Des BD en pagaille #35

Flash: La Révolte des Lascars. Scénario de Francis Manapul et Brian Buccellato. Dessin de Francis Manapul, Marcus To, Scott Kolins, Diogenes Neves, Oclair Albert, Marcio Takara et Wes Craig. Editions Eaglemoss Collection et DC Comics. 154 pages. (2012)

Après une période d’amnésie, Flash revient à Central City et découvre que beaucoup de choses ont changé. Notamment que les habitants se sont retournés contre lui.

Voilà un long moment que je n’avais plus lu de BD ou de comics, la faute à cette aventure de Flash sur laquelle je calais depuis plusieurs semaines. J’ai eu énormément de mal à me remettre à cette lecture, parce que je trouvais le début embrouillé et que je ne comprenais pas grand chose. Il semble que cette histoire fasse suite à De l’avant, que j’ai lu il y a quelques mois et dont je n’avais quasi aucun souvenir, ce qui ne m’a pas aidée à apprécier cette histoire.

Malgré tout, une fois passé le 1er tiers, ça se décante un peu et ça devient plus intéressant. L’arrivée de Captain Cold et Heat Wave, qui sont mes préférés dans les séries télé du Arrowverse, m’a permis de me retrouver en terrain un peu plus connu. Cette partie de l’intrigue est plus simple et plus claire, ça aide!

Le dessin quant à lui est assez inégal. J’ai préféré celui de Francis Manapul à celui des autres dessinateurs, mais ça n’a pas suffi à vraiment améliorer mon opinion sur ce comics.

Certains passages de l’histoire m’ont plu, mais mon avis sur l’ensemble est plutôt mitigé et je reste sur une impression globalement négative. Après plusieurs aventures de Flash, je constate que ce héros et ses aventures ne me convainquent pas tellement. Mais je pense que la façon dont Eaglemoss l’a abordé n’est pas forcément la bonne s’agissant d’intéresser de nouveaux lecteurs. Tout bêtement, je n’en sais pas assez sur Flash et son univers pour adhérer aux histoires proposées dans cette collection.

***

Superman: Brainiac. Scénario de Geoff Johns. Dessin de Gary Frank et Jesus Merino. Editions Eaglemoss Collections et DC Comics. 158 pages. (2008)

L’histoire s’ouvre sur l’enlèvement d’un personnage emblématique par Toyman, ce qui permet aux auteurs de faire un parallèle intéressant entre Superman et Batman. Mais très rapidement, Brainiak, grand ennemi de l’Homme d’Acier, fait son apparition et menace la sécurité de la Terre et de ses habitants. Superman et Supergirl vont devoir affronter leurs peurs pour livrer bataille.

Je suis toujours surprise de voir comment certains comics démarrent sur une intrigue avant de passer à tout à fait autre chose, avant de me rendre compte qu’en fait on parle toujours de la même chose ^^ C’est particulièrement réussi ici. Il y a une réflexion intéressante sur Superman et son identité, mais aussi beaucoup d’action. Bon, la partie action devient assez vite répétitive, mais elle est plutôt bien menée et il n’y a pas de temps morts. Et je n’ai pas vu venir la fin, que j’ai trouvée très pertinente.

Je n’ai pas particulièrement adhéré au dessin, j’ai trouvé que les visages manquaient de finesse et que les décors n’étaient pas assez présents. Mais ça fonctionne quand même, bien que je ne me sois pas attardée sur les planches comme je le fais avec certains dessinateurs.

Dans l’ensemble, une bonne lecture, avec plusieurs niveaux de réflexion, et pas mal d’action.

***

Batman: Les Patients d’Arkham. Scénario de Dan Slott. Dessin de Ryan Sook. Editions Eaglemoss collections et DC Comics. 152 pages. (2003)

Warren White a échappé à une lourde condamnation pour escroquerie en plaidant la démence. Le juge va l’envoyer à l’asile d’Arkham pour une durée indéterminée. Arkham où résident déjà Double-Face, le Joker, le Sphinx et bien d’autres méchants emblématiques de l’univers Batman.

Que voilà un point de vue intéressant! Exit Batman & co, exit, ou presque, les « grands » méchants de la franchise, qui ne font que de la figuration. Ici nous avons affaire au Requin Blanc, un criminel en col blanc qui se retrouve pris à son propre piège et qui va découvrir qu’il y a pire que la prison.

