Nicolas Eymerich, Inquisiteur

Nicolas Eymerich, Inquisiteur. De Valerio Evangelisti. Editions Pocket, collection Science-fiction. 313 pages. 1993.

Saragosse, 1352. Nicolas Eymerich devient Inquisiteur général alors que de mystérieux évènements troublent une époque déjà difficile. Université du Texas, à notre époque, Marcus Frullifer tente de faire accepter une de ses théories par ses pairs. Carthagène, 2194. Un anonyme témoigne des faits s’étant produits durant le voyage du vaisseau Malpertuis.

Je vais encore une fois commencer en vous déconseillant de lire la quatrième de couverture, qui dévoile des éléments intervenant assez tardivement dans le récit. Avec ce genre de format, on se doute bien qu’à un moment ou un autre, les différentes lignes temporelles vont se lier, mais ce n’est pas une raison pour raconter la fin du livre dans le résumé :roll:

Heureusement pour moi, je n’avais pas relu le pitch et j’avais ce livre dans ma PAL depuis suffisamment longtemps pour en avoir tout oublié. Tout ce que je savais, c’est que j’y rencontrerais Nicolas Eymerich et que le personnage était un inquisiteur, puisque c’était dit dans le titre ^^ Du coup j’ai été très surprise en lisant le prologue, qui s’ouvre sur des théories pseudo-scientifiques particulièrement longues et qui m’ont profondément ennuyée. Ceci d’autant plus qu’elles reviennent régulièrement au fil de l’avancée de l’histoire. Et, pour être honnête, la partie SF de l’intrigue, avec le voyage spatial, ne m’a pas spécialement emballée non plus.

Donc, au départ, ça s’engageait plutôt mal: seule la partie historique, avec sa légère dimension fantastique, m’intéressait réellement. Il m’a fallu attendre le dernier quart pour apprécier tous les pans de l’histoire à égalité, c’est-à-dire quand les choses commencent à s’emboiter pour de bon. Avant ça, j’avais eu le temps de comprendre comment ça allait se faire, du coup j’ai trouvé le temps long avant qu’on en arrive enfin là.

Et avant d’y parvenir, j’ai eu beaucoup d’occasions de m’énerver sur le sexisme ambiant. La partie située dans l’avenir est la seule à en être dénuée, pour la simple et bonne raison qu’on n’y rencontre pas de femmes… Alors l’auteur apporte un oeil critique à cet aspect, en soulignant par exemple l’intolérance religieuse, mais il a fallu attendre assez longtemps avant que ça soit clairement exprimé.

Ce roman est le premier tome d’une série de 11, mais il se suffit à lui-même. L’intrigue est bouclée en arrivant à la fin, même si celle-ci est suffisamment ouverte pour appeler une suite. En ce qui me concerne, elle m’a satisfaite et je n’ai pas aimé cette lecture au point d’avoir envie d’en lire plus sur le sujet. Je voulais découvrir ce qu’avait à proposer la SF non-anglophone/francophone et j’ai été contente de lire de la SF italienne, mais je ne suis pas assez intéressée par cette série-là pour m’aventurer dans la suite.

Le style est agréable, ça se lit facilement. L’auteur use de l’ironie pour dénoncer certaines choses ou met carrément les pieds dans le plat sur la fin. Si comme moi les explications scientifiques vous barbent, vous pouvez les lire en diagonale une fois que vous aurez compris la théorie exposée par Frullifer, les détails apportés sous forme de pavés indigestes ne sont pas indispensables à la compréhension des évènements.

Pour résumer: une découverte intéressante, mais qui ne m’a pas spécialement embarquée. Si le roman avait été plus long, je l’aurais probablement abandonné.

Si vous l’avez lu, ça m’intéresse de savoir ce que vous en avez pensé, parce que j’ai l’impression d’être passée à côté de cette lecture. Et si oui, avez-vous lu aussi les tomes suivants? Que valent-ils à votre avis?

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Choose your Fellowship Book Tag

Aujourd’hui, j’ai un peu la flemme pour rédiger un avis, alors amusons-nous un peu avec un tag 🙂 J’ai trouvé celui-ci sur la chaîne Julie Claudette ici 😉

Pour en savoir plus sur tous ces livres, comme d’hab, clic-clic sur les couvertures 😉

1.Frodon: un livre que tu n’es pas sûre d’aimer.

