Sériemaniac épisode #13 : flics en série

Je ne suis pas spécialement amatrice de séries policières, parce qu’elles ont tendance à toutes se ressembler. Mais de temps en temps un pitch me fait de l’oeil. C’est comme ça que j’ai donné leur chance à Mindhunter et Fantôme, 2 séries différentes tant sur le fond que sur la forme.

Mindhunter. Série créée par Joe Penhall pour Netflix, d’après le livre éponyme de Mark Olshaker et John E. Douglas. Réalisation de David Fincher, Andrew Douglas et Asif Kapadia. Avec Jonathan Groff, Holt McCallany, Anna Torv, Cameron Britton… 10 épisodes de 50-60 minutes environ. 2017. (une saison 2 est en préparation)

1977, Quantico. Holden Ford et Bill Tench, deux agents du FBI, aidés par la psychologue Wendy Carr, vont mener des interrogatoires auprès de meurtriers incarcérés. Leur but: mettre au point une méthodologie pour aider les enquêteurs à traquer les tueurs en série.

Si vous connaissez la série Esprits Criminels, alors les sciences du comportement et le profilage vous sont au moins un peu familiers. Ce que raconte cette série, c’est leur genèse, à travers la création d’une unité spéciale du FBI, l’ancêtre de celle qu’on suit dans Esprits Criminels. Une naissance difficile, qui se fait dans la douleur, tant physique que psychologique, que ce soit pour les protagonistes ou pour le spectateur.

Car il faut avoir le coeur bien accroché pour écouter les récits sanglants des tueurs en série interrogés par les enquêteurs. La description des perversités d’un Edmund Kemper, pour n’en citer qu’un, a de quoi donner des cauchemars à l’agent le plus aguerri, a fortiori à un spectateur impressionnable qui pourrait finir par regretter d’avoir été trop curieux.

Si les personnages principaux et leur travail sont intéressants, ils n’en sont pas forcément attachants pour autant. Ford et sa petite amie sont parfois presque aussi inquiétants que les tueurs dont il est question… Personnellement j’ai préféré Bill, Wendy n’était pas spécialement attachante non plus à mon avis.

La reconstitution de l’époque est soignée, tant sur les costumes que sur les décors. La réalisation est ciselée et les acteurs excellents. On pourra cependant reprocher à la série d’être extrêmement bavarde et de manquer d’action. L’intrigue ne décolle réellement qu’après l’épisode 4, ce qui fait qu’on trouve souvent le temps long.

A voir si le sujet vous intéresse, mais soyez prévenus que c’est souvent très choquant.

***

Fantôme (Phantom / Yu ryeong). Série scénarisée par Kim Eun Hee et réalisée par Kim Hyeong Sik et Park Sin Wu pour SBS. Avec So Ji Sub, Lee Yeon Hee, Gwak Do Won, Eom Gi Jun, Choi Daniel. 20 épisodes de 65 minutes environ. 2012.

L’unité de lutte contre la cyber-criminalité dirigée par le lieutenant Kim Wu Hyeon traque Hades, un insaisissable et mystérieux hacker qui se retrouve mêlé au suicide d’une actrice.

Mon résumé est volontairement succinct, en dire plus dévoilerait des twists inattendus.

Le point de départ de la série est plutôt alléchant: un hacker surdoué, des piratages et des crimes en tous genres et une équipe de spécialistes déterminés. Sauf qu’on déchante assez rapidement, malheureusement. Les idées sont bonnes, il y a des twists et des twists dans les twists, mais le tout est noyé dans un tas de longueurs et de sous-intrigues peu inspirées. Pourtant il y avait de quoi faire, mais on retombe rapidement dans des histoires de complots et de corruption avec un méchant apparemment surpuissant que personne ne semble en mesure d’arrêter.