La description de l’asile d’Arkham, des conditions de détention et de la vie des internés, mais aussi celle du personnel, tout ça fait froid dans le dos. C’est glauque et malsain à souhait et les personnages ne sont pas en reste. C’est à qui sera le plus flippant.

Le dessin est plutôt sympa, ce n’est pas le style que je préfère, mais ça fait le job honnêtement. Quelques planches sortent du lot.

Dans l’ensemble, une bonne lecture, qui aborde l’univers Batman sous un angle original et intéressant. Je ne lirais pas que ce genre, parce que c’est quand même super glauque, mais j’ai vraiment dévoré cette histoire. A découvrir.

Publicités
Publié dans Lecture | Tagué , , | Laisser un commentaire

Des petits nouveaux dans ma PAL (encore)

Il y a quelques semaines, je suis allée avec une copine sur le stand que l’asso Tourne-livres monte tous les mois dans son quartier. Aller à la rencontre des éventuels lecteurs qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’à la boutique, je trouve ça super et la meilleure façon de soutenir cette initiative, c’est évidemment d’acheter des bouquins 😛 Comme je leur avais pris quelques titres sur une brocante le week-end précédent, je me suis contentée cette fois-là d’aider ma copine à porter ses achats. Et donc, cette longue introduction pour vous montrer un seul bouquin (il faut bien faire un peu de pub pour Tourne-livres!), celui qu’elle a d’abord lu et vient de me prêter:

J’avoue que je n’avais jamais entendu parler de l’auteur, ni de son livre, mais ma copine a trouvé ça flippant et haletant, alors je le lirai peut-être pour Halloween 🙂

J’ai aussi reçu 2 titres numériques de la part de NetGalley:

ça fait beaucoup de lectures numériques à la suite (d’autant que je viens de finir La Galerie des Jalousies), mais en fait je n’avais pas de réponse sur le 1er livre que j’avais sollicité et j’en avais demandé plusieurs en pensant n’en recevoir qu’un ^^

Je suis aussi passée à la librairie récupérer les 2 derniers de chez Eaglemoss:

Comme vous voyez, je ne suis pas près de manquer de lecture ^^

Et vous, quoi de nouveau dans votre PAL? 🙂

Publié dans Blabla | Tagué , | 2 commentaires

Royaume de Vent et de Colères

Royaume de Vent et de Colères. De Jean-Laurent Del Socorro. Editions J’ai Lu. 284 pages. (2015)

Marseille, 1596. La ville est un des derniers bastions résistant encore à Henri IV. Alors que l’armée royale approche, nous allons suivre une poignée de personnages et découvrir comment ils sont arrivés là et pourquoi.

Je reste volontairement vague dans mon résumé, parce que le roman est bref et que je pense qu’il vaut mieux découvrir l’intrigue et ses personnages en se plongeant dedans sans trop en savoir. Au 1er abord, on a plutôt l’impression d’être dans l’historique, mais la magie, même si elle est peu présente, va rapidement nous confirmer qu’on est bien dans la fantasy. Fantasy historique, donc, mais aussi et avant tout ce livre nous propose les portraits fouillés et équivoques de quelques personnalités au passé plutôt unique.

J’avais entendu parler de ce livre lors de sa sortie en grand format et il me tentait énormément. Parce que l’époque où se déroule les évènements, dans une France encore agitée par les remous des Guerres de Religion, est assez rare en littérature, plus encore en fantasy. Et je dois dire que cet aspect de l’intrigue m’a comblée. On est en plein dedans! C’est dur, c’est cruel, c’est sombre et on marche à fond.

L’aspect fantastique, s’il est peu présent, est extrêmement bien mené également et je l’ai trouvé plutôt original. J’aurais aimé qu’il soit développé un peu plus, mais je ne suis pas sûre que ça aurait été pertinent.

L’intrigue est solide et intéressante, on se laisse facilement porter par les évènements. Ce n’est pas prévisible et certains détours empruntés par les personnages maintiennent en haleine, on a hâte de découvrir ce qui va leur arriver.

Le style de l’auteur est très agréable, j’ai apprécié la fluidité du texte et la brièveté des chapitres. Il y a peu de descriptions, mais elles sont suffisamment frappantes pour que le lecteur visualise facilement les lieux et les personnages. Globalement, c’est assez original, ça change vraiment de ce que le genre propose habituellement et c’est ce qui m’a le plus emballée dans ce livre. D’autre part, les lecteurs peu familiers de la fantasy ou que le genre rebute pourront malgré tout y trouver leur compte.

