Le Tour d’Ecrou

Le Tour d’Ecrou. De Henry James. Editions Grands écrivains. 190 pages. 1898.

Au cours d’une soirée de Noël, un homme fait à ses amis la lecture d’une longue lettre dans laquelle une de ses connaissances raconte une histoire de fantômes qui lui serait arrivée: une jeune gouvernante est envoyée à la campagne pour assurer l’éducation de deux enfants. Elle va se retrouver confrontée à des phénomènes étranges.

On est ici dans le fantastique dans sa définition la plus stricte. Tout au long du récit, le doute subsiste: sommes-nous réellement face à des phénomènes surnaturels ou la parole de la narratrice doit-elle être mise en doute? Parfois on a l’impression que son témoignage est fiable, mais à d’autres moments elle semble tellement exaltée, voire hystérique, qu’on a du mal à croire à ce qu’elle raconte.

La tension monte au fil du récit, les évènements s’enchaînent, plus inquiétants les uns que les autres, et on se demande comment l’auteur va bien pouvoir réussir à se dépatouiller de son intrigue. Réponse: de façon très abrupte, trop pour mon goût considérant à quel point la mise en place a été longue…

Je ne sais pas à quoi je m’attendais en ouvrant ce livre, mais en le refermant j’étais plutôt déçue. La narratrice m’a exaspérée: indécise, plutôt incompétente, surexcitée, mais complètement passive, elle ressasse sans cesse son inquiétude, mais n’entreprend rien pour essayer d’arranger les choses. L’image qu’elle renvoie est celle d’une tête de linotte sans aucune jugeote. Les enfants sont assez bizarres, mais comme on n’est pas sûr-e-s de pouvoir se fier à ce qu’on nous dit, il n’est pas vraiment possible de se faire une idée claire. Bien sûr, c’est le genre qui veut ça, mais comme on n’a  jamais vraiment de réponse claire aux questions qu’on se pose, c’est à nous de décider si on est face à une vraie histoire de fantômes ou face aux élucubrations d’une folle.

La plume est agréable, c’est très bien écrit (et bien traduit) et l’ambiance est réussie, même si à aucun moment je n’ai frissonné. Mais au vu du contenu, ça m’a semblé excessivement long, on tourne beaucoup en rond et ça devient vite répétitif. La rapidité de la fin en est d’autant plus frustrante.

Ma lecture a également pâti du fait que je lisais en parallèle Jane Eyre et que la comparaison avec Charlotte Brontë n’est clairement pas à l’avantage de Henry James. J’avais déjà lu un livre de cet auteur: Gens de Dublin, et il ne m’avait pas spécialement marquée non plus, mais au moins je n’avais pas été agacée par les personnages. Je ne sais pas si ça vaut la peine que je m’obstine à lire encore cet auteur, qu’en pensez-vous?

Une lecture franchement mitigée, même si c’est toujours intéressant de découvrir un classique. Si vous l’avez lu, ça m’intéresserait d’avoir votre avis dessus, j’ai vraiment l’impression d’être totalement passée à côté…

Publié dans Lecture | Tagué , , | 2 commentaires

Défi cadeaux – session 2020-21

challenge défi cadeauxAprès le bilan de la session 2019-20, c’est le moment de vous présenter la session 2020-21 du Défi cadeaux, toujours organisé par Systia sur LivrAddict 🙂 Le principe est simple: lire les livres de notre PAL qui nous ont été offerts, que ce soient des cadeaux, des SP ou des trouvailles en boîte à livres, chacun-e concocte sa petite liste comme il-elle veut. Pour en savoir plus et voir les PALs des participant-e-s, je vous renvoie au topic consacré au challenge sur LivrAddict.

Après tri dans les restes de ma PAL de la précédente session et délibération sur ceux dont j’allais finalement me séparer sans les lire, il me reste 19 titres (soit 2 de moins que l ‘an dernier, ce n’est pas un gros progrès, mais c’en est un tout de même, voyons le verre à moitié plein!). Je vous les montre, si vous voulez en savoir plus, clic-clic sur les couvertures 😉 Et si vous les avez lus, dites-moi ce que vous en avez pensé, pourquoi je devrais les lire très bientôt ou m’en débarrasser sans les lire à votre avis, merci d’avance 😉