Sauf que s’il n’est pas arrêté, c’est parce que les flics qui le traquent seraient incapables d’attraper qui que ce soit tellement c’est une bande de gros nazes! Ils se font si facilement berner que c’en est honteux et le scénariste n’a manifestement jamais vu ni un hacker, ni un génie, vu les exploits sur lesquels les protagonistes s’extasient. Outre l’incompétence des policiers, on notera que la série est peuplée de débiles profonds: parlerai-je de ce personnage à qui on dit de ne donner un objet qu’on lui confie qu’à une seule personne et qui s’empresse de le remettre au 1er venu? De la seule fille de l’équipe, dont on nous dit dès le départ qu’elle est jolie, mais nulle, ce qui est rapidement confirmé par les évènements? De la bêtise et de l’imprudence des flics, qui se laissent piéger systématiquement?

Pour ce qui est des acteurs, un seul se démarque un peu. Le héros n’a aucun charisme et passe beaucoup de temps à fixer le monde d’un air bovin et surpris. Oui, parce qu’outre tous les défauts déjà cités, on a également droit à une réalisation digne des pires épisodes des Feux de l’Amour, avec gros plans interminables sur les visages toutes les 2 phrases (au cas où un des acteurs finirait par être expressif?). L’abus de flashbacks et d’allers-retours entre passé et présent donne l’impression qu’on est devant la version « pour les nuls » d’une histoire plombée par d’innombrables longueurs. A moins d’un miracle, on ne voit pas comment les héros pourraient attraper le méchant. Et vu la conclusion, le scénariste ne semblait pas trop savoir non plus comment se dépatouiller de son intrigue.

Bizarrement j’ai regardé cette série jusqu’au bout, je ne saurais pas dire pourquoi, parce que j’ai vraiment eu l’impression de souffrir devant chaque épisode, même s’il y avait quelques bonnes idées égarées ici ou là et quelques twists sympas. Bref, une série douloureuse à regarder, que je vous déconseille vivement ^^

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Tag Les romans écrits par des femmes

Le printemps est enfin là, il fait (enfin) beau et je suis d’humeur joueuse. Bref, le moment idéal pour un petit tag! J’ai trouvé celui-là sur le blog The Books of Manon, mais à l’origine il vient du site PKJ 🙂

Le petit laïus de PKJ: Notre nouveau tag, on le consacre aux femmes, et plus précisément aux auteures! Voici donc 10 questions pour lesquelles il vous faut citer un livre écrit par une femme à chaque fois! Dans la mesure du possible, répondez aux questions en proposant un livre différent.

Pour en savoir plus sur les livres cités, comme d’hab clic-clic sur les couvertures 😉

1) Citer un livre écrit par une femme dans lequel le personnage principal est une fille/une femme.

2) Citer un livre écrit par une femme dans lequel le personnage principal est un garçon/un homme.

3) Citer un livre de science fiction écrit par une femme.

4) Citer un livre de fantasy écrit par une femme.

Par 3 femmes, ça marche?

5) Citer un thriller écrit par une femme.

6) Citer un livre féministe écrit par une femme.

7) Citer un livre adapté au cinéma écrit par une femme.

8) Citer un livre écrit en duo par 2 femmes.

9) Citer un livre écrit par une femme et traduit par une femme.

Ecrit par Amy Stewart, traduit par Elisabeth Kern.

10) Citer un livre écrit par une femme dont la couverture a également été réalisée par une femme.

Ecrit par Amy Engel, illustré par Mélanie Delon.

Voilà, c’est déjà fini! 🙂 J’ai essayé de citer des livres qu’on ne voit pas partout ou que j’ai tendance à citer dans tous les tags ^^ J’espère que ça vous a plu 😉

Quels titres auriez-vous cités? 😉

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Antoine et Cléopâtre

Antoine et Cléopâtre. De William Shakespeare. Editions Archipoche, collection La Bibliothèque des Classiques. 40 pages/1312. (1606)

Antoine et Cléopâtre vivent une passion amoureuse teintée de jalousie alors que la guerre menace entre Octave, Pompée et Antoine. Entre batailles, tractations politiques et trahisons, le couple s’aime et se déchire.