En général je n’achète pas vraiment des livres en me disant que ça ne va pas me plaire 😆 Mais pour jouer le jeu, disons que je ne suis pas sûre d’aimer cette duologie: je l’ai achetée parce que j’aime la plume de Fabrice Colin, mais comme ici il s’adresse à un public jeunesse et que je me désintéresse de plus en plus de la littérature jeunesse/YA, je ne suis pas sûre de vraiment apprécier

 

2. Sam: à quel livre resteras-tu toujours fidèle?

Pour n’en citer qu’un seul parmi tous ceux qui pourraient entrer dans cette catégorie:

3. Pipin: quel livre aimerais-tu relire?

Techniquement, tous ceux de ma bibliothèque, sinon je ne les aurais pas gardés ^^ Je vais détourner un peu la question et vous montrer un livre que j’aimerais relire pour pouvoir lire les tomes suivants:

4. Merry: citer un livre qui parle d’amitié.

5. Aragorn: un livre avec un héros pour lequel tu serais prête à te damner

Pour être franche, je trouve cette question un peu bizarre 😆 Me damner pour un personnage imaginaire? Heu… C’est un peu exagéré, non 😆

6. Legolas: quel est le plus gros livre de ta PAL?

D’après LivrAddict, c’est mon intégrale du Seigneur des Anneaux avec 1280 pages. Si on parle d’un roman unique et pas d’un cumul de tomes, c’est Blonde de Joyce Carol Oates. G.R.R. Martin et son intégrale de Feu et Sang se font coiffer au poteau, contrairement à ce que je croyais 😆

7. Gimli: citer un livre qui était court, mais fun.

C’est difficile de vous recommander celui-ci: c’était effectivement super-fun, mais c’est un roman auto-édité et il était bourré de faute de grammaire et de coquilles…

8. Boromir: citer une série dont tu n’as jamais dépassé le tome 1.

Ce n’est pas la seule série que j’ai abandonnée après le tome 1, mais j’ai particulièrement détesté celui-là. Je sais que je fais partie d’une minorité et que tout le monde adore cette série, mais j’ai trouvé ça insupportable, alors que pourtant l’idée de départ était intéressante. Des années plus tard, je me souviens encore à quel point j’avais envie de frapper la narratrice 😆

9. Gandalf: citer un livre qui t’a fait réfléchir (sur toi-même, la société, sur le monde…).

Une lecture extrêmement marquante, très inspirante, je recommande absolument!

Ce tag se termine sur cette question, j’espère que ça vous a plu 🙂 Vous auriez répondu quoi, vous? 😉

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Devenir

Devenir. De Michelle Obama. Editions Fayard. 494 pages. 2018.

Résumé de l’éditeur: « Il y a encore tant de choses que j’ignore au sujet de l’Amérique, de la vie, et de ce que l’avenir nous réserve. Mais je sais qui je suis. Mon père, Fraser, m’a appris à travailler dur, à rire souvent et à tenir parole. Ma mère, Marian, à penser par moi-même et à faire entendre ma voix. Tous les deux ensemble, dans notre petit appartement du quartier du South Side de Chicago, ils m’ont aidée à saisir ce qui faisait la valeur de notre histoire, de mon histoire, et plus largement de l’histoire de notre pays. Même quand elle est loin d’être belle et parfaite. Même quand la réalité se rappelle à vous plus que vous ne l’auriez souhaité. Votre histoire vous appartient, et elle vous appartiendra toujours. À vous de vous en emparer. »

Ce livre est la biographie de Michelle Obama, de son enfance dans un quartier populaire de Chicago à la fin du mandat présidentiel de son mari. L’accent est mis sur sa condition de femme, mais aussi et peut-être surtout sur sa condition d’Afro-américaine. S’agissant d’une biographie, je ne jugerai évidemment pas les évènements et décisions relatés, mais plutôt de la façon dont ils sont racontés et du plaisir de lecture.

Au vu des avis enthousiastes que j’avais vu passer, je m’attendais à une lecture inspirante et émouvante. Alors oui, certains passages sont très touchants et on ressent parfois de l’empathie pour les personnes dont il est question. Mais je ne suis pas spécialement emballée par ma lecture. C’était intéressant, qu’on parle de la vie de Michelle Obama en tant que jeune fille ou femme lambda face aux défis qu’elle rencontre dans sa vie privée ou professionnelle, ou qu’il s’agisse de son expérience de First Lady.

