Modeste Mignon

Modeste Mignon. D’Honoré de Balzac. Editions Folio, collection Classique. 377 pages. (1844) *

Ce roman appartient aux Scènes de la Vie privée et fait partie de La Comédie humaine. Il contient quelques allusions à d’autres romans de l’auteur, mais rien qui gêne la compréhension.

Charles Mignon, ruiné, est parti à l’étranger pour tenter de refaire fortune. Il laisse derrière lui son épouse aveugle et sa seule fille survivante, Modeste, sous la garde de ses amis. Mais la jeune fille va trouver le moyen de correspondre avec un poète qu’elle admire et sa mère, persuadée qu’elle est amoureuse, va inciter ses cerbères à se mettre en chasse.

Lorsque je dis « sous la garde », ce n’est pas une métaphore: Modeste est constamment sous surveillance, ne va seule nulle part, ne reçoit la visite que des quelques personnes autorisées, ne voit pas même des amies de son âge. Son temps se partage entre les soins à sa mère, la messe, quelques promenades toujours accompagnées et les soirées ennuyeuses avec les amis de son père. Ses seules distractions sont la broderie, la lecture et la musique… Bien sûr qu’elle va trouver le moyen de s’échapper, au moins par l’esprit, de cette prison même pas dorée!

Le roman se divise grosso-modo en 3 parties. Dans la première, Balzac présente l’histoire de Charles Mignon, de sa famille et des différents protagonistes; les lieux où va se dérouler l’essentiel de l’intrigue, c’est-à-dire essentiellement la maison où logent les personnages, au Havre; quelques autres informations qu’il pense essentielles à la compréhension du récit. Cette partie est un peu longue, extrêmement (trop?) détaillée et remonte assez loin dans le passé de la famille. Elle est essentiellement descriptive et sert avant tout à poser les bases de l’histoire, c’est en quelque sorte une longue introduction à ce qui va suivre.

La seconde partie est presque entièrement épistolaire et raconte la « rencontre » de Modeste et « son poète ». Nous suivons ainsi l’évolution de la relation qui se noue entre les deux protagonistes. C’est aussi l’occasion de voir un peu comment fonctionnait la société de l’époque.

Dans la dernière partie, Charles Mignon est de retour pour précipiter la révélation des secrets et mettre en place la résolution de l’intrigue. On y rencontre d’autres personnages et on change de milieu pour l’occasion.

Ce qui m’a le plus frappée dans cette lecture, c’est à quel point la condition des femmes au 19e siècle était intenable. Bien sûr, je savais que la société très codifiée de l’époque ne leur laissait que très peu de liberté, mais c’est encore plus visible ici. Je ne sais pas qui est le plus misogyne, des personnages ou de l’auteur, quoi qu’il en soit la description de certaines choses ou les réflexions des uns ou des autres m’a souvent choquée et profondément indignée. Les femmes étaient beaucoup moins libres en 1823, période où se déroule cette histoire, que dans les époques précédentes. Et bien sûr, Balzac fait en sorte que ce soit un homme qui ait raison sur presque tout. C’est bien connu, les hommes sont infaillibles et les femmes ne savent pas se servir de leur tête… Inutile de dire que je me suis beaucoup énervée pendant ma lecture…

Reconnaissons cependant à l’auteur qu’il a su se mettre au moins en partie dans la tête de son héroïne. Les pensées et les désirs d’une jeune fille pratiquement séquestrée sont plutôt bien décrits et exprimés, même si le ton reste paternaliste et condescendant assez souvent et qu’il sombre parfois dans l’ironie. L’aspect psychologique est bien mené et le comportement des personnages est cohérent.

La plume quant à elle est très belle et très fluide. On est dans le haut de gamme, mais ça reste accessible. Je lui reprocherai quant à moi d’être extrêmement bavarde, même quand il y a peu à dire sur une situation. J’ai trouvé qu’il y avait pas mal de longueurs, en particulier au début. L’auteur parvient néanmoins à susciter de nombreuses émotions, parfois contradictoires, chez son lecteur et ce qui est raconté ne laisse pas indifférent.