Voilà une pièce qu’il est difficile de résumer et de commenter. Difficile à résumer parce qu’il s’y passe beaucoup de choses et que, si on ne connaît pas les faits historiques, ça peut sembler un peu confus. Difficile à commenter parce qu’il est probablement impossible d’en dire quelque chose qui n’a pas déjà été dit (et mieux dit) par quelqu’un d’autre…

J’avais quelques souvenirs de mes cours d’Histoire antique et la cruciale bataille d’Actium ne m’était pas totalement inconnue. Pour le reste, j’étais dans le vague et j’avoue que j’ai parfois été perdue dans les évènements. Il m’a semblé qu’il y avait pas mal d’ellipses temporelles et j’ai eu un peu de mal à suivre ce qui concernait l’avancée politique et militaire de l’intrigue.

Heureusement, l’auteur s’appuie surtout sur les relations entre les protagonistes pour faire vivre sa pièce et cet aspect la rend nettement plus accessible pour le lecteur contemporain pas trop au fait de l’Histoire romaine. Le couple Antoine-Cléopâtre tire son épingle du jeu en démontrant au fil de son évolution une aptitude à la grandeur qui était au départ cachée sous des personnalités jalouses et sensuelles. La pièce est une tragédie, alors ça finit évidemment très mal.

Si j’ai trouvé cette lecture intéressante, à défaut de fluide ou enthousiasmante, elle n’avait pas, pour moi, la force d’un MacBeth ou d’un Othello. Les thèmes abordés n’en ont pas la puissance, ni l’émotion. J’ai apprécié la découverte, mais je n’ai pas l’impression d’en ressortir marquée ou bouleversée. A lire par curiosité pour l’auteur.

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Métro 2033

Métro 2033. De Dmitry Glukhovsky. Editions L’Atalante. 653 pages. (2011)

Moscou, 2033. Les survivants d’une guerre nucléaire, réfugiés dans le métro, tentent de survivre dans des conditions plus que précaires. Ils ont rebâti des micro-sociétés qui s’allient ou s’affrontent et doivent faire face aux dangers qui les guettent dans les tunnels. Parce qu’il semble avoir des dons particuliers, une mission spéciale va être confiée à Artyom, pour laquelle il devra traverser le métro.

Résumer ce livre sans trop en dire est difficile, tant son contenu est riche et dense. A la croisée du post-apo, du roman d’aventures, de l’histoire horrifique et de la quête initiatique, l’intrigue nous emmène sur les traces d’Artyom, à la rencontre des mystères du métro et des gens qui le peuplent. Au hasard des errances du héros dans ce monde souterrain sombre et dangereux, on oscille entre espoir et angoisse, action et questions ésotériques.

Je lis très peu d’auteurs russes et je crois que Dmitry Glukhovsky est le 1er auteur russe contemporain que j’ai l’occasion de découvrir. Peut-être est-ce parce que je ne suis pas familière avec cette littérature que j’ai d’abord été déstabilisée par le style: le début de l’histoire se construit sous forme de récits dans le récit. Le procédé est repris régulièrement ensuite, à mesure qu’Artyom rencontre de nouvelles personnes et découvre de nouveaux endroits. Ce n’est pas déplaisant, mais au départ, ça m’a paru un peu confus.

On peut reprocher également au livre de répéter le même schéma et d’user de ficelles un peu grosses pour sortir son héros du pétrin à chaque fois qu’il réussit à s’y fourrer, mais ça se justifie au fil des pages. Du moins, on finit par comprendre et accepter les arguments du narrateur. Les chapitres sont très longs, ce qui pour moi est un point négatif, j’avais l’impression de ne pas avancer dans ma lecture.

Au vu de ce que je viens d’écrire, on pourrait penser que je n’ai pas aimé ce livre. J’ai pourtant beaucoup apprécié ma lecture. L’histoire est très riche et les idées développées par l’auteur sont très intéressantes. La réflexion est poussée et les sociétés décrites sont convaincantes. La partie aventures/action est bien menée. Il y a beaucoup de temps morts qui permettent aux personnages de philosopher un peu et de nous raconter ce qui s’est passé pour qu’on en arrive là. Petit à petit, on reconstitue en partie le puzzle et on s’aperçoit que le monde imaginé par l’auteur est encore plus riche et intéressant que ce qu’on pouvait imaginer.