Malgré tout, je n’ai pas totalement adhéré. J’attendais énormément de ce livre, il était pratiquement inévitable que mes attentes soient au moins en partie déçues.

Premier point qui m’a gênée: la multiplication des points de vue en narration subjective. Là c’est affaire de goût. Je n’aime pas trop les histoires racontées en « je », surtout quand on doit suivre plusieurs personnages. Le style ne diffère pas assez de l’un à l’autre pour moi, à part le personnage de Silas, qui m’a semblé mieux caractérisé.

Ensuite, on a droit à quelques scènes de sexe qui, si elles ne sont pas particulièrement explicites (elles sont même très soft), n’apportent pas grand chose à l’intrigue. Vu la brièveté du roman, j’aurais préféré que l’auteur fasse l’impasse là-dessus et développe un peu plus d’autres points qui m’intéressaient réellement.

Pour finir, beaucoup de chapitres sont assez contemplatifs. Pour de la fantasy historique, je m’attendais à plus d’action. Il y en a, mais finalement ce n’est pas ce qu’on retient le plus une fois le livre refermé.

Même si je n’ai pas autant aimé ce livre que je l’espérais et bien que quelques points m’aient embêtée, j’ai beaucoup apprécié cette histoire et, plus encore, la plume de Jean-Laurent Del Socorro. J’espère avoir l’occasion de lire d’autres de ses livres prochainement et je vous conseille celui-ci, que vous aimiez ou non la fantasy.

A noter que le roman est suivi d’une nouvelle centrée sur un des personnages secondaires. Je l’ai trouvée très bonne et je l’ai beaucoup appréciée. Cette édition comporte également une préface (non-spoilante) et une interview de l’auteur à la fin (que je n’ai pas lue, je ne peux donc pas vous dire ce qu’elle vaut).

Publié dans Lecture | Tagué , , | 4 commentaires

La Galerie des Jalousies

La Galerie des Jalousies tome 1. De Marie-Bernadette Dupuy. Editions Calmann-Lévy. 600 pages. (2016)

Résumé de l’éditeur: 1920. Sur le site minier de Faymoreau en Vendée, un coup de grisou a provoqué l’effondrement d’une galerie. Apprenant la tragédie, Isaure Millet, la fille des métayers du château, s’est précipitée sur les lieux. Thomas Marot, l’homme qu’elle aime depuis toujours, fait partie des mineurs pris au piège. Les secours s’activent. Thomas est sauvé mais le soulagement d’Isaure est de courte durée. Elle apprend que le jeune homme est déjà fiancé à une ouvrière polonaise. Doit-elle vraiment renoncer à lui ?

La catastrophe prend une tournure inattendue : l’une des victimes retrouvées sans vie au fond de la mine a, en fait, été assassinée d’une balle dans le dos… L’enquête est confiée à un policier dépêché de Paris. La tâche de celui-ci est rendue difficile par le mutisme dans lequel s’enferment les témoins et les proches du défunt. La belle Isaure en sait-elle plus qu’elle ne prétend ? Quel secret cache la petite communauté de gueules noires ?

***

J’ai lu ce livre grâce à NetGalley et aux éditions Calmann-Lévy, que je remercie pour cette lecture.

***

Ce qui m’a attirée dans ce résumé, c’est le contexte dans lequel allait se dérouler l’histoire (les mines) et la perspective de l’enquête dont il semblait être question. Le livre étant classé par NetGalley en « littérature générale », je ne m’attendais pas vraiment à ce qui fait réellement le coeur du roman: les états d’âme des personnages. Maintenant que je sais quel genre de livres écrit Marie-Bernadette Dupuy (je me suis renseignée depuis), je me dis que si j’avais cherché d’abord à en savoir plus sur l’auteure, je n’aurais pas sollicité ce livre. Parce que, clairement, je ne suis pas la cible de ce genre d’histoire et je n’ai pas aimé du tout.

Le contexte minier qui m’intéressait tant n’est que le prétexte à un amour contrarié et l’enquête policière n’est pas tellement présente. L’histoire est axée essentiellement sur les souffrances morales d’Isaure, qui voit son grand amour engagé avec une autre femme, et sur une brochette de personnages mesquins et plutôt antipathiques (ça n’engage que moi). L’inspecteur chargé de l’enquête semble également plus être préoccupé par son attirance pour Isaure que par son travail. Quant à l’héroïne, je ne l’ai pas comprise, ni appréciée. Je l’ai trouvé puérile et peu intéressante, alors qu’il y aurait eu pourtant plein de choses à faire avec un tel personnage.