Une lecture que j’ai trouvée intéressante et dont j’ai apprécié le style, même si ce roman n’est pas (de loin) mon favori de Balzac. Si vous voulez découvrir l’auteur, ce n’est pas forcément celui que je conseillerai pour commencer, mais il a l’avantage d’être assez court pour ne pas être décourageant.

*Je vous présente ce livre dans l’édition Folio, mais je lis Balzac dans les Oeuvres complètes publiées par France Loisirs il y a quelques années dans une jolie édition reliée. Si une présentation de cette édition vous intéresse, faites-moi signe, je ferai des photos et je lui consacrerai un billet 😉

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Pause lecture #27

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Des petits nouveaux dans ma PAL

Je me suis un peu calmée sur les achats de livres ces derniers temps, du moins est-ce l’impression (peut-être fausse) que j’ai en ce moment. Parce que l’été, en général, je ramène des livres par paquets de 10 ou 15 des brocantes dominicales. Là, après plusieurs brocantes dont j’étais revenue bredouille, je n’ai ramené que 2 bouquins:

Ma libraire n’a jamais reçu l’un des comics de la collection DC-Eaglemoss, je l’ai donc commandé via un site de vente d’occasion (les frais de port sur les sites spécialisés sont exorbitants, pour 2€ de plus en occasion j’avais 2 BD au lieu d’une!) et j’en ai profité pour m’offrir un tome que j’avais en retard sur une série que j’apprécie beaucoup:

Des lectures sympathiques en perspective 🙂

Et vous, quoi de neuf, dans votre PAL? 😉

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L’Heure Zéro

L’Heure Zéro. D’Agatha Christie. Editions Club des Masques. 250 pages. (1947)

Nevile Strange séjourne chez Lady Tressilian, une vieille parente de qui il doit hériter, avec son épouse Kay. Il va y trouver quelques personnes de connaissance, dont sa première femme, ce qui va causer quelques tensions parmi le petit groupe.

Le roman s’ouvre sur une remarque de Mr Treves, un vieux juriste selon lequel un crime ne commence pas à « l’heure H », mais bien longtemps avant. C’est sur ce principe que l’intrigue va se baser et Agatha Christie prend le temps de longuement nous présenter les divers protagonistes et de faire monter la tension avant d’en arriver au crime lui-même.

L’enquêteur ici sera le superintendant Battle, déjà rencontré notamment dans Les sept Cadrans, mais il ne fait que quelques apparitions assez brèves. Son rôle est plus celui d’un deus ex machina qui va dénouer l’énigme que d’un personnage à part entière. Ce sont les personnages réunis chez Lady Tressilian qui forment le fond de l’histoire, les relations entre eux, les secrets qu’ils cachent et la façon dont ils vont résister à la lourde ambiance qui plane sur la maison. Agatha Christie a élevé le huis-clos au rang d’art au fil de ses livres, on peut dire qu’ici c’est le point culminant: les personnages perdent la tête et nous étouffons avec eux sous la tension.

Tout au long de ma lecture, j’ai été persuadée d’avoir deviné qui était coupable, mais encore une fois je me suis trompée et j’ai été manipulée de main de maître jusqu’à la fin, pour mon plus grand plaisir.

Un très bon opus des enquêtes de Battle, au rythme peut-être un peu lent, mais dont l’ambiance est le gros point fort. Les amateurs d’Agatha Christie apprécieront 🙂

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Sériemaniac épisode #4: des scoops et de l’aventure!

C’est avec beaucoup de retard que je vous poste ce billet sur 2 séries découvertes dernièrement il y a quelques temps: Notorious et Hooten & the Lady. J’ai commencé ces 2 séries sur les conseils de copinautes de forum, merci à elles 😉

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Notorious. Série américaine créée par Josh Berman pour ABC. Avec entre autres: Piper Perabo, Daniel Sunjata, Kate Jennings Grant, Aimee Teegarden et Adam Rayner. 10 épisodes de 42 minutes. 2016. Série annulée au terme de sa saison 1.

Julia George est productrice d’une célèbre émission d’actualités; Jake Gregorian est un avocat réputé. Tous deux ont un accord pour s’entraider: l’une y gagnera des scoops, le second pourra manipuler l’opinion publique en présentant une version qui lui convient des affaires dont il est chargé.