J’ai cependant été un peu déçue par la fin. Elle est très originale, mais ce n’est pas le genre de conclusion à laquelle je m’attends pour ce genre d’histoire, du coup je suis un peu mitigée. Le point positif est qu’elle permet au roman de se suffire à lui-même. Bien que d’autres tomes suivent, Métro 2033 peut être lu comme un one-shot, ce que je trouve appréciable (d’autant que la densité du livre ralentit considérablement le rythme de lecture). Si j’ai bien compris, Métro 2034 serait un préquel; je le lirai peut-être, mais probablement pas dans un avenir proche.

Une lecture que je recommande si vous appréciez le genre, parce qu’il se démarque des autres romans dystopiques ou post-apo que j’ai eu l’occasion de lire. Si vous l’avez lu, qu’avez-vous pensé de la fin?

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Des nouveaux comics dans ma PAL

J’ai arrêté d’acheter les tomes de cette collection quand elle a été prolongée après le tome 60, mais ma maman trouvait que c’était dommage, alors elle continue de me les prendre quand elle les trouve. Merci maman 😉

J’ai à lire une bonne dizaine de tomes, j’ai pris du retard sur la publication ^^

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Des BD en pagaille #41

Wonder Woman: Dieux et Mortels. Scénario de George Pérez, Greg Potter et Len Wein. Dessin de George Pérez. Editions Eaglemoss collections. 182 pages + une galerie d’illustrations. (1987)

Ce comics réinvente la genèse de Wonder Woman en racontant la naissance de l’île des Amazones et celle de l’héroïne, à travers le combat qu’elle va mener au nom des dieux et des humains contre Arès, le sanguinaire dieu de la Guerre.

Je ne connais pas aussi bien l’univers de Wonder Woman que celui de Batman ou Superman, alors ce reboot était le bienvenu! Ce récit permet de comprendre les origines des Amazones et la raison de leur isolement, de replacer les aventures de Diana dans un contexte mythologique très intéressant et de faire dans la foulée une critique de la société de l’époque sur le plan militaire essentiellement, mais sans oublier de traiter de la condition des femmes.

J’ai trouvé la façon d’aborder l’histoire originale et intéressante du fait que les auteurs ne se contentent pas de désigner les gentils et les méchants puis de les faire combattre les uns contre les autres. Les thèmes abordés sont forts et toujours d’actualité, ça m’a parlé. Et l’aspect mythologique est également traité de façon intelligente, avec des dieux qui s’interrogent sur leur propre existence dans un monde qui a évolué sans eux.

Mon seul bémol concerne le dessin, qui est typique des années 1980 et que je n’ai pas vraiment apprécié. J’ai accroché aux décors, notamment ceux de l’Olympe et de Themiscyra, que j’ai trouvé très réussis, et au look d’Arès, qui correspondait parfaitement au personnage. Le reste m’a un peu rebutée, je l’avoue.

En résumé: un comics qui vaut surtout pour les thèmes abordés et la découverte de l’univers de Wonder Woman, mais dont le dessin trop daté ne m’a pas vraiment plu.

***

Perceval. Scénario d’Anne-Caroline Pandolfo. Dessin de Terkel Risbjerg. Editions Le Lombard. 180 pages. (2016)

Perceval vit dans la Forêt Perdue avec sa mère, loin du monde des hommes. Un jour il rencontre des chevaliers et décide de devenir chevalier lui aussi. Il part donc à la recherche du roi Arthur et va vivre de nombreuses aventures.

J’avais vu cette BD dans une vidéo et elle m’avait intriguée, même si la booktubeuse qui la présentait avait un avis mitigé: la Table Ronde et ses légendes, c’est un peu mon dada ^^

Et j’ai bien fait de me lancer, parce que j’ai énormément apprécié ma lecture. L’histoire en elle-même est librement inspirée de Chrétien de Troyes et se termine de façon un peu abrupte à mon goût (encore qu’après réflexion, je la trouve plutôt bien vue), mais j’ai retrouvé le Perceval naïf et un peu bourrin dont je me rappelais, confronté à un monde dont il ne connaît pas les codes, mais bien décidé à devenir le meilleur des chevaliers.

