous cherchez un récit de destins contrariés ou empreints de nostalgie.

Sur des thèmes similaires:

  • Ma Vie en Prison de Kim Hong Mo. Un manhwa décrivant les conditions d’incarcération d’un étudiant emprisonné pour avoir manifesté contre le gouvernement dans les années 1990.
  • Histoire de la Corée. Des Origines à nos Jours de Pascal Dayez-Burgeon. Les derniers chapitres sont consacrés à l’Histoire récente du pays, si vous voulez remettre les évènements racontés dans Le vieux Jardin dans leur contexte.
  • Healer. Un drama d’action dans lequel une partie du récit montre le combat d’étudiants pour faire entendre leur voix malgré la répression exercée par l’Etat.
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