Mais à côté de ça, c’était quand même très bavard et on a l’impression qu’elle ressasse toujours plus ou moins les mêmes récriminations, alors qu’elle aborde plein de sujets passionnants qui sont à peine effleurés ou juste brièvement décrits. J’aurais voulu en savoir moins sur ses argumentations avec son mari et plus sur les causes qu’elle a défendues, par exemple.

Pour ce qui est du style, ça se laisse lire, c’est simple sans être simpliste, accessible à tous et assez fluide. J’ai trouvé que ça restait assez froid, alors même que c’est parfois introspectif, et qu’il était difficile à certains moments de se sentir réellement concerné-e. Et j’ai été un peu agacée dans certains chapitres par le fait que l’autrice se sente obligée systématiquement de préciser qui est Afro-américain-e ou qui ne l’est pas quand elle présente une personne de son entourage. ça m’a déstabilisée et, même si j’ai conscience des tensions dites raciales, ça me laisse perplexe qu’une personne qui prône l’égalité des droits et des chances, qui s’indigne des discriminations, revienne continuellement là-dessus avant même de penser à parler des qualités ou des compétences des gens.

L’aspect que j’ai le plus apprécié est que Michelle Obama nous montre que même une femme de président a des soucis ordinaires et les mêmes doutes que beaucoup d’autres femmes. Elle s’interroge sur ses choix de vie, essaie d’ajuster vie professionnelle et vie familiale, se préoccupe du bien-être de ses enfants, se dispute parfois avec son mari ou s’inquiète de la santé de ses parents.

Une lecture plutôt intéressante, mais qui finalement ne s’est pas révélée aussi passionnante ou inspirante que je l’espérais.

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Terre errante

Terre errante. De Liu Cixin. Editions Actes sud. 78 pages. 2000.

Le soleil va se transformer en géante rouge et, pour éviter d’être sauvagement vaporisée, l’humanité a transformé la Terre en gigantesque vaisseau spatial à destination de Proxima du Centaure, pour un voyage qui durera 100 générations. L’histoire commence 400 ans après le début du projet, on suit un narrateur de son enfance à sa vieillesse, qui nous décrit comment les choses se passent.

Le pitch m’a un peu rappelé cette vieille série (descendez après EXO 😉 ) où les Martiens veulent détruire la Terre pour mettre Mars à la place Laughing Mais le propos est beaucoup plus sérieux et l’auteur rend le tout à peu près crédible, c’était très intéressant.

Le seul reproche que je ferais, c’est qu’on ne sait pas si le projet sera mené à bien, puisque le narrateur ne vivra pas plusieurs centaines d’années pour nous le dire ^^

C’est une nouvelle, alors la lecture est assez rapide, malgré tout on se sent impliqué-e-s émotionnellement, même quand les évènements s’enchaînent très vite. Et l’auteur a fait du très bon boulot en décrivant les réactions des gens, c’était (parfois malheureusement) très réaliste.

Une très bonne lecture, en attendant la sortie au format poche du dernier tome du Problème à trois Corps 🙂 Dommage qu’il ait fallu attendre 20 ans pour qu’une maison d’édition française décide de publier cette nouvelle…

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Le Tour d’Ecrou

Le Tour d’Ecrou. De Henry James. Editions Grands écrivains. 190 pages. 1898.

Au cours d’une soirée de Noël, un homme fait à ses amis la lecture d’une longue lettre dans laquelle une de ses connaissances raconte une histoire de fantômes qui lui serait arrivée: une jeune gouvernante est envoyée à la campagne pour assurer l’éducation de deux enfants. Elle va se retrouver confrontée à des phénomènes étranges.

On est ici dans le fantastique dans sa définition la plus stricte. Tout au long du récit, le doute subsiste: sommes-nous réellement face à des phénomènes surnaturels ou la parole de la narratrice doit-elle être mise en doute? Parfois on a l’impression que son témoignage est fiable, mais à d’autres moments elle semble tellement exaltée, voire hystérique, qu’on a du mal à croire à ce qu’elle raconte.