Le dessin un peu naïf correspond très bien au personnage, avec ses couleurs simples et ses paysages clairs. L’ambiance est plutôt onirique et poétique, en adéquation avec la légende.

Qu’ajouter de plus? C’est une excellente BD et j’ai pris beaucoup de plaisir à la découvrir 🙂 Je vous la recommande très chaudement!

***

Justice League: Kingdom Come. Scénario de Mark Waid. Dessin d’Alex Ross. Editions Eaglemoss Collections. 305 pages. (1996)

Un pasteur et un ange sont amenés à suivre la destinée des super-héros, 10 ans après une catastrophe les ayant amenés à se retirer. Ce sont leurs descendants qui dominent désormais la Terre et se combattent les uns les autres au détriment des populations. Wonder Woman va tenter de convaincre Superman de reprendre son costume.

Je n’avais aucune idée de quoi parlait ce comics avant de l’ouvrir et j’ai été surprise d’y découvrir des super-héros devenus pour la plupart des vieillards. Le pitch de l’histoire est plutôt alléchant et propose de nombreux questionnements assez intéressants. Malgré tout, j’ai eu beaucoup de mal à me sentir partie prenante du récit. En grande partie du fait que les 3/4 des personnages apparaissant au fil de l’intrigue m’étaient totalement inconnus. Même si je connaissais les protagonistes principaux, je me suis souvent sentie perdue.

D’autre part, l’histoire prend pour point de départ un texte religieux (l’Apocalypse selon Saint Jean), ce qui m’a dérangée, même si concrètement ça se justifie en partie par le thème du comics (mais pourquoi doit-on toujours se farcir des textes bibliques? aucune autre mythologie ne propose de récit d’apocalypse?). La morale chrétienne sous-jacente m’a fait tiquer, plus que d’habitude (ne nous leurrons pas, elle est rarement absente s’agissant de récits reposant sur la lutte entre le bien et le mal).

Du côté des dessins, je crois qu’ils sont ce qu’on appelle « photo-réalistes », du moins pour une grande partie d’entre eux. C’est loin d’être ce que je préfère, mais certaines planches sont plutôt chouettes.

Malgré les idées intéressantes proposées dans ce comics, j’ai trouvé le temps assez long et je n’ai pas tellement adhéré à cette lecture, mais les avis sont généralement plutôt bons, alors je ne peux que vous conseiller de vous faire votre propre idée.

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Capitaine Futur: Le Défi

Capitaine Futur tome 3: Le Défi. D’Edmund Hamilton. Editions Le Bélial, collection Pulps. 200 pages. (1940)

Résumé de l’éditeur: Le Destructeur a tout prévu : plusieurs navires vont attaquer simultanément Neptune, Mars et Saturne pour y détruire les mines de gravium, une ressource essentielle, mais aussi la Lune, afin d’y annihiler le capitaine Futur et ses Futuriens, les seuls adversaires capables de mettre son plan en échec. Sauf qu’il n’est pas si simple de tuer le meilleur protecteur du Système solaire, aventurier madré et savant exceptionnel, qui prend toute atteinte à l’ordre et au bien-être des gens comme un défi… 

J’ai reçu ce livre grâce à la dernière Masse Critique Babelio et aux Editions Le Bélial’, que je remercie pour cette lecture 🙂

 

Je connaissais de nom le Capitaine Futur grâce à l’adaptation animée qui en avait été faite et qui est restée culte (notamment son générique) pour ma génération: Capitaine Flam 🙂 Mais je n’avais aucune idée d’à quoi pouvaient ressembler les aventures écrites par Edmund Hamilton, faute d’avoir eu l’occasion de trouver l’un ou l’autre de ses romans. Cette très chouette édition (vous avez vu cette couverture?!) m’a permis de combler cette lacune.