Mon objectif pour cette session est de lire au moins ces 19-là (je n’ai aucun doute que cette liste va s’étoffer au fil des mois ^^). Je vais aussi essayer d’être plus sélective en choisissant d’éventuels futurs SP ou butins de boîtes à livres: choisir des livres que j’ai super envie de lire plutôt que des « qui pourraient être intéressants » aiderait sûrement à ce que les lectures de ce défi soient plus marquantes. Je me suis un peu améliorée là-dessus en 2020, mais ça peut encore être affiné. La qualité plutôt que la quantité ^^

Si vous participez à ce challenge ou à un semblable, ça m’intéresserait de voir votre PAL. Et si vous avez des conseils ou des suggestions pour m’aider à mieux gérer mon challenge pour cette nouvelle session, aussi, n’hésitez pas! 🙂

Publié dans Blabla | Tagué , , | 1 commentaire

Défi cadeaux – Bilan 2019-2020

Déjà presque la fin de novembre, c’est donc le moment de faire le bilan 2019-20 du Défi cadeaux 🙂 Je ne réexplique pas le concept, je vous renvoie directement aux explications de l’organisatrice, elles seront plus claires que les miennes. Et si vous voulez voir ce que je prévoyais pour cette session à la même date l’an dernier dans le détail, c’est par ICI 😉

Au 21 novembre 2019, il y avait 21 livres dans cette PAL. J’avais prévu que les 10 premiers, qui étaient les plus anciens devraient être tous lus ou donnés et j’espérais lire le maximum de titres parmi les 11 autres. Et dans l’idéal, je devais me calmer sur les SP et les boîtes à livres pour ne pas faire trop gonfler la liste (spoiler: j’ai encore raté mon coup 😆 ).

Parmi les 10 premiers, j’en ai lu 2, abandonné 2 et donné 3. J’ai décidé de garder les 3 derniers (pour 2 d’entre eux, j’ai commencé les séries auxquelles ils appartiennent, alors j’espère les lire bientôt).

Ceux que j’ai lus:

Ceux que j’ai abandonnés:

Je n’ai rien à dire sur ceux que j’ai donnés, si vous voulez les voir, je vous renvoie une fois encore à mon billet de présentation de cette session 😉

Parmi les 11 suivants: 4 lus, 2 abandons, un donné et 4 non lus, mais que je compte toujours lire (un jour ou l’autre, peut-être, on ne sait jamais :lol:).

Ceux que j’ai lus:

Ceux que j’ai abandonnés:

Idem, je ne vous montre pas les autres, je ne saurais pas quoi en dire ^^

A ces 21 titres de départ se sont ajoutés 38 autres: 7 cadeaux, 3 lots gagné à une tombola, 12 SP, 12 livres trouvés en boîte à livres et 4 dons. Parmi ceux-là, j’en ai lu 26, abandonné ou donné aucun. Je trouve que c’est plutôt pas mal 🙂

Pour en savoir plus sur tous ces livres, clic-clic sur les couvertures 😉 Certains billets regroupent plusieurs avis, pensez à aller jusqu’en bas des pages ^^

Je suis assez satisfaite de cette session, j’ai l’impression d’avoir fait de chouettes découvertes dans l’ensemble, même s’il y a eu de gros flops et des déceptions aussi. Je note malgré tout que les meilleures lectures se trouvent parmi les titres que j’aurais acheté de moi-même de toute façon et les moins bonnes parmi les titres que j’ai pris/acceptés parce que ça pouvait être intéressant, mais que je n’aurais pas ajoutés à ma PAL si j’avais dû les payer. Peut-être qu’il faudrait travailler un peu là-dessus à l’avenir…

Est-ce que vous faites ce défi ou un autre du même genre? Et est-ce que vous tirez le même genre de conclusion que moi de vos lectures-cadeaux?

Je vous donne rendez-vous lundi pour la présentation des livres qui me restent pour la session 2020-21 😉 D’ici là, je vous souhaite de bonnes lectures, qu’on vous les ait offertes ou pas ^^

Publié dans Blabla | Tagué , | 9 commentaires

L’Aiguille Creuse et autres Histoires

Les Aventures extraordinaires d’Arsène Lupin tome 2: L’Aiguille Creuse et autres Histoires. De Maurice Leblanc. Editions Jean-Claude Gawsewitch. 368 pages. 1911-20.

Ce recueil regroupe des nouvelles, un roman et une pièce de théâtre, sous le format dans lequel ils avaient été publiés à l’origine dans la revue Je sais tout, y compris les illustrations et le bulletin de concours qui était joint à la première partie de L’Aiguille Creuse. Il est précédé d’une lettre imaginaire que Maurice Leblanc aurait écrite à sa petite-fille et d’une présentation rédigée par l’Association des Amis d’Arsène Lupin.