La tension monte au fil du récit, les évènements s’enchaînent, plus inquiétants les uns que les autres, et on se demande comment l’auteur va bien pouvoir réussir à se dépatouiller de son intrigue. Réponse: de façon très abrupte, trop pour mon goût considérant à quel point la mise en place a été longue…

Je ne sais pas à quoi je m’attendais en ouvrant ce livre, mais en le refermant j’étais plutôt déçue. La narratrice m’a exaspérée: indécise, plutôt incompétente, surexcitée, mais complètement passive, elle ressasse sans cesse son inquiétude, mais n’entreprend rien pour essayer d’arranger les choses. L’image qu’elle renvoie est celle d’une tête de linotte sans aucune jugeote. Les enfants sont assez bizarres, mais comme on n’est pas sûr-e-s de pouvoir se fier à ce qu’on nous dit, il n’est pas vraiment possible de se faire une idée claire. Bien sûr, c’est le genre qui veut ça, mais comme on n’a  jamais vraiment de réponse claire aux questions qu’on se pose, c’est à nous de décider si on est face à une vraie histoire de fantômes ou face aux élucubrations d’une folle.

La plume est agréable, c’est très bien écrit (et bien traduit) et l’ambiance est réussie, même si à aucun moment je n’ai frissonné. Mais au vu du contenu, ça m’a semblé excessivement long, on tourne beaucoup en rond et ça devient vite répétitif. La rapidité de la fin en est d’autant plus frustrante.

Ma lecture a également pâti du fait que je lisais en parallèle Jane Eyre et que la comparaison avec Charlotte Brontë n’est clairement pas à l’avantage de Henry James. J’avais déjà lu un livre de cet auteur: Gens de Dublin, et il ne m’avait pas spécialement marquée non plus, mais au moins je n’avais pas été agacée par les personnages. Je ne sais pas si ça vaut la peine que je m’obstine à lire encore cet auteur, qu’en pensez-vous?

Une lecture franchement mitigée, même si c’est toujours intéressant de découvrir un classique. Si vous l’avez lu, ça m’intéresserait d’avoir votre avis dessus, j’ai vraiment l’impression d’être totalement passée à côté…

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Défi cadeaux – session 2020-21

challenge défi cadeauxAprès le bilan de la session 2019-20, c’est le moment de vous présenter la session 2020-21 du Défi cadeaux, toujours organisé par Systia sur LivrAddict 🙂 Le principe est simple: lire les livres de notre PAL qui nous ont été offerts, que ce soient des cadeaux, des SP ou des trouvailles en boîte à livres, chacun-e concocte sa petite liste comme il-elle veut. Pour en savoir plus et voir les PALs des participant-e-s, je vous renvoie au topic consacré au challenge sur LivrAddict.

Après tri dans les restes de ma PAL de la précédente session et délibération sur ceux dont j’allais finalement me séparer sans les lire, il me reste 19 titres (soit 2 de moins que l ‘an dernier, ce n’est pas un gros progrès, mais c’en est un tout de même, voyons le verre à moitié plein!). Je vous les montre, si vous voulez en savoir plus, clic-clic sur les couvertures 😉 Et si vous les avez lus, dites-moi ce que vous en avez pensé, pourquoi je devrais les lire très bientôt ou m’en débarrasser sans les lire à votre avis, merci d’avance 😉

Mon objectif pour cette session est de lire au moins ces 19-là (je n’ai aucun doute que cette liste va s’étoffer au fil des mois ^^). Je vais aussi essayer d’être plus sélective en choisissant d’éventuels futurs SP ou butins de boîtes à livres: choisir des livres que j’ai super envie de lire plutôt que des « qui pourraient être intéressants » aiderait sûrement à ce que les lectures de ce défi soient plus marquantes. Je me suis un peu améliorée là-dessus en 2020, mais ça peut encore être affiné. La qualité plutôt que la quantité ^^

Si vous participez à ce challenge ou à un semblable, ça m’intéresserait de voir votre PAL. Et si vous avez des conseils ou des suggestions pour m’aider à mieux gérer mon challenge pour cette nouvelle session, aussi, n’hésitez pas! 🙂

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Défi cadeaux – Bilan 2019-2020

Déjà presque la fin de novembre, c’est donc le moment de faire le bilan 2019-20 du Défi cadeaux 🙂 Je ne réexplique pas le concept, je vous renvoie directement aux explications de l’organisatrice, elles seront plus claires que les miennes. Et si vous voulez voir ce que je prévoyais pour cette session à la même date l’an dernier dans le détail, c’est par ICI 😉

Au 21 novembre 2019, il y avait 21 livres dans cette PAL. J’avais prévu que les 10 premiers, qui étaient les plus anciens devraient être tous lus ou donnés et j’espérais lire le maximum de titres parmi les 11 autres. Et dans l’idéal, je devais me calmer sur les SP et les boîtes à livres pour ne pas faire trop gonfler la liste (spoiler: j’ai encore raté mon coup 😆 ).