Alors c’est un tome 3 et je n’ai pas lu les tomes précédents. Est-ce vraiment gênant? Non, parce que je connaissais le dessin animé. Si ça n’avait pas été le cas, je crois que j’aurais pu suivre facilement quand même, mais sans doute aurais-je été frustrée de ne pas commencer par le tome 1. Comme chaque tome raconte une histoire différente, je dirais qu’on peut les lire dans l’ordre qu’on veut (même si mon côté psycho-rigide grince un peu des dents ^^).

Bref, je blablate, mais je n’ai pas encore parlé de l’histoire! On suit donc les aventures du Capitaine Futur et des Futuristes qui doivent combattre le Destructeur, un grand méchant qui menace la galaxie. Il y a beaucoup d’action, des combats spatiaux, des extra-terrestres, des péripéties en veux-tu en voilà et tout un tas de personnages qui courent dans tous les sens.

Astronomiquement parlant, c’est du gros n’importe quoi pour nous, lecteurs du 21e siècle, mais ça semble assez typique de la SF de l’époque. Il en ressort un côté suranné que personnellement j’ai trouvé super sympa parce que très fun. On n’a pas le temps de s’ennuyer, l’intrigue avance plutôt rapidement. C’est du pulp, c’est-à-dire que le roman est fait pour distraire sans prétention. C’est parfois grandiloquent, comme dans les vieux comics, avec plein de points d’exclamation et des méchants à la Docteur Gang, un signal lumineux pour appeler le héros à la rescousse et plein de gadgets. Certaines choses prêtent à sourire maintenant mais faisaient sans doute leur petit effet en 1940.

Pour ce qui est de la plume, ça n’a rien d’extraordinaire, mais ça coule tout seul. Il y a des tics d’écriture plutôt rigolos, notamment dans la dénomination du Capitaine Futur, ça peut finir par agacer quand même. Mais comme le livre ne fait que 200 pages, on n’a pas vraiment le temps de pinailler sur les défauts de style.

Une découverte sympa, qui m’a fait passer un bon moment, mais qui ne m’a pas forcément donné envie d’en découvrir plus sur la série et son auteur. A lire par curiosité.

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Tag les classiques

Pour commencer la semaine, je vous propose un petit tag trouvé chez Syl Cypher: le tag les classiques. J’ai déjà fait un ou 2 tags sur le sujet, mais je trouve toujours intéressant de parler des classiques, parce que souvent ils nous font peur et que finalement il n’y a pas de raison!

1. Quelle est pour toi la définition d’un classique?

La définition qu’on donne d’un classique, en général, c’est qu’il a marqué son époque. Pour moi, c’est un peu plus que ça. C’est un livre représentatif de l’époque à laquelle il a été écrit ou du genre dans lequel il s’inscrit, même s’il n’est pas très connu. De par ses thèmes, son style d’écriture, etc.

2. Quel a été le classique qui t’a fait aimer les classiques?

Question difficile! Parce que ma bibliothèque de village était peu fournie, sauf en classiques, puis qu’ensuite j’ai dû en lire beaucoup pour les cours, j’ai l’impression d’en avoir toujours lu. Je suppose qu’on peut dire qu’au départ j’ai été marquée par contes de fées et les livres de Jules Verne.

3. Qu’apprécies-tu dans les classiques que tu ne trouves pas dans les romans contemporains?

Je trouve que c’est intéressant d’en apprendre plus sur une époque en lisant ce que les auteurs écrivaient à ce moment. On ne peut pas faire plus véridique dans un roman historique écrit aujourd’hui s’agissant de décrire la société ou les préoccupations des gens. Même si on peut reprocher à la production littéraire du passé d’être essentiellement masculine…

Ce que j’apprécie beaucoup aussi, c’est de trouver des plumes plus exigeantes. Même si parfois les longues descriptions sont fastidieuses, je me laisse facilement entraîner par une belle écriture.