Il y a pourtant de nombreux thèmes qui auraient pu être développés dans cette histoire. Outre les conditions de vie des mineurs, qui n’est que survolée (et pas forcément de façon super-crédible à mon avis), l’auteure aurait pu également se focaliser sur la condition des femmes ou les conséquences de la guerre, par exemple, mais elle ne fait que survoler tout ça. Ce qui, visiblement, est son angle d’attaque, c’est la/les romance(s) contrariée(s). Et ce n’est ni original, ni très profond.

Le roman ne se démarque pas des innombrables titres de ce genre. Pas même par la plume de l’auteure qui, si elle n’est pas désagréable, n’a rien de particulièrement mémorable. C’est plutôt fluide et ça se lit assez facilement. On n’échappe évidemment pas à quelques scènes de sexe, mais ça m’a moins dérangée que les états d’âme d’Isaure.

J’ai lu le résumé du tome 2 pour me voir si ça pouvait m’intéresser davantage, mais il semble que l’auteure s’est dirigée uniquement vers de la romance. Je ne lirai donc pas la suite.

En bref, une lecture mal choisie, que j’oublierai très vite, mais qui pourra plaire aux amateurs du genre.

Publié dans Lecture | Tagué , , , | 3 commentaires

Rendez-vous avec la Mort

Rendez-vous avec la Mort. D’Agatha Christie. Editions Librairie des Champs-Elysées. 252 pages. (1952)

Alors qu’il voyage au Moyen-Orient, Hercule Poirot surprend une conversation où il est question de tuer quelqu’un. S’agit-il réellement d’une fiction, comme il le croit ou une personne est-elle réellement en danger, parmi le petit groupe de touristes qui part visiter le site de Petra?

Encore une aventure typique d’Hercule Poirot au milieu d’une brochette de personnages coincés ensemble. Cette fois-ci Agatha Christie nous entraîne au Moyen-Orient, mais nous ne sommes pas tellement dépaysés, les descriptions étant plutôt brèves et peu précises. Il faut dire que ce qui ennuie le plus Poirot dans cet environnement, c’est que ses chaussures y reçoivent de vilaines éraflures ^^

Je n’ai pas grand chose à dire sur cet opus, il est dans la même veine que beaucoup d’autres titres de l’auteure. Le schéma n’est pas spécialement original, ni la construction de l’intrigue. Et pourtant, ça fonctionne très bien, comme toujours. Ce n’est pas le meilleur livre d’Agatha Christie, mais j’ai passé un bon moment. Pour une fois, j’avais raisonné à peu près correctement, ce qui ne m’a pas empêchée de me tromper sur la résolution du mystère, comme à chaque fois ou presque.

Une lecture parfaite pour se détendre en faisant travailler ses petites cellules grises.

Publié dans Lecture | Tagué , | Laisser un commentaire

Le Crâne qui murmure

Lockwood & co tome 2: Le Crâne qui murmure. De Jonathan Stroud. Editions Albin Michel, collection Wiz. 522 pages. (2015)

Billet garanti sans spoiler!

Pour en savoir plus sur le tome 1, c’est par ICI.

Suite aux évènements du 1er tome, nous retrouvons les agents de Lockwood & co en pleine chasse aux fantômes. Après quelques déboires, ils vont devoir se mesurer avec l’agence Fittes pour la résolution d’une affaire particulièrement difficile. En effet, un artefact extrêmement dangereux a été mis au jour…

J’avais bien aimé le 1er tome de cette série, mais, à la réflexion, je l’avais trouvé un peu brouillon dans sa construction. Aussi j’avais hésité à acheter le 2e tome, puis à le lire, parce que je craignais de retomber dans le même schéma. Je ne ferai pas durer le suspense: j’ai été très agréablement surprise par cette lecture.

Ce qui m’avait dérangée dans le 1er tome a disparu ici et l’auteur utilise une narration chronologique qui rend l’histoire bien plus claire et fluide que celle qui précède.