Ce recueil contient les histoires suivantes:

  • Le Piège infernal (nouvelle)
  • L’Echarpe de Soie rouge (nouvelle)
  • La Mort qui rôde (nouvelle)
  • Le Mariage d’Arsène Lupin (nouvelle)
  • Le Fétu de Paille (nouvelle)
  • Edith au Cou de Cygne (nouvelle)
  • L’Aiguille Creuse (roman)
  • Le Retour d’Arsène Lupin (pièce de théâtre écrite en collaboration avec Francis de Croisset)

Attention: si vous comptez lire les récits plus anciens, sachez que certains sont spoilés dans ceux-ci.

Mon avis sur le tome 1: Les Aventures extraordinaires d’Arsène Lupin. Vingt Histoires originales.

Les nouvelles sont assez courtes (sauf Le Mariage d’Arsène Lupin, qui est en deux parties), mais bien ficelées et assez amusantes, à l’exception d’une (celle citée ci-dessus) qui a un aspect plus sérieux et sentimental sur la fin. Elles sont plaisantes à lire, distrayantes, tout en faisant un peu travailler les neurones du lecteur qui cherche à comprendre le fin mot de l’histoire.

L’Aiguille Creuse s’ouvre sur une effraction incompréhensible, car rien n’a été volé, et sur la recherche d’un des intrus qui a été blessé. On y rencontre des personnages-cultes, comme l’inspecteur Ganimard ou Herlock Sholmès, des énigmes, des lieux mystérieux, une jolie femme (évidemment) et autres procédés habituels de la série. Ici Arsène Lupin affronte un lycéen avec qui il partage certains traits de personnalité et qui est bien décidé à le battre sur son propre terrain. C’est un vrai récit d’aventure, où l’Histoire de France est mise en valeur au même titre que les technologies nouvelles qui se diffusent à l’époque.

J’avais déjà lu ce roman dans sa version remaniée pour une publication en volume unique, mais j’avoue que ça fait trop longtemps pour que je sois capable de voir s’il y a réellement des différences entre les deux. Même si je me souvenais de l’intrigue dans ses grandes lignes (et en particulier la fin m’avait beaucoup marquée), j’avais totalement oublié certains éléments et je me suis laissée surprendre à l’occasion. C’était une très agréable relecture, bourrée d’humour et avec pas mal d’action.

Le dernier texte du recueil est une pièce de théâtre dont j’ignorais l’existence. Il s’agit en fait du prologue d’une pièce plus longue qui a été finalement réécrite en l’excluant de la version définitive. La mise en place m’a semblé exagérément longue, mais dans l’ensemble c’est assez amusant et on apprend des détails sur une partie de la vie de Lupin qui m’étaient inconnus. Mon seul reproche est finalement qu’elle aurait dû être placée ailleurs dans le recueil, du fait qu’on apprend la mort d’un des personnages rencontrés ici dans un des récits précédents. Comme je n’ai pas lu les aventures d’Arsène Lupin dans l’ordre, j’étais déjà au courant et ça ne m’a donc pas gênée, mais si vous êtes sensibles à ce genre de spoiler, soyez prévenu-e-s.

La plume de Maurice Leblanc est très vivante et très fluide, le livre se dévore assez rapidement et facilement. Il y a beaucoup d’humour et d’ironie et Arsène Lupin est un tel cabotin que c’est toujours très amusant à lire. La seule chose qui m’ennuie, c’est que les personnages féminins ne sont pas très intéressants en général. La date d’écriture y est pour beaucoup évidemment, c’est la raison pour laquelle j’arrive à en faire abstraction en général.

Très bonne lecture, très distrayante.

Publié dans Lecture | Tagué , , | 4 commentaires

La Moitié du Ciel

La Moitié du Ciel. Enquête sur des Femmes extraordinaires qui combattent l’Oppression. De Nicholas D. Kristof et Sheryl WuDunn. Editions Les Arènes. 352 pages. 2009.