4. Quel est ton courant littéraire préféré?

Aucun en particulier, au 1er abord, tout m’intéresse, je suis d’un naturel curieux ^^ Ce sont plus des livres en particulier que j’ai aimé ou détesté que les représentants d’un genre.

5. Quel classique conseillerais-tu en premier?

Tout dépend du lecteur à qui je devrais conseiller un classique… Parmi ceux que j’ai trouvé les plus faciles d’accès:

 

6. Un classique que tu as détesté.

Des classiques que j’ai détesté, il y en a beaucoup! Parmi mes pires lectures:

7. Le livre classique que tu as préféré.

C’est impossible de n’en choisir qu’un! (et je pourrais aussi citer ceux que je conseillais au-dessus)

 

8. Un classique que tu as envie de lire.

Là aussi, il y en a des tas! Dans ma PAL il y a pas mal de classiques: Balzac, quelques Zola, Dumas, Du Maurier, Jack London, Poe, etc. Ce que je m’apprête à lire en priorité:

9. Si tu devais choisir entre lire à vie des classiques ou des contemporains, que choisirais-tu?

Je ne vois pas qui pourrait m’obliger à faire un tel choix 😆 Je passe!

10. Un classique qui commence par la 1e lettre de ton prénom.

11. Ton personnage de roman classique préféré.

Edmond Dantès dans Le Comte de Monte-Cristo 🙂

12. Un classique qui t’a fait rire.

Jane Austen avait un don pour mettre le doigt sur les travers de ses contemporains. Je cite Emma parce que c’est mon préféré de l’auteur (Miss Bates est un de mes personnages favoris, tous genres confondus ^^), mais il y a également de grands ridicules dans les autres titres de l’auteure qui me font toujours beaucoup rire (ah Lady Catherine et Mr Collins!).

13. Un classique qui t’a fait pleurer.

Aucun. Je ne pleure que très rarement en lisant.

14. Un classique que tu n’as jamais terminé.

Il y a a des tas. Je ne me force jamais à terminer un livre quand je m’ennuie. Mes pires souvenirs:

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui!

Et vous, vous lisez des classiques? Lesquels vous conseilleriez? 😉

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Sans Retour

Sans Retour. De Patricia MacDonald. Editions Le Livre de Poche. 317 pages. (1989)

Après une fête, une jeune fille est retrouvée assassinée. Peu de pistes, pas d’indices, sinon les soupçons qui pèsent sur un prisonnier évadé. A Felton, personne ne peut croire que l’un des habitants, qui se connaissent tous, a commis ce crime épouvantable. La mère de la victime s’efforce de reprendre une vie normale, mais ne peut se résoudre à oublier qu’aucun coupable n’a été arrêté.

Voilà encore un livre dont je vous déconseille vivement de lire le résumé proposé par la 4e de couverture, qui dévoile pratiquement la solution de l’énigme… Déjà que sans le lire j’avais rapidement compris le qui, à défaut du pourquoi, inutile de se spoiler volontairement par dessus le marché…

Que vous dire de cette histoire? Je dois avouer que, même si j’avais peu d’attente au vu de ma seule autre expérience avec l’auteure, j’ai été déçue par cette lecture. Ce n’est pas vraiment l’enquête qu’on suit, mais plutôt l’évolution des personnages, en particulier la mère de la victime, après le meurtre. L’aspect psychologique aurait pu être intéressant, mais j’ai détesté à peu près tous les protagonistes, ce qui fait que je n’ai pas été vraiment captivée par ce qu’ils vivaient. J’avais envie de secouer l’héroïne pour qu’elle ouvre les yeux sur tout ce qui était anormal et qu’elle acceptait malgré tout. Les personnages qui m’intéressaient ont un tout petit rôle dans l’intrigue et sont assez rapidement expédiés.

Le roman date de 1989, alors peut-être que ma lecture a pâti de l’époque à laquelle il a été écrit. On ne ressent pas le côté daté dans l’absence de certaines technologies, mais plutôt dans les relations entre les personnages et dans les préjugés. Il y a également certains clichés qui m’ont ennuyée.