Parmi les 10 premiers, j’en ai lu 2, abandonné 2 et donné 3. J’ai décidé de garder les 3 derniers (pour 2 d’entre eux, j’ai commencé les séries auxquelles ils appartiennent, alors j’espère les lire bientôt).

Ceux que j’ai lus:

Ceux que j’ai abandonnés:

Je n’ai rien à dire sur ceux que j’ai donnés, si vous voulez les voir, je vous renvoie une fois encore à mon billet de présentation de cette session 😉

Parmi les 11 suivants: 4 lus, 2 abandons, un donné et 4 non lus, mais que je compte toujours lire (un jour ou l’autre, peut-être, on ne sait jamais :lol:).

Ceux que j’ai lus:

Ceux que j’ai abandonnés:

Idem, je ne vous montre pas les autres, je ne saurais pas quoi en dire ^^

A ces 21 titres de départ se sont ajoutés 38 autres: 7 cadeaux, 3 lots gagné à une tombola, 12 SP, 12 livres trouvés en boîte à livres et 4 dons. Parmi ceux-là, j’en ai lu 26, abandonné ou donné aucun. Je trouve que c’est plutôt pas mal 🙂

Pour en savoir plus sur tous ces livres, clic-clic sur les couvertures 😉 Certains billets regroupent plusieurs avis, pensez à aller jusqu’en bas des pages ^^

Je suis assez satisfaite de cette session, j’ai l’impression d’avoir fait de chouettes découvertes dans l’ensemble, même s’il y a eu de gros flops et des déceptions aussi. Je note malgré tout que les meilleures lectures se trouvent parmi les titres que j’aurais acheté de moi-même de toute façon et les moins bonnes parmi les titres que j’ai pris/acceptés parce que ça pouvait être intéressant, mais que je n’aurais pas ajoutés à ma PAL si j’avais dû les payer. Peut-être qu’il faudrait travailler un peu là-dessus à l’avenir…

Est-ce que vous faites ce défi ou un autre du même genre? Et est-ce que vous tirez le même genre de conclusion que moi de vos lectures-cadeaux?

Je vous donne rendez-vous lundi pour la présentation des livres qui me restent pour la session 2020-21 😉 D’ici là, je vous souhaite de bonnes lectures, qu’on vous les ait offertes ou pas ^^

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L’Aiguille Creuse et autres Histoires

Les Aventures extraordinaires d’Arsène Lupin tome 2: L’Aiguille Creuse et autres Histoires. De Maurice Leblanc. Editions Jean-Claude Gawsewitch. 368 pages. 1911-20.

Ce recueil regroupe des nouvelles, un roman et une pièce de théâtre, sous le format dans lequel ils avaient été publiés à l’origine dans la revue Je sais tout, y compris les illustrations et le bulletin de concours qui était joint à la première partie de L’Aiguille Creuse. Il est précédé d’une lettre imaginaire que Maurice Leblanc aurait écrite à sa petite-fille et d’une présentation rédigée par l’Association des Amis d’Arsène Lupin.

Ce recueil contient les histoires suivantes:

  • Le Piège infernal (nouvelle)
  • L’Echarpe de Soie rouge (nouvelle)
  • La Mort qui rôde (nouvelle)
  • Le Mariage d’Arsène Lupin (nouvelle)
  • Le Fétu de Paille (nouvelle)
  • Edith au Cou de Cygne (nouvelle)
  • L’Aiguille Creuse (roman)
  • Le Retour d’Arsène Lupin (pièce de théâtre écrite en collaboration avec Francis de Croisset)

Attention: si vous comptez lire les récits plus anciens, sachez que certains sont spoilés dans ceux-ci.

Mon avis sur le tome 1: Les Aventures extraordinaires d’Arsène Lupin. Vingt Histoires originales.

Les nouvelles sont assez courtes (sauf Le Mariage d’Arsène Lupin, qui est en deux parties), mais bien ficelées et assez amusantes, à l’exception d’une (celle citée ci-dessus) qui a un aspect plus sérieux et sentimental sur la fin. Elles sont plaisantes à lire, distrayantes, tout en faisant un peu travailler les neurones du lecteur qui cherche à comprendre le fin mot de l’histoire.