Résumé de l’éditeur: Ce livre est un choc. Il nous raconte ce que vivent des millions de femmes au- delà de nos frontières : l’esclavage sexuel, les crimes d’honneur, les mutilations, les viols. Selon Amartya Sen, prix Nobel d’économie, il manque aujourd’hui cent millions de femmes dans le monde, parce que des centaines de milliers de petites filles meurent avant un an, faute de soins. Pendant cinq ans, deux grands reporters américains ont sillonné les campagnes et les taudis d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient. Ils ont rencontré des centaines de femmes qui refusent l’oppression et se battent par tous les moyens. Chaque fois, c’est une leçon de courage et de dignité. Un livre époustouflant qui prouve que l’oppression des femmes n’est pas une fatalité.

Ce livre était dans ma WL depuis assez longtemps et je regrette de ne pas avoir eu l’occasion de lire plus tôt: il date de 2009 et, si les problèmes qui sont traités n’ont malheureusement pas disparu, il aurait besoin d’une bonne mise à jour.

C’était une lecture très intéressante, qui dénonce les horreurs rencontrées par les femmes dans les pays en voie de développement et met en lumière des organisations ou initiatives qui tentent d’améliorer les choses.

J’ai un gros reproche à faire à ce livre: c’est que les auteurs se voilent totalement la face sur la condition des femmes dans les pays « riches »/occidentaux. Elle n’est mentionnée que 2 ou 3 fois pour être à chaque fois balayée sous le tapis ou minimisée, genre c’est pas grave parce que c’est pire ailleurs et on ne devrait pas se plaindre. Et les hommes occidentaux ne sont pas mis en cause dans les injustices faites aux femmes chez eux ou dans les pays pauvres (ce serait moins grave qu’un occidental fasse appel aux services de prostituées en Asie plutôt qu’un local, par exemple). ça m’a un chouïa exaspérée… D’autre part, ça m’a semblé exagérément optimiste sur certains points (l’excision sur la voie de disparaître? j’ai comme de gros doutes, là).

Je vous recommande quand même ce livre, parce qu’il a le très grand mérite de parler de problèmes dont j’ignorais jusqu’à l’existence et de donner des exemples concrets du travail mené pour tenter d’y remédier. Certains témoignages étaient très émouvants et il semble que l’impact a été significatif aux Etats-Unis lors de sa publication. Attirer l’attention des masses est un premier pas dans la bonne direction. Le livre contient également des pistes pour tenter d’améliorer les choses, on a par exemple une liste d’associations à but humanitaires auxquelles contribuer (mais elle date d’il y a 10 ans, il faudra faire des recherches plus poussées pour voir ce qui est toujours d’actualité).

Une lecture à la fois passionnante et extrêmement indignante, qui m’a permis de mesurer l’ampleur de mon ignorance sur de nombreux sujets et qui m’a beaucoup touchée. Je recommande très vivement.

Si vous connaissez d’autres livres sur des thèmes similaires, n’hésitez pas à partager les titres dans les commentaires, j’aimerais approfondir certains sujets 😉

Publié dans Lecture | Tagué , , | Laisser un commentaire

Au-delà des Illusions

Au-delà des Illusions. De Duong Thu Huong. Editions Picquier poche. 335 pages. 1987.

Linh est heureuse avec son mari Ngûyen et leur petite fille. Elle est enseignante, il est journaliste. Tout va bien pour eux jusqu’à ce que la jeune femme découvre que son mari a transigé sur ses principes et ses idéaux pour leur assurer la sécurité matérielle.

Nous sommes au Vietnam, dans un contexte post-révolution communiste, où l’adhésion et le soutien au régime sont des conditions sine-qua-non pour réussir dans la vie. Peu importe à quel point vous êtes corrompu, à condition d’avoir de puissants protecteurs. Linh est une femme à la personnalité entière, aux idéaux élevés, pour qui les choses sont blanches ou noires, sans nuances entre les deux. Elle tombe « en désamour » aussi facilement et aussi vite qu’elle tombe amoureuse, mettant les gens sur un piédestal et souffrant terriblement quand ils en chutent, trop naïve pour s’apercevoir que personne n’est capable de correspondre à son idéal.

Nous suivons essentiellement Linh, mais Ngûyen tient également une place importance, ainsi qu’un autre couple et quelques personnages secondaires. Le récit est très introspectif, les souffrances et les affres amoureuses des protagonistes forment le fond du récit. Ils se questionnent aussi beaucoup sur la façon dont ils mènent leur vie, sur les attentes qu’ils ont envers les autres, sur les principes qu’ils ont reniés pour faire leur chemin, etc.