Ce livre se classe dans le YA (genre que je ne lis plus tellement, faute d’y trouver mon compte), mais je n’y ai pas retrouvé les défauts habituels de cette littérature. L’autonomie des adolescents dont il est question ici est justifiée par l’intrigue et jamais on n’a l’impression que c’est anormal ou pas crédible. L’auteur évite la plupart des clichés inhérents au genre et mène son histoire comme s’il avait affaire à des adultes. Et c’est bien agréable pour le lecteur!

D’autre part, c’est une vraie histoire de fantômes, qui fait peur pour de bon (en tout cas, ça a fonctionné avec moi, j’ai même évité de lire ce bouquin après la nuit tombée ^^), avec de l’action, une enquête bien menée et des revenants bien répugnants. Tout à fait ce que j’attends d’un livre de ce genre, contrairement à ce que proposent la plupart des romans YA (= des triangles amoureux et des romances niaises).

J’ai passé un très bon moment avec ce livre et je lirai avec plaisir le 3e tome, dans un avenir pas trop lointain, j’espère. Une série parfaite pour Halloween, mais à lire nécessairement dans l’ordre: même si les histoires sont indépendantes les unes des autres, de nombreux fils rouges sont imbriqués dans le récit.

Bref, je recommande chaudement 🙂

Publié dans Lecture | Tagué , , | Laisser un commentaire

Tess d’Urberville

Tess d’Urberville. De Thomas Hardy. Editions France Loisirs. 454 pages. (1891)

Angleterre, 19e siècle. Tess est une jeune paysanne naïve que sa famille incite à travailler chez les d’Urberville, dont ils se croient parents. Elle va tomber entre les mains d’un homme peu scrupuleux qui va profiter d’elle et ruiner son avenir.

Le billet que vous lisez est ma 3e tentative d’avis sur ce livre… Il faut dire que ma lecture a été difficile et riche en émotions! Il m’a fallu plus d’un mois pour en venir à bout, et pas seulement parce que le récit est très contemplatif. Avant tout, j’ai énormément fulminé au cours de ma lecture!

Car si le livre est assez long et l’histoire assez dense, la plume est belle et fluide. Je n’aurais pas pu le dévorer d’une traite, mais le texte ne présente pas de difficulté particulière. La mise en place est un peu longue et il se passe peu de choses pendant de longs passages. Néanmoins, ça se lit plutôt facilement.

Par contre, le contenu m’a fait bouillir, au point que j’ai rarement réussi à lire plus de 2 ou 3 chapitres d’affilée. J’ai même failli balancer mon livre plusieurs fois. Parce que l’histoire de Tess est profondément tragique et injuste. Tout au long du livre, elle est victime à la fois du puritanisme ambiant et de ce que j’appelle l’effet « les-hommes-tous-des-salauds ». En vrai, bien sûr que les hommes ne sont pas tous des salauds ^^ Mais c’est l’impression que donne ce bouquin…

Et parlons aussi du résumé, qui nous apprend que Tess a été « séduite et abandonnée »… On devrait lire: sexuellement harcelée, violée et re-sexuellement harcelée!

Alors que je lisais ce livre, une de mes amies m’a dit « oh, j’aurais adoré vivre à cette époque! ». Je sais qu’elle n’est pas la seule à le penser. Vous qui croyez cela, mettez de côté vos romances historiques habituelles et lisez Tess! Vous verrez que le vrai 19e siècle n’a rien de romantique et que la vie à cette époque, pour les femmes, était loin d’être enviable!

Vous l’aurez compris, ce livre m’a profondément mise en colère et je pense que c’était en partie le but de l’auteur que de susciter l’indignation. ça n’a donc pas été une lecture facile ou plaisante, malgré la plume très belle et l’originalité des images proposées, mais Tess d’Urberville vaut la peine d’être lu.

Publié dans Lecture | Tagué , , | 6 commentaires

La Thébaïde

La Thébaïde ou Les Frères ennemis. De Jean Racine. Editions Le Livre de Poche, collection Classique. 73 pages/438. (1664)

Après la mort de leur père Oedipe, Eteocle et Polynice devaient régner chacun à leur tour pendant un an sur Thèbes. A la fin de la première année, Eteocle a refusé de laisser le trône à son frère. S’ensuit une guerre entre les Thébains qui soutiennent Eteocle et les Argiens, qui se battent pour Polynice (qui a épousé la fille de leur roi). Jocaste et Antigone, mère et soeur des deux hommes, tentent de leur faire entendre raison, tandis que Créon, leur oncle, jette de l’huile sur le feu dans le but de récupérer le trône et d’épouser Antigone, elle-même amoureuse d’Hémon, le fils de Créon.