L’Aiguille Creuse s’ouvre sur une effraction incompréhensible, car rien n’a été volé, et sur la recherche d’un des intrus qui a été blessé. On y rencontre des personnages-cultes, comme l’inspecteur Ganimard ou Herlock Sholmès, des énigmes, des lieux mystérieux, une jolie femme (évidemment) et autres procédés habituels de la série. Ici Arsène Lupin affronte un lycéen avec qui il partage certains traits de personnalité et qui est bien décidé à le battre sur son propre terrain. C’est un vrai récit d’aventure, où l’Histoire de France est mise en valeur au même titre que les technologies nouvelles qui se diffusent à l’époque.

J’avais déjà lu ce roman dans sa version remaniée pour une publication en volume unique, mais j’avoue que ça fait trop longtemps pour que je sois capable de voir s’il y a réellement des différences entre les deux. Même si je me souvenais de l’intrigue dans ses grandes lignes (et en particulier la fin m’avait beaucoup marquée), j’avais totalement oublié certains éléments et je me suis laissée surprendre à l’occasion. C’était une très agréable relecture, bourrée d’humour et avec pas mal d’action.

Le dernier texte du recueil est une pièce de théâtre dont j’ignorais l’existence. Il s’agit en fait du prologue d’une pièce plus longue qui a été finalement réécrite en l’excluant de la version définitive. La mise en place m’a semblé exagérément longue, mais dans l’ensemble c’est assez amusant et on apprend des détails sur une partie de la vie de Lupin qui m’étaient inconnus. Mon seul reproche est finalement qu’elle aurait dû être placée ailleurs dans le recueil, du fait qu’on apprend la mort d’un des personnages rencontrés ici dans un des récits précédents. Comme je n’ai pas lu les aventures d’Arsène Lupin dans l’ordre, j’étais déjà au courant et ça ne m’a donc pas gênée, mais si vous êtes sensibles à ce genre de spoiler, soyez prévenu-e-s.

La plume de Maurice Leblanc est très vivante et très fluide, le livre se dévore assez rapidement et facilement. Il y a beaucoup d’humour et d’ironie et Arsène Lupin est un tel cabotin que c’est toujours très amusant à lire. La seule chose qui m’ennuie, c’est que les personnages féminins ne sont pas très intéressants en général. La date d’écriture y est pour beaucoup évidemment, c’est la raison pour laquelle j’arrive à en faire abstraction en général.

Très bonne lecture, très distrayante.

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La Moitié du Ciel

La Moitié du Ciel. Enquête sur des Femmes extraordinaires qui combattent l’Oppression. De Nicholas D. Kristof et Sheryl WuDunn. Editions Les Arènes. 352 pages. 2009.

Résumé de l’éditeur: Ce livre est un choc. Il nous raconte ce que vivent des millions de femmes au- delà de nos frontières : l’esclavage sexuel, les crimes d’honneur, les mutilations, les viols. Selon Amartya Sen, prix Nobel d’économie, il manque aujourd’hui cent millions de femmes dans le monde, parce que des centaines de milliers de petites filles meurent avant un an, faute de soins. Pendant cinq ans, deux grands reporters américains ont sillonné les campagnes et les taudis d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient. Ils ont rencontré des centaines de femmes qui refusent l’oppression et se battent par tous les moyens. Chaque fois, c’est une leçon de courage et de dignité. Un livre époustouflant qui prouve que l’oppression des femmes n’est pas une fatalité.

Ce livre était dans ma WL depuis assez longtemps et je regrette de ne pas avoir eu l’occasion de lire plus tôt: il date de 2009 et, si les problèmes qui sont traités n’ont malheureusement pas disparu, il aurait besoin d’une bonne mise à jour.

C’était une lecture très intéressante, qui dénonce les horreurs rencontrées par les femmes dans les pays en voie de développement et met en lumière des organisations ou initiatives qui tentent d’améliorer les choses.

J’ai un gros reproche à faire à ce livre: c’est que les auteurs se voilent totalement la face sur la condition des femmes dans les pays « riches »/occidentaux. Elle n’est mentionnée que 2 ou 3 fois pour être à chaque fois balayée sous le tapis ou minimisée, genre c’est pas grave parce que c’est pire ailleurs et on ne devrait pas se plaindre. Et les hommes occidentaux ne sont pas mis en cause dans les injustices faites aux femmes chez eux ou dans les pays pauvres (ce serait moins grave qu’un occidental fasse appel aux services de prostituées en Asie plutôt qu’un local, par exemple). ça m’a un chouïa exaspérée… D’autre part, ça m’a semblé exagérément optimiste sur certains points (l’excision sur la voie de disparaître? j’ai comme de gros doutes, là).