Après une présentation relativement rapide des personnages et du contexte, l’histoire débute avec l’affaire Oscar Keaton. Keaton, client de longue date de Jake, est accusé du meurtre de sa femme. L’intrigue va s’étirer à peu près sur la moitié de la saison, avant de se conclure et de laisser la place à une seconde affaire. En parallèle à ces fils rouges, chaque épisode propose une histoire qui se boucle à la fin.

Nous avons donc ici pour héros des personnages ambitieux, hyper agressifs dans leur travail, prêts à tout pour être les meilleurs. Autant le dire tout de suite, je les ai trouvé particulièrement antipathiques, ainsi que les seconds couteaux qui les entourent. Une seule chose compte: gagner. Gagner un procès, gagner de l’audimat, peu importe, ce qu’ils veulent, c’est gagner.

Les enquêtes quant à elles sont plutôt bien ficelées, même si les fils rouges reposent sur tellement de twists qu’ils finissent par faire passer les enquêteurs pour des gros incapables. C’est bien connu que les avocats et les journalistes sont bien plus doués pour résoudre des crimes…

Vous trouvez mon enthousiasme plus que limité? Jusqu’ici je n’ai pas été très positive, c’est vrai ^^

L’intérêt de cette série repose avant tout, pour moi, sur la vision qu’il offre du système judiciaire et des médias aux Etats-Unis (nous ne sommes pas mieux lotis en France, mais la série ne se passe pas chez nous, donc je ne m’écarterai pas du sujet). On découvre ici à quel point il est facile de manipuler les gens en jouant sur l’image et sur les mots, à quel point le système est corrompu et fragile, à quel point l’idée que les gens se font d’une personne qui réussit dans la vie est faussée par les médias. Les protagonistes de cette série sont prêts à tous les coups bas pour obtenir ce qu’ils veulent, dussent-ils mentir, voler ou détruire les autres pour y parvenir.

Ne parlons pas de la profonde stupidité de Julia et de Louise, la présentatrice-vedette, dans leur quête du scoop ultime; de celle de Jake et ses associés, lorsqu’ils causent une dangereuse course-poursuite au lieu de s’en remettre aux compétences de la police; de celle de tous ces gens qui se fichent des conséquences pourvu qu’ils parviennent à leurs fins.

Bref, le propos de la série n’est sans doute pas de développer ces thèmes, mais c’est ce que j’ai trouvé le plus intéressant: les prétendus héros sont en fait de belles enflures. Être avocat ou productrice, ce n’est pas glamour, c’est sale et mesquin, ça joue sur le bêtise et la méchanceté humaines. Et c’est le fait que tout ceci est affiché sans honte qui fait l’intérêt de la série, même si ce n’est pas le sens premier de l’intrigue.

Pour le côté fangirling, j’ajouterai que mon intérêt est monté en flèche avec l’apparition du personnage du procureur Max Gilford, interprété par le très télégénique Adam Rayner, qui m’a semblé neeeeettement plus agréable que les autres personnages ^^ (vous me direz ce que vous en pensez :D)

A noter que les fils rouges ne sont pas tous résolus en fin de saison et que le dernier épisode lançait de nouveaux arcs pour une suite qui ne verra pas le jour. Personnellement ça ne m’a pas frustrée du fait que la seconde grosse affaire dont il était question ne m’a pas tellement emballée.

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Hooten & the Lady. Série britannique créée par Tony Jordan, James Payne, Sarah Phelps, Jeff Povey et Richard Zajdlic pour Sky 1. Avec entre autres: Michael Landes, Ophelia Lovibond, Jessica Hynes, Shaun Parkes et Jane Seymour. 8 épisodes de 47 minutes. 2016.

Lady Alexandra Lindo-Parker est une historienne et archéologue passionnée employée par le British Museum. Elle convainc ses supérieurs de la laisser partir à la recherche de trésors archéologiques à travers le monde. Au cours de sa première expédition, elle rencontre Hooten, un aventurier dépenaillé qui court après les mêmes objets qu’elle, mais dans le but de les vendre pour gagner beaucoup d’argent. Le duo va faire des étincelles.