Au début, je trouvais que ça se lisait assez bien. La plume est efficace. C’est ce que j’appelle une lecture facile, dans le sens où ni le contenu ni la forme ne posent de problèmes de compréhension. ça va vite et c’est accessible à tout le monde. Au bout d’un moment, j’ai quand même commencé à trouver le temps très long, en partie du fait que j’avais deviné l’identité du/de la coupable, mais surtout parce que j’avais l’impression qu’on n’avançait pas et que la fin n’arriverait jamais.

Globalement, une lecture dispensable et très oubliable pour moi. J’ai l’impression d’avoir perdu mon temps plus qu’autre chose.

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La Confidente des Morts

Adelia Aguilar tome 1: La Confidente des Morts. D’Ariana Franklin. Editions 10/18. 523 pages. (2007)

Cambridge, 1171. Un corps d’enfant mutilé est retrouvé et la population accuse les Juifs de la ville. Simon de Naples est envoyé pour enquêter, avec l’aide d’Adelia Aguilar, médecin des morts, et de son ami Mansur. Loin de son île de Salerne, où les esprits sont plus ouverts, le trio va devoir faire face à l’obscurantisme et l’intolérance afin de retrouver le véritable tueur.

Voilà un 1er tome que je voulais lire depuis longtemps, ne serait-ce que parce que le tome 2 dort dans ma PAL depuis des mois (acheter un bouquin parce que la couverture est chouette, ça provoque ce genre de bourdes ^^). Dans le même genre, j’ai lu récemment une aventure de Cadfael et une enquête de l’apothicaire Katherine Swinbrooke. Il était peut-être un peu tôt pour me lancer dans une autre série du même genre: le Moyen-Âge anglais et ses « médecins » ont leur charme, mais ça finit par devenir un peu répétitif.

Au programme ici: persécutions, sexisme, ignorance, fanatisme religieux. Le tout sur fond de chasse au tueur en série et de troubles antisémites. La recette pour ce genre de policiers historiques est toujours un peu la même. Bien que cette série-ci soit plus récente que celles précédemment citées, on n’échappe pas à certains clichés du genre: des héros évidemment beaucoup plus ouverts d’esprits que leurs contemporains, qui doivent affronter l’intolérance ambiante et suscitent la méfiance. La lecture reste intéressante, mais si on connaît un peu le genre, on sait à quoi s’attendre.

L’identité du meurtrier est difficile à découvrir pour le lecteur, on est plus ou moins forcé de s’en remettre aux déductions d’Adelia et de se contenter de suivre son raisonnement. Il faut attendre que le tueur lui-même entre en action pour découvrir le fin mot de l’histoire. J’ai été un peu déçue de ne pas pouvoir vraiment me creuser la cervelle pour trouver une réponse toute seule. Malgré tout, c’est bien mené, même s’il y a quelques longueurs.

L’aspect historique est intéressant, on apprend plein de choses, notamment sur la situation des Juifs et le fonctionnement de la société de l’époque. Avec un personnage principal qui est une femme médecin, on aborde également la condition féminine, ce qui est toujours intéressant, à défaut d’être réellement inédit. Et bien sûr on a un aperçu des connaissances médicales de l’époque, en opposition avec les superstitions religieuses. Ariana Franklin précise en postface qu’elle a pris quelques libertés avec l’Histoire pour ficeler ce roman, ce que je trouve appréciable.

Certains points m’ont ennuyée. Les longueurs évoquées plus haut auraient pu être évitées si l’auteure ne s’était pas attardée sur des détails peu importants. Mais ce qui m’a le plus agacée, c’est la romance inutile qu’elle s’est cru obligée de rajouter. Non seulement elle n’a aucun intérêt, mais en plus je l’ai trouvée mal amenée et bourrée de clichés. Passons sur le fait que le personnage masculin impliqué a dû maigrir avant d’être remarqué hors enquête.

Dans l’ensemble, j’ai trouvé que c’était trop long par rapport au contenu et que l’auteure n’apportait rien de nouveau au genre. Mais ça reste une lecture sympathique et instructive.

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