Je vous recommande quand même ce livre, parce qu’il a le très grand mérite de parler de problèmes dont j’ignorais jusqu’à l’existence et de donner des exemples concrets du travail mené pour tenter d’y remédier. Certains témoignages étaient très émouvants et il semble que l’impact a été significatif aux Etats-Unis lors de sa publication. Attirer l’attention des masses est un premier pas dans la bonne direction. Le livre contient également des pistes pour tenter d’améliorer les choses, on a par exemple une liste d’associations à but humanitaires auxquelles contribuer (mais elle date d’il y a 10 ans, il faudra faire des recherches plus poussées pour voir ce qui est toujours d’actualité).

Une lecture à la fois passionnante et extrêmement indignante, qui m’a permis de mesurer l’ampleur de mon ignorance sur de nombreux sujets et qui m’a beaucoup touchée. Je recommande très vivement.

Si vous connaissez d’autres livres sur des thèmes similaires, n’hésitez pas à partager les titres dans les commentaires, j’aimerais approfondir certains sujets 😉

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Au-delà des Illusions

Au-delà des Illusions. De Duong Thu Huong. Editions Picquier poche. 335 pages. 1987.

Linh est heureuse avec son mari Ngûyen et leur petite fille. Elle est enseignante, il est journaliste. Tout va bien pour eux jusqu’à ce que la jeune femme découvre que son mari a transigé sur ses principes et ses idéaux pour leur assurer la sécurité matérielle.

Nous sommes au Vietnam, dans un contexte post-révolution communiste, où l’adhésion et le soutien au régime sont des conditions sine-qua-non pour réussir dans la vie. Peu importe à quel point vous êtes corrompu, à condition d’avoir de puissants protecteurs. Linh est une femme à la personnalité entière, aux idéaux élevés, pour qui les choses sont blanches ou noires, sans nuances entre les deux. Elle tombe « en désamour » aussi facilement et aussi vite qu’elle tombe amoureuse, mettant les gens sur un piédestal et souffrant terriblement quand ils en chutent, trop naïve pour s’apercevoir que personne n’est capable de correspondre à son idéal.

Nous suivons essentiellement Linh, mais Ngûyen tient également une place importance, ainsi qu’un autre couple et quelques personnages secondaires. Le récit est très introspectif, les souffrances et les affres amoureuses des protagonistes forment le fond du récit. Ils se questionnent aussi beaucoup sur la façon dont ils mènent leur vie, sur les attentes qu’ils ont envers les autres, sur les principes qu’ils ont reniés pour faire leur chemin, etc.

Aurais-je lu un tel livre s’il s’était agi de littérature occidentale? Probablement non: je ne suis pas très amatrice de littérature contemporaine/blanche, en général, même s’il y a des exceptions. Mais il est présenté dans la quatrième de couverture comme « le livre de chevet de toute une génération » de Vietnamiens et j’ai eu envie de le lire pour découvrir un peu plus la littérature du Vietnam. Et ç’a été une lecture vraiment intéressante! J’ai beaucoup apprécié ce livre, même si je lui ai trouvé quelques longueurs.

J’ai appris beaucoup de choses sur le Vietnam après la décolonisation. On suit le quotidien de personnes ordinaires dans un contexte pas vraiment facile, mais on voyage également un peu dans le pays et on découvre un peu la culture (musique et théâtre, par exemple).

Le récit n’est pas vraiment palpitant, cependant, plutôt contemplatif, et c’était parfois un peu répétitif: les personnages ont tendance à ressasser toujours un peu les mêmes pensées et ne semblent pas faire grand chose pour résoudre leurs problèmes. J’aurais aimé qu’ils cessent un peu de se complaire dans leurs souffrances et se prennent un peu en main. Du coup, quelques dizaines de pages de moins auraient pu rendre le tout plus intense à mon avis.

Tel quel, ç’a quand même été une bonne lecture. Je vous la conseille si vous avez envie de découvrir la littérature vietnamienne ou tout simplement si vous aimez les récits centrés sur les personnages et leurs sentiments.

Si vous avez lu ce livre ou s’il vous tente, si vous avez des titres d’auteurs vietnamiens à suggérer, ça m’intéresse, vous savez quoi faire dans les commentaires 😉

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