La série, qui lorgne vaguement du côté d’Indiana Jones ou de Sidney Fox l’Aventurière, joue avant tout sur les différences et la complémentarité entre ses deux personnages principaux. Ce qui fait tout le sel de l’histoire, ce sont leurs échanges exaspérés et leurs taquineries incessantes. Lady Alex est une aristocrate érudite et énergique, qui profite de ses expéditions pour fuir son envahissante et très snob génitrice, celle-ci s’étant mis en tête de préparer à sa fille (et à son très convenable fiancé) un mariage extravagant. Hooten est un américain malpoli, (très) débraillé et un peu irresponsable, qui n’a plus rien à perdre et qui plonge dans les ennuis sans complexes. Les joutes verbales entre eux sont généralement hilarantes et ils finissent toujours par se retrouver dans des situations impossibles.

Le gros point fort de Hooten & the Lady est de ne pas du tout se prendre au sérieux. C’est complètement n’importe nawak tout le temps (pour la crédibilité historique et archéologique, on repassera), mais il se passe toujours quelque chose et on ne s’ennuie jamais. On voyage énormément, aussi: chaque épisode se passe dans un pays différent. C’est dépaysant et ça évite de se lasser (les épisodes étant construits plus ou moins sur le même modèle, on pourrait vite trouver ça répétitif). Et on passe de tombes antiques à un trésor de pirates ou à des reliques tsaristes sans complexes.

A part un épisode que j’ai trouvé mauvais, j’ai beaucoup ri des disputes et des mésaventures des deux héros. La série est parfaite pour l’été et peut être regardée sans problème avec des enfants.

A ce jour, je n’ai trouvé aucune info concernant une éventuelle saison 2 (si vous en avez, ça m’intéresse!), mais je regarderai la suite avec plaisir si elle voit le jour 🙂

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Vous avez vu une de ces séries? ça vous a plu? Dites-moi ce que vous en avez pensé 😉

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Test/tag 100% féminin

J’ai trouvé ce tag sur le blog d’Analire, mais à l’origine il vient du site PKJ.

Les consignes: Cette semaine, notre tout nouveau tag sera 100% féminin ! Le principe est simple : présenter un livre ou un personnage correspondant à chaque question. Dans la mesure du possible, essayez de ne pas répondre 2 fois avec le même livre!

1) Quelle est votre auteure préférée?

Il y a beaucoup d’auteures que j’aime énormément, mais sans conteste c’est la plume de Jane Austen que je préfère 🙂 C’est toujours bien écrit, drôle et spirituel.

Mon seul regret est qu’elle n’ait pas publié plus de romans!

2) Quelle est votre héroïne de roman préférée?

C’est difficile de répondre à cette question! Citer une seule héroïne de roman, ça me semble terriblement réducteur! Bien sûr, il y a les héroïnes de Jane Austen, mais aussi Jane Eyre, Miss Marple, Constance Kopp (La Fille au Revolver), les héroïnes de Pearl Buck et bien d’autres personnages féminins marquants… J’en citerai 2: Fantômette, l’héroïne qui a marqué mon enfance, et Mémé Ciredutemps, une des Trois Soeurcières de Terry Pratchett.

3) Citer un roman qui propose un message féministe.

Ils font partie de la même série, je vous les montre tous les 2 🙂

4) Citer un roman avec une fille/femme sur la couverture.

5) Citer un roman qui met en scène un groupe de filles/femmes.

Je triche un peu en ne vous proposant pas un roman, mais une pièce de théâtre 🙂

6) Citer un roman qui met en scène un personnage féminin LGBT+.

Je sèche un peu sur cette question… Je ne lis pas de romances, qu’elles soient hétéros ou gays, et pour être honnête, dans la vie comme en littérature, l’orientation sexuelle des gens ne m’intéresse pas vraiment. Je les apprécie (ou pas), pour ce qu’ils sont, pour leur personnalité, leurs valeurs, etc. Il y aurait plus de chances que je me souvienne s’ils sont végétariens, je me sens plus concernée par le sujet ^^ Bref, je passe, même si le thème est à la mode (l’an dernier c’était les livres sur les gens malades, je n’aurais pas été capable d’en citer non plus), tant pis si je ne suis pas in.