Aurais-je lu un tel livre s’il s’était agi de littérature occidentale? Probablement non: je ne suis pas très amatrice de littérature contemporaine/blanche, en général, même s’il y a des exceptions. Mais il est présenté dans la quatrième de couverture comme « le livre de chevet de toute une génération » de Vietnamiens et j’ai eu envie de le lire pour découvrir un peu plus la littérature du Vietnam. Et ç’a été une lecture vraiment intéressante! J’ai beaucoup apprécié ce livre, même si je lui ai trouvé quelques longueurs.

J’ai appris beaucoup de choses sur le Vietnam après la décolonisation. On suit le quotidien de personnes ordinaires dans un contexte pas vraiment facile, mais on voyage également un peu dans le pays et on découvre un peu la culture (musique et théâtre, par exemple).

Le récit n’est pas vraiment palpitant, cependant, plutôt contemplatif, et c’était parfois un peu répétitif: les personnages ont tendance à ressasser toujours un peu les mêmes pensées et ne semblent pas faire grand chose pour résoudre leurs problèmes. J’aurais aimé qu’ils cessent un peu de se complaire dans leurs souffrances et se prennent un peu en main. Du coup, quelques dizaines de pages de moins auraient pu rendre le tout plus intense à mon avis.

Tel quel, ç’a quand même été une bonne lecture. Je vous la conseille si vous avez envie de découvrir la littérature vietnamienne ou tout simplement si vous aimez les récits centrés sur les personnages et leurs sentiments.

Si vous avez lu ce livre ou s’il vous tente, si vous avez des titres d’auteurs vietnamiens à suggérer, ça m’intéresse, vous savez quoi faire dans les commentaires 😉

Publié dans Lecture | Tagué , | 5 commentaires

Mini-craquage + coup de gueule

Ce n’est pas que je manque de lectures dans ma PAL, mais vous me connaissez, ce n’est pas ça qui va m’arrêter ^^ J’avais des points fidélité qui arrivaient à expiration et justement j’ai trouvé des livres que j’avais envie de lire depuis longtemps. Quelle belle coïncidence 😀

Comme d’hab, pour en savoir plus sur tous ces livres, clic-clic sur les couvertures 😉

Si vous avez lu un de ces livres ou s’ils vous tentent, votre avis m’intéresse, vous savez quoi faire dans les commentaires 😉

***

Là, maintenant, c’est le moment du coup de gueule. J’avais déjà eu des soucis avec ce site, mais là ils se sont surpassés… Vous les voyez, les tomes dépareillés du Dernier Apprenti-Sorcier? Vous me connaissez, vous vous doutez que je n’ai pas commandé 2 tomes d’une même série avec des couvertures qui ne matchent pas… Mais chez G*****J*****, on s’en fout de ce que le client commande, on lui envoie n’importe quelle édition au pif! Parce qu’après tout, on est payé pareil, alors pourquoi s’embêter, hein! Surtout qu’en plein confinement, qui va s’amuser à renvoyer un livre?

Et ça ne s’arrête pas là, non, non!

Je ne sais pas vous, mais moi quand je commande d’occasion, je ne prends pas de livres qui soient en dessous de « très bon état » (à moins de chercher un très vieux livre introuvable, mais dans ce cas en général il est précisé à quel point c’est abîmé (et si non, je pose la question) et je décide en fonction de la description). Et pour moi, du « très bon état », ça veut dire qu’on voit que le livre a été lu, mais que les défauts sont minimes, un coin un peu corné ou des plis dus à la lecture sur le dos, par exemple. Pas que la couverture est râpée, usée, pliée, griffée ou tâchée (franchement je ne sais pas ce que les gens font avec leurs livres, ils posent leur café dessus?)… Il y a même un bout de scotch sur une des couvertures parce que le coin se dédoublait (et une lingette pour nettoyer les lunettes dans un autre des livres, c’est dire à quel point ils sont vérifiés avant d’être vendus)… C’est du très bon état, ça?!

Bref, j’avais déjà dit que je ne commanderais plus sur cette boutique, j’ai voulu leur donner une autre chance, tant pis pour moi. En d’autres circonstances, j’aurais renvoyé le tout, là  c’est trop compliqué pour moi (et c’est peut-être là-dessus qu’ils comptaient?), mais je suis très énervée. Je trouve malhonnête de ne pas indiquer l’état réel des livres et d’envoyer des éditions différentes du livre présenté sur le site.