Après avoir lu l’intégralité des pièces d’Eschyle, je me suis lancée dans le théâtre complet de Racine. Je sais que mon intérêt pour ces auteurs en laisse beaucoup perplexes, mais j’aime énormément le théâtre tout en n’ayant que rarement l’occasion de voir des pièces; d’autre part je suis toujours très curieuse de (re)découvrir des auteurs classiques, surtout quand les cours de français au collège ou au lycée auraient pu m’en dégoûter. Le hasard des éditions et de mes trouvailles en brocante a fait que la 1e pièce de mon recueil reprend un thème que j’avais déjà rencontré, chez Eschyle justement (Les Sept contre Thèbes), et que j’étais très curieuse de redécouvrir sous la plume d’un auteur d’époque plus récente.

La pièce de Racine est une tragédie en 5 actes et en vers. C’est-à-dire que tout le monde meurt à la fin, le tout en faisant des rimes. Je vais commencer par ce que je pense être le sujet qui fâche pour le plupart d’entre vous: les vers.  Alors pour être honnête, certains sont plus heureux que d’autres! Il y a parfois des interjections qui détonnent, juste pour parvenir au nombre de pieds nécessaires. Et certaines rimes reviennent assez souvent, notamment Antigone/trône, à croire qu’il n’y avait pas d’autre mots disponibles. Mais à côté de ça, il y a aussi de très jolis vers, bien tournés et imagés, qui sont agréables à lire. Une fois qu’on s’est habitué à lire par phrase et pas par vers malgré la mise en page, c’est plutôt fluide.

Pour ce qui est du contenu, il est assez différent de celui de la pièce d’Eschyle et j’ai trouvé intéressant de pouvoir faire la comparaison. Ici l’accent est mis davantage sur les liens familiaux que sur les malheurs de Thèbes. Les personnages sont autant victimes de la manipulation d’un homme que de la malédiction des dieux. Pour finir, la distribution est différente. Les personnages principaux de Racine sont plus le trio Jocaste-Antigone-Créon là où chez les Grecs le Choeur avait le rôle principal aux côtés d’Eteocle. Et certains personnages présents ne l’étaient pas chez Eschyle et inversement. Par ex, Jocaste est un des personnages centraux chez Racine, alors que, dans la mythologie antique, elle s’était suicidée en découvrant qu’Oedipe était son fils.

La grande force de la pièce de Racine, si on la compare avec celle d’Eschyle, c’est qu’elle est facile à comprendre. Le texte est plus clair (pas de références mythologiques obscures) et se suffit à lui-même là où Les Sept contre Thèbes faisait partie d’un ensemble dont les autres pièces avaient disparu. Les idées développées reprennent des thèmes puisés dans la mythologie antique, mais modernisés de façon à ce que les contemporains de Racine y retrouvent des parallèles avec leur époque.

Evidemment, s’agissant de théâtre du 17e siècle, la pièce ne plaira pas forcément à un lecteur du 21e. Personnellement je l’ai trouvée intéressante et très accessible. Le personnage de Jocaste ne m’a pas trop plu, dans le sens où elle geint beaucoup, mais j’ai plutôt bien accroché avec les autres. S’agissant d’une tragédie, on sait que ça va mal finir, mais ça ne m’a pas gênée, surtout que je connaissais déjà la trame de l’histoire.

En bref, une lecture plutôt agréable. Je m’attendais à galérer un peu sur les vers, mais la plume de Racine n’est pas lourde et je suis contente d’avoir redécouvert cet auteur avec cette pièce. Si l’occasion se présente, je verrais volontiers une adaptation sur scène.

Publié dans Lecture | Tagué , , | 2 commentaires

Mr Quinn en voyage

Mr Quinn en Voyage. D’Agatha Christie. Editions Le Club des Masques. 188 pages. (1969)

Mr Satterthwaite, de nouvelle en nouvelle, va croiser son vieil ami Mr Quinn et résoudre quelques mystères au sein de la bonne société anglaise.

Ce recueil fait suite à Le Mystérieux Mr Quinn, dans lequel  nous avions fait connaissance avec ces 2 personnages. Ici Mr Quinn est encore plus insaisissable que dans le 1er tome et Mr Satterthwaite se pose de plus en plus de questions, jusqu’à la révélation finale.