7) Citer un roman qui propose plusieurs points de vue féminins.

8) Citer un livre dans lequel une fille sauve le monde.

ça m’ennuie un peu de répondre à cette question, parce que je la trouve quand même spoilante… Mais bon, sachant qu’en YA ça se termine rarement mal, je ne pense pas réellement spoiler en citant:

9) Quel personnage secondaire féminin préférez-vous au héros de son roman?

Le héros, c’est D’Artagnan, même si Athos est un personnage qui tient énormément de place. Dans une moindre mesure Aramis et Porthos sont également les personnages principaux dans Les trois Mousquetaires. Mais, clairement, c’est Milady de Winter qui est le personnage le plus intéressant et le plus fouillé dans cette histoire.

Malheureusement, elle est victime de la misogynie extrême de l’époque où elle vit et, peut-être encore plus, de l’époque à laquelle vivait Alexandre Dumas. Elle reste cependant un personnage extrêmement marquant, une femme qui fait tout pour se libérer de l’emprise masculine. Mémorable!

10) Citer un livre écrit par un homme qui met en scène un personnage principal féminin.

C’est déjà fini! Je dois dire que certaines questions de ce tag m’ont donné du fil à retordre ^^ Mais c’était quand même amusant à faire 🙂 Comme d’hab, si vous voulez en savoir plus, clic-clic sur les couvertures (si je n’ai pas publié de billets sur les livres cités, je vous mets le lien vers la fiche LivrAddict) 😉

Et vous, vous auriez cité quels livres?

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Une Soupe aux Herbes sauvages

Une Soupe aux Herbes sauvages. D’Emilie Carles. Editions Le Livre de Poche. 318 pages. (1981)

Née dans une famille de paysans montagnards, Emilie va vivre plusieurs guerres, travailler à la ferme tout en poursuivant ses études, devenir institutrice et traverser le 20e siècle sans jamais renier ses convictions.

Ce livre est un témoignage tout autant qu’une autobiographie: témoignage sur la dureté de la vie paysanne, sur la condition des femmes, sur l’évolution de la société et sur beaucoup d’autres sujets tout aussi importants.

Pour être tout à fait franche, jamais je n’aurais acquis ce livre au vu de sa couverture ou de son résumé. Toute sympathique que semble la vieille dame sur cette photo, on ne peut pas dire qu’elle fasse rêver le lecteur potentiel. Mais j’avais noté ce titre parmi ceux d’une bibliographie que proposait un ouvrage sur l’histoire du féminisme, aussi quand je l’ai trouvé sur une brocante à 50 centimes, je n’ai pas hésité. Malgré tout la couverture ne me donnait pas très envie de l’ouvrir et il a dormi assez longtemps dans ma PAL. Récemment, j’ai réorganisé mon étagère et j’ai redécouvert certains titres qui y étaient enfouis. L’été m’a semblé être le bon moment de lire un bouquin qui se déroulait à la campagne.

Après cette lecture, mon seul regret est de ne pas avoir sorti ce bouquin plus tôt! S’il n’est pas exempt de défauts, il se lit très facilement et très rapidement. D’abord parce que le récit est très intéressant: le témoignage d’une paysanne « sortie de sa condition » en devenant institutrice, mais qui ne renie pas ses origines (au contraire!), à une époque où les femmes n’avaient pas tellement la possibilité de choisir leur vie, ça m’a parlé!

Ensuite parce que la plume d’Emilie Carles est très vivante et très agréable, ce qui fait que ça coule tout seul. Ses souvenirs ne sont pas toujours égrenés chronologiquement, elle revient parfois en arrière pour expliquer le pourquoi ou le comment d’une situation, mais ça n’entrave en rien la lecture. On a un peu l’impression d’écouter parler sa grand-mère (ou, vu la période dont il est question, son arrière-grand-mère) et on se sent touchée par ce témoignage sincère.