Vous avez déjà eu ce genre de soucis avec des boutiques en ligne? Est-ce qu’il y en a que vous évitez? Ou d’autres qui sont vraiment sérieux que vous recommandez?

***

Malgré mon exaspération, j’ai hâte de lire ces livres et j’espère vous en reparler très bientôt 🙂

Et vous, quoi de neuf, dans votre PAL? 😉

Publié dans Blabla | Tagué , | 25 commentaires

Des BD en pagaille #64

Le Pacte de la Mer, suivi de Un Eté mouvementé. De Satoshi Kon. Editions Pika, collection Graphic. 240 pages. 2004.

Yôsuké et sa famille sont chargés de veiller sur un oeuf d’ondine, en échange de quoi leur village de pêcheurs vivra paisiblement et prospérera. Mais le père du jeune homme s’est associé avec un promoteur sans scrupules pour développer le tourisme.

Le thème est assez classique: lutte entre les partisans du développement urbain à outrance/la société de consommation et les défenseurs d’un mode de vie traditionnel respectueux de la nature, le tout sur fond de légendes.

J’avoue que je ne savais pas grand chose de l’histoire avant de me procurer ce manga et je m’attendais à ce que la mer et son folklore soient plus présents dès le début de l’histoire, ce qui fait que j’ai eu un peu de mal à entrer dedans. Mais une fois dans le vif du sujet, c’était très prenant et j’ai beaucoup apprécié ma lecture.

Le dessin m’a plu, sans être particulièrement marquant. Mon regret avec les mangas, c’est le noir et blanc quasi obligé. Ce genre d’histoire se prêterait tellement bien à la couleur que ça me frustre toujours un peu ^^

Le Pacte de la Mer est suivi par une galerie de dessins et par un court récit qui ne m’a pas spécialement plu. J’ai trouvé que la question du consentement et des relations hommes-femmes était traité par-dessus la jambe; le côté « tranche de vie » de l’histoire m’a laissée froide. Et comme le seul rapport avec le premier récit est que ça se passe au bord de la mer, je n’ai pas vu l’intérêt de publier les deux ensemble.

Une chouette découverte, qui m’incite à découvrir d’autres mangas. Si vous avez des récits courts (de préférence des one-shot) à me conseiller, vous savez quoi faire dans les commentaires 😉

***

Batman: White Knight. De Sean Murphy. Editions Urban comics, collection Nomad. 208 pages. 2017-18.

Après un combat avec le Joker qui a fait de gros dégâts dans Gotham, l’opinion publique remet en question les méthodes de Batman. Grâce à un traitement miraculeux, le Joker redevient Jack Napier, un homme ordinaire qui va devenir le héros de la population. Tout le monde se ligue contre Batman: et si c’était lui le grand méchant, finalement?

C’était une bonne lecture, mais je n’ai pas aimé autant que je l’espérais. Le point de départ est super (le Joker devient le gentil et Batman l’homme qu’il faut arrêter) et il y a plein de bonnes idées, mais la mise en place était très longue, il a fallu arriver au dernier tiers pour que je sois vraiment à fond dedans. Le fait que je ne connaissais pas du tout certains super-vilains impliqués n’a pas aidé, mais j’aurais pu en faire abstraction, c’est vraiment la lenteur de la narration dans la grosse première moitié qui a plombé ma lecture, même si les thèmes abordés étaient intéressants.

Et je n’ai pas vraiment accroché aux dessins, malheureusement. J’ai trouvé qu’ils manquaient de subtilité dans certaines planches, en particulier dans les visages. Par contre, j’ai apprécié certaines idées, par exemple le rappel de ce qui rôde en arrière-plan qui est rappelé dans les ombres. Les différentes ambiances sont mises en valeur par le travail sur les couleurs. Bref, le dessin n’était pas inintéressant, mais il manquait de finesse pour mon goût.

Une lecture sympa, mais sans plus, même si les idées m’ont intéressée.

***

Le Chat du Kimono tome 1. De Nancy Peña. Editions La boîte à bulles, collection Contre-jour. 104 pages. 2007.

La fille d’un riche marchand aime tendrement les chats qui ornent le tissu de son kimono préféré. Parce qu’elle l’a rejeté, un tisseur s’arrange pour que l’un des chats s’échappe. L’animal va voyager à travers le monde et mettre son grain de sel dans la vie de divers personnages.