Comme dans le 1er tome, l’auteure flirte avec le fantastique et laisse son lecteur dans le flou quant à l’identité de Mr Quinn. Par moments, on doute réellement de son existence et on se dit que Mr Satterthwaite affabule, parfois on établit la certitude de sa réalité. Bref, Agatha Christie embrouille son lecteur comme elle sait si bien le faire, même si ce n’est pas toujours dans les éléments qui permettent de résoudre les énigmes proposées dans ce recueil.

J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture, que j’ai trouvée finalement assez différente de la production habituelle de l’auteure. Mon seul regret est que le mystère autour de Mr Quinn soit résolu à la fin, j’aurais préféré rester dans le doute. Si vous avez lu ce livre ou comptez le lire, vous me direz si vous êtes d’accord avec moi là-dessus 😉

En résumé, une lecture que je conseille, mais n’oubliez pas de commencer par le tome 1 pour ne pas louper la rencontre entre les 2 protagonistes et l’évolution de leur relation 😉

Publié dans Lecture | Tagué , | 2 commentaires

Mes dernières trouvailles

J’avais dit que je me lançais dans un presque-No buy… Mouais… Tenter de ne rien acheter alors que la saison des brocantes bat son plein, j’aurais dû me douter que c’était Mission Impossible 😆

Encore que la brocante de la semaine dernière n’avait pas été trop néfaste à ma PAL, puisque j’avais rapporté seulement 3 livres:

Le joli livre rouge, c’est L’Auberge de la Jamaïque, de Daphné Du Maurier, il m’a tapé dans l’oeil au 1er regard 🙂

J’avoue que j’étais à la fois contente de mes achats et fière d’être restée raisonnable (enfin, c’est relatif évidemment ^^). Mais ce qui m’a perdue, c’est que j’ai discuté avec la personne qui vendait ces livres. Nous nous connaissions vaguement à cause d’une bourse aux livres qu’elle organise 2 fois par an au profit d’une association de loisirs créatifs. Et voilà qu’elle m’annonce que la prochaine bourse aux livres a lieu le week-end suivant, c’est-à-dire hier et avant-hier 🙂

Donc, samedi dernier, ma maman, ma tante, ma petite soeur et moi, munies de sacs solides et de bonnes chaussures, nous sommes retrouvées dans une salle communale un peu étouffante, à jouer des coudes au milieu d’autres amateurs de bouquins, dans l’espoir avoué de faire de jolies trouvailles! Bilan: j’ai rapporté 13 livres pour 6€:

De bas en haut, à gauche: Le Mystère de la Chaloupe verte d’Enid Blyton; Les Dames de Missalonghi de Colleen McCullough; Mary Poppins de P.L. Travers; La Dame aux Oeillets et Les Clés du Royaume d’A.J. Cronin; La Guerre et la Paix tome 1 de Leon Tolstoï. A droite: La Dame de Monsoreau / Les Quarante-Cinq d’Alexandre Dumas; Le Destin de Wakefield de Mazo de la Roche; Spin de Robert Charles Wilson; Histoire du Futur tome 1 de Robert Heinlein; La Guerre et la Paix tome 2 de Leon Tolstoï.

De cette pile, à part Dumas, seuls les livres reliés ne figuraient pas dans ma WL, mais vous allez comprendre pourquoi je les ai pris en les voyant de plus près:

J’ai déjà lu des livres d’A.J. Cronin il y a très longtemps. Ils appartenaient à ma mère, qui lisait cet auteur à l’adolescence et qui les avait relégués à la cave. Evidemment je ne les y avais pas laissés (ils sont dans ma bibliothèque depuis des années ^^), mais ce sont des livres de poche basique, alors j’ai été ravie de trouver ces jolies éditions, qui en plus sont illustrées 🙂 Je connaissais également Mary Poppins, bien sûr, mais pour les 2 autres, j’avoue sans honte que je ne les ai achetés que parce que j’aimais ces éditions 😀

Pour finir, j’ai acheté un comics:

Je pense que je vais zapper les prochaines brocantes (on arrive à la fin de la saison de toute façon) et reprendre mon no-buy pour de vrai, cette fois ^^ (je dis ça, mais vais-je m’y tenir? Rien n’est moins sûr ^^)

Et vous, quoi de neuf dans votre PAL? Vous avez fait de jolies trouvailles?

Publié dans Blabla | Tagué , | 9 commentaires