Le livre a les défauts de tout témoignage de ce genre: la narratrice a tendance à se poser régulièrement en héroïne seule contre tous, avec ses principes élevés hors de portée de ses contemporains. Personnellement, ça m’a plus fait sourire que dérangée, ça m’a semblé très humain et ça permet de relativiser les évènements racontés.

La 1e partie est celle qui m’a le plus intéressée et j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs vers les 2/3 du livre, sans doute du fait que la période dont il était question abordait des thèmes qui me parlaient moins. Mais dans l’ensemble ce fut une très bonne lecture, je vais d’ailleurs m’empresser de faire circuler ce livre autour de moi et je vous le conseille si ce genre de sujet vous intéresse 🙂

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Des BD en pagaille #34

Corto Maltese tome 2: Sous le signe du Capricorne. D’Hugo Pratt. Editions Caterman. 140 pages. (1971)

Corto Maltese séjourne à Paramaribo lorsqu’il fait la connaissance du Professeur Steiner et de Tristan Bantam. Le 1er est un vieux philosophe alcoolique et désabusé, le 2nd un jeune anglais bien propre sur lui venu rencontrer sa demi-soeur. Tous 3 vont partir à l’aventure, sur les traces du mystérieux empire de Mü.

Après les îles du Pacifique dans La Ballade de la mer salée, c’est en Amérique du Sud que va nous entraîner Corto. Mêlant chasse au trésor, aventures et ésotérisme, cet album nous fait voyager du rêve à la réalité, nous fait rencontrer des personnages emblématiques de la série ou marquants par leur unique apparition aux côtés de Corto. Bien sûr il y a aussi des femmes pour séduire notre marin, des énigmes à résoudre et des destins tragiques pour souligner la fragilité et l’inanité de la vie humaine.

Avec en prime les dessins sublimes d’Hugo Pratt, tout aussi poétiques que l’histoire.

Un excellent tome, qui me conquiert toujours autant même après une quinzaine de relectures 🙂 Si ce n’est pas encore fait, Corto Maltese est une série à découvrir absolument!

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Nightwing. Pièges et trapèzes. Scénario de Kyle Higgins. Dessin d’Eddy Barrows, Eduardo Pansica, Geraldo Borges et Trevor McCarthy. Editions Eaglemoss collections et DC Comics. 158 pages. (2011-2012)

Dick Grayson, ex-associé de Batman sous le nom de Robin, actuellement connu des méchants de Gotham sous celui de Nightwing, est victime d’une agression visant à le tuer, sous prétexte qu’il est « le plus grand meurtrier de la ville ». Nightwing va mener l’enquête, tandis que Dick hérite du cirque où il a grandi avant la mort de ses parents.

Je n’étais pas trop enthousiasmée par cette lecture en découvrant qu’on allait se retrouver dans un cirque… Ce n’est pas une ambiance que j’apprécie en général. Finalement, si le cirque sert de toile de fond à une grosse partie de l’intrigue, on ne se focalise pas trop dessus, ça ne m’a donc pas vraiment dérangée.

Je n’ai pas pour autant été particulièrement emballée par cette histoire. Je trouve Dick assez fade et son alter-ego héroïque n’a rien de bien original ou attachant. Tout au long de ma lecture, je me disais que ç’aurait été plus intéressant si Nightwing était allé chercher de l’aide auprès de Batman (à la fin, on a quand même une raison qui explique pourquoi il ne le fait pas), parce qu’il pédale dans la semoule tout du long, je trouve. Il y a un ou deux épisodes plus sympas, notamment celui à La Nouvelle-Orléans que j’aurais apprécié davantage s’il avait été plus détaillé.

Les dessins sont plutôt sympas, sans rien non plus qui les sorte du lot.

Dans l’ensemble, une lecture pas inoubliable, mais qui a le mérite de creuser un peu le personnage de Dick Grayson et son passé et de nous faire sortir un peu de Gotham.