Je suis assez partagée sur cette BD… D’un côté, j’ai trouvé que c’était très original, poétique et inspiré. Les références (je ne vous dis pas lesquelles, je vous laisse les découvrir) sont très intéressantes, même si finalement peu de personnages sont sympathiques. De l’autre, ça m’a semblé extrêmement sexiste.

Bah oui, si une femme vous repousse, c’est tout à fait normal de la harceler pour la pousser à vous accepter ou de lui faire du mal, n’est-ce pas! Quant aux autres femmes du récit, elles se plaignent, sont capricieuses, irresponsables ou autres qualités spécifiquement féminines, c’est bien connu. Et il suffit de leur faire un cadeau pour les rendre dociles et aimantes, elles n’en demandent pas plus…

Pour ce qui est des dessins, je ne peux pas dire que je les ai appréciés. Les traits des visages masculins sont assez grossiers. Ceux des femmes sont un peu plus fins, mais dans l’ensemble le coup de crayon est plutôt épais. Il y a peu de détails dans les décors et peu de travail sur les vêtements, excepté sur les kimonos, qui sont vraiment sympas. J’imagine que c’est voulu, pour insister sur ce qui est finalement le point de départ de toute l’histoire. Tout est en noir et blanc, excepté le kimono aux chats et le sang, qui sont d’un rouge flamboyant.

Une lecture qui m’a intéressée, mais qui me laisse mal à l’aise pour son côté sexiste. Si vous l’avez lu, je suis curieuse de savoir ce que vous en avez pensé, parce que je suis assez perplexe sur le message que cherchait à faire passer l’autrice…

Publié dans Lecture | Tagué , , , , | 4 commentaires

L’étrange Affaire de Spring Heeled Jack

Burton & Swinburne tome 1: L’étrange Affaire de Spring Heeled Jack. De Mark Hodder. Editions Bragelonne, collection Le Mois du Cuivre. 502 pages. 2013.

Une étrange créature surnommée Spring Heeled Jack agresse des jeunes filles, tandis que des enfants disparaissent et que des loups-garous sont signalés dans les quartiers mal-famés de Londres. Sir Richard Francis Burton, explorateur au coeur d’une polémique qui pèse sur sa réputation, est sollicité par le gouvernement pour mener l’enquête.

Le premier chapitre se déroule comme un roman historique traditionnel et, si on ne savait pas d’avance quel genre de livre on a entre les mains, on serait surpris-e quand, dans ses dernières lignes, on découvre qu’on est en fait à fond dans le steampunk. Et l’auteur n’y va pas de main-morte sur le sujet, on est bombardé-e-s de technologies plus improbables et variées les unes que les autres. Certaines ne sont d’ailleurs pas piquées des hannetons et je ris encore de la façon dont certains messages sont acheminés (je ne vous en dis pas plus pour vous laisser découvrir ça par vous-mêmes, mais ceux et celles qui ont lu ce livre comprendront ^^). Pour être franche, je dirais même qu’à certains moments on est tellement noyé-e-s sous ces technologies qu’on perd un peu de vue l’intrigue. Mais c’est généralement fait avec beaucoup d’humour, donc ce n’est pas difficile à suivre.

Du coup, la mise en place est très longue. Les détails disséminés par l’auteur sont important pour la suite, mais il faut quand même être vraiment patient-e. Je dirais qu’il faut bien 200 pages avant que ça devienne plus palpitant. Ce n’est pas trop gênant, parce qu’il y a beaucoup de choses à expliquer et à poser pour que la suite soit compréhensible, mais je ne vous cacherai pas que j’ai parfois trouvé le temps long dans la première partie du récit. Surtout que la série s’appelle Burton & Swinburne et que ce dernier ne prend de l’importance qu’assez tardivement et que que le héros de l’histoire reste Burton tout du long, personnage pas forcément toujours bien sympathique.

Ce qui m’a ennuyée un peu avec ce livre, c’est que l’auteur reprend le cliché habituel du genre en utilisant des personnages ayant réellement existé comme protagonistes de son histoire. Dans ce cas, c’est justifié par l’intrigue, mais j’avais rencontré Swinburne récemment chez Fabrice Colin* et Burton chez Farmer** il y a quelques temps. J’aurais apprécié de faire la connaissance d’autres personnalités pour changer un peu…

Autre point négatif: cette histoire est globalement une affaire d’hommes. Peu de femmes sont présentes et ce sont en général des victimes, l’intérêt amoureux de personnages masculins ou des personnes âgées obsédées par les convenances. Une seule est un peu plus intéressante, mais pas assez développée (peut-être dans les tomes suivants?).

Malgré ces points négatifs, j’ai beaucoup apprécié ma lecture. Il y a beaucoup d’action, plein d’idées super intéressantes et tout s’emboîte bien en arrivant à la fin (même s’il y a un point qui me chipote, mais je ne peux pas vous en parler parce que ce serait spoiler). L’auteur profite de toutes les technologies surréalistes qu’il imagine pour souligner les dangers de la science et critiquer l’escalade technologique incontrôlée dans notre société. Et beaucoup d’autres thèmes très intéressants sont également abordés.

Il y a une annexe présentant les personnages à la fin du roman. Il aurait pu être utile de la placer au début pour les lecteurs peu familiers de l’époque victorienne et de ses célébrités, mais je vous déconseille vivement de la consulter avant ou au cours de votre lecture, parce qu’elle est très spoilante. Même si je trouve qu’un des mystère de l’histoire est extrêmement facile à résoudre.

Une très bonne lecture, qui devient palpitante vers la fin, mais qui souffre de quelques longueurs dans le premier tiers. Je suis vraiment curieuse de lire le tome suivant, surtout que c’est son résumé qui m’avait donné envie de m’intéresser à cette série. Je recommande si vous voulez vous immerger dans un univers particulièrement poussé.

*Arcadia de Fabrice Colin: tome 1: Vestiges d’Arcadia; tome 2: La Musique du Sommeil.

**Le Fleuve de l’Eternité de Philip José Farmer: tome 1: Le Monde du Fleuve.

Publié dans Lecture | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Les trois Filles de Madame Liang

Les trois Filles de Madame Liang. De Pearl Buck. Editions Le livre de poche. 315 pages. 1969.

Ancienne révolutionnaire, Madame Liang a envoyé ses filles étudier aux Etats-Unis quand la situation en Chine s’est dégradée. Aujourd’hui adultes, Grace, Mercy et Joy, devenues respectivement médecin, musicienne et peintre, doivent faire des choix pour leur avenir: rentrer en Chine ou construire leur vie en Occident?

J’avoue que ma connaissance de l’Histoire chinoise n’est pas assez grande pour préciser à quelle époque exactement se déroule le récit. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’on est sous la présidence de Mao et qu’il est question à un moment des mouvements pour les droits civiques aux Etats-Unis. Le livre ayant été publié en 1969 et se déroulant sur plusieurs années, ça vous donne une idée approximative de l’époque.

La période décrite est dangereuse et mouvementée. Madame Liang souhaite que ses filles restent en sécurité aux Etats-Unis, bien qu’elle-même se refuse à quitter la Chine. A travers le personnage de cette vieille dame, l’autrice propose une analyse réaliste et assez pertinente du régime de l’époque à mon avis et souligne la totale méconnaissance qu’ont les Occidentaux du pays et de ses principes. Cet aspect est développé grâce aux personnages des filles de Madame Liang, élevées à l’étranger et totalement inconscientes non seulement des changements, mais aussi du passé, leurs souvenirs idylliques de la Chine, qu’elles ont quittée très jeunes, ne les ayant pas préparées à la réalité.

Mon seul regret concernant cette lecture, c’est que finalement le destin des héroïnes se limite pratiquement à si oui ou non elles vont se mettre en couple et avec qui. L’une d’elle n’évolue qu’à partir du moment où un homme entre dans sa vie… C’est un peu dommage de livrer une analyse aussi fine de la situation en Chine et des moteurs de la Révolution pour se limiter ensuite à ça. De fait, j’ai été un peu déçue par la conclusion.

Pour le reste, c’était une lecture très intéressante. L’autrice a un don pour poser l’ambiance et rendre ses personnages attachants, même quand ils ne sont spécialement sympathiques. Et malgré la brièveté du roman, énormément de sujets passionnants sont abordés. Il y a aussi beaucoup d’émotion et c’est difficile de lâcher le livre quand on est plongé-e dedans.

Je recommande très vivement si le sujet vous intéresse, mais aussi si vous aimez les histoires de famille et les portraits de femmes.

Si vous avez lu ce livre ou s’il vous tente, votre avis m’intéresse, vous savez quoi faire dans les commentaires 😉 Et si vous connaissez d’autres livres sur le même sujet, ça m’intéresse aussi, pensez à partager les titres 🙂

Publié dans Lecture | Tagué , | 2 commentaires