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Catwoman. D’entre les Ombres. Scénario d’Ed Brubaker. Dessin de Darwyn Cooke, Mike Allred, Cameron Stewart, Michael Avon Oeming, Mike Manley et Eric Shanower. Editions Eaglemoss collections et DC Comics. 157 pages. (2001-2002)

Cet album se compose de plusieurs histoires consacrées à Catwoman, après la prétendue mort de celle-ci: Sur la Piste de Catwoman, Anonyme et Les 7 Vies de Selina Kyle.

Comme avec les précédents volumes consacrés à Catwoman par cette collection, je partais en me disant que le personnage ne m’intéressait pas vraiment et finalement j’ai passé un bon moment. Il y a plus de choses intéressantes à découvrir sur le personnage que je ne l’imaginais au départ et je ne me suis pas ennuyée. Batman fait quelques apparitions bienvenues, ainsi que quelques personnages issus du passé de Catwoman et on apprend un tas de choses. Il y a de l’action, de l’aventure, un peu de sentiment et des méchants à combattre.

J’ai trouvé les dessins sympas dans l’ensemble, à part ceux de la dernière histoire, que je n’ai pas aimés.

Une bonne lecture 🙂

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Des petits nouveaux dans ma PAL

J’ai eu l’occasion de me balader sur diverses brocantes ces derniers week-ends, mais j’en suis revenue les mains vides, assez dépitée de ne rien avoir trouvé qui me tente… Ce qui fait que je n’ai pas grand chose à vous montrer aujourd’hui (vous me direz, vu l’état de ma PAL, c’est peut-être pas plus mal ^^).

D’une virée à la FNAC avec Grande Belette, j’ai rapporté:

Merci à Outis de m’avoir parlé de cette série et merci à Systia pour m’avoir signalé la sortie de cette réédition au format poche 😉

Franchement, je trouve que 10€ pour un livre de poche, c’est vraiment cher… Mais au moins l’édition est jolie. Le tome 2 est sorti aussi, je le prendrai quand j’aurai lu celui-ci (vous avez vu comme je deviens raisonnable? ^^). En espérant que L’Atalante sortira les tomes suivants dans le même format…

J’ai aussi récupéré chez ma libraire les 2 derniers parus de chez Eaglemoss:

Encore 10 numéros à paraître si je ne dis pas de bêtises, ce qui nous amènera jusqu’à la fin 2017.

Voilà, c’est tout pour cette fois 🙂

Et vous, quoi de nouveau dans votre PAL? 😉

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Le Cycle du Guerrier de Mars tome 3: Les Maîtres de la Fosse

Le Cycle du Guerrier de Mars tome 3: Les Maîtres de la Fosse. De Michael Moorcock. Editions France Loisirs. 153 pages. (1969)

Suite aux évènements des précédents tomes, nous retrouvons Michael Kane pour de nouvelles aventures, qui vont l’entraîner dans des contrées encore inconnues. Il devra affronter nombre d’épreuves et d’ennemis, avec l’aide de son ami Hool Hadji et de quelques alliés.

Je n’entrerai pas dans les détails pour ne pas spoiler les tomes précédents (si vous voulez en savoir plus: tome 1, tome 2), mais chaque aventure est quasiment indépendante, alors si vous tombez sur un tome au hasard, sachez qu’il y a suffisamment de rappels dans chaque épisode pour pouvoir suivre.

Ici notre héros va se retrouver confronté à des êtres inattendus, visiter un nouveau continent, découvrir beaucoup de choses sur sa planète d’adoption et rencontrer un tas de nouveaux alliés ou de nouveaux ennemis. Il va voyager, se battre et vivre de nombreuses aventures.

Ce qui est agréable avec cette série, c’est qu’il se passe toujours un tas de choses et que l’auteur enchaîne les évènements sans s’attarder à décrire pendant des plombes. Il y a du rythme et la rapidité des actions fait qu’on passe sans problème sur les défauts, parce qu’on n’a pas le temps de s’y attarder et que c’est très bien comme ça. On est là pour se distraire avant tout et ça marche très bien!

Les reproches que j’aurais à faire à ce tome sont les mêmes que j’ai fait aux précédents: les personnages féminins sont quasi-inexistants et il y a pas mal de facilités. ça ne m’a pas empêchée de passer un bon moment avec cette histoire et je lirai la suite très bientôt 🙂

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