Whatever it Takes

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Il y a quelques temps, j’ai été mise au défi par quelques copinautes (en particulier une, qui se reconnaîtra si elle passe par là 😉 ) de buter quelqu’un. Littérairement parlant, s’entend, je ne vais pas prendre une hache et aller trucider quelqu’un dans la rue, rassurez-vous!

Bon, ça mérite quelques explications, j’imagine ^^

Le forum de psychopathes de fans de Person of Interest que je fréquente (pour ceux qui ne le savent pas encore, PoI est ma série préférée du moment) est un vivier de talentueuses auteures de fanfics, qui m’ont donné envie il y a quelques mois de me lancer à mon tour dans ce périlleux exercice. Une de ces écrivaines a été assez cruelle un jour pour liquider l’ami Finchy, ce que je lui ai vivement reproché vous vous en doutez (ok je l’ai menacée des pires représailles si elle ne le ressuscitait pas vite fait bien fait). Depuis, elle et quelques autres me tannaient pour que je fasse à mon tour preuve de cruauté envers un de nos personnages préférés. Pour couper court à leurs « encouragements » subtils et exaucer leurs souhaits, je me suis exécutée il y a quelques jours, avec une courte histoire située à un moment indéterminé dans l’avenir de la série.

Si vous ne suivez pas la série, vous avez peu de chances de comprendre quelque chose, c’est pourquoi je vous engage fortement à aller visionner les 3 saisons disponibles 😀

Attention SPOILERS jusqu’à la fin de la saison 3.

***

WHATEVER IT TAKES

Shaw posa la tête contre le mur derrière lequel elle s’abritait, la respiration rapide et le cœur battant. Elle essuya la sueur qui coulait sur son visage du dos de la main, ramenant en arrière les mèches de cheveux qui lui tombaient dans les yeux et, d’un même mouvement, vérifiant le chargeur de son arme. Elle serra les dents devant le nombre de balles restantes, soupira et se redressa péniblement. Les coups qui résonnaient sur la porte qu’elle surveillait allaient finir par la rendre folle ! Elle inspira à fond, évacuant toutes les pensées qui parasitaient son esprit, se reconcentrant sur sa tâche.

« Du temps, » songea-t-elle. « Il faut juste que je gagne assez de temps. »

Accablée par la chaleur, elle retira sa veste, grimaçant lorsque sa blessure à l’épaule se remit à saigner. Elle observa rapidement l’étendue des dégâts, puis resserra la bande de tissu qui faisait office de pansement. Elle baissa les yeux sur sa cuisse également ensanglantée. Cette blessure-là au moins ne la faisait plus souffrir. D’ailleurs elle n’avait plus aucune sensation dans la jambe. Pas étonnant, au vu de la mare de sang dans laquelle elle était agenouillée…

Brusquement, les coups dans la porte cessèrent. Elle porta la main à son oreillette.

« Reese, » souffla-t-elle. « Ils arrivent. Je les retiendrai aussi longtemps que je pourrai, mais je suis à court de munitions. Finissez-en et fichez-le camp ! »

La réponse, laconique, lui parvint aussitôt. Elle resserra sa prise sur la crosse de son arme, visa la porte et attendit. Le souffle de l’explosion la projeta plusieurs mètres en arrière. Elle fut rapidement enfouie sous les gravats qui pleuvaient sur elle.

« Ne pas s’endormir, » murmura-t-elle. « Résister, remplir la mission… Leur donner… du temps… »

Des bruits assourdis lui parvenaient dans sa semi-conscience. Elle tenta de se redresser, mais un pan de mur, ce même mur qui était censé lui servir de bouclier, pesait sur sa poitrine.

« Côtes enfoncées, » diagnostiqua-t-elle en silence. « Pneumothorax. »

Soudain, le poids qui l’étouffait disparut. Elle cligna des yeux, éblouie par les lasers rouges qui la visaient. L’ennemi vérifiant si elle était toujours en vie. Un homme – casque, lunettes de protection et gilet pare-balles – apparut dans son champ de vision, braquant un revolver sur son visage. Elle eut un sourire sardonique, la détonation retentit et le noir l’enveloppa.

 

« Qu’est-ce que c’était ? » demanda Finch dans un sursaut.

Il s’était interrompu dans son travail, secoué par l’explosion qui avait fait trembler les murs du bâtiment.

« Ils ont passé la première porte, » répondit Reese de ce ton froid qu’il employait pour tenir les émotions à distance. « Vous en avez encore pour longtemps ? »

Harold ferma les yeux un instant et déglutit péniblement.

« Shaw, » murmura-t-il pour lui-même, avant de se remettre à pianoter sur son clavier.

La douleur familière s’amplifia. Encore une amie qui perdait la vie à cause de lui et de sa damnée Machine. Son regard se glaça un peu plus, tandis qu’il soumettait sa rage, la manipulait et la concentrait en un matériau dur qui viendrait renforcer sa détermination. Il allait faire en sorte que cette mort – ces morts – ne soit pas inutile. Il allait mettre un terme à tout cela. Il remonta ses lunettes, qui ne cessaient de glisser sur son nez à cause de la sueur. Il faisait tellement chaud dans la pièce depuis qu’ils avaient détruit le système de refroidissement de l’installation…

Reese montait la garde près de lui, Finch savait qu’il lui donnerait le temps nécessaire à sa tâche, quoi qu’il en coûte. Jamais hacking ne lui avait donné autant de mal. Ses propres codes lui étaient devenus étrangers maintenant qu’ils avaient assimilé ceux de Samaritain et des autres programmes similaires. La Machine luttait pied à pied pour se préserver, comme blessée au cœur de voir son Admin s’en prendre à elle. Harold devait faire appel à des ressources insoupçonnées de son intelligence, imaginer des stratégies qui n’existaient pas encore, pour venir à bout des défenses de l’entité surpuissante qu’était devenu sa création.

Malgré les obstacles dressés sur son chemin par le programme, malgré les explosions et les coups de feu de plus en plus proches, Finch progressait pas à pas, de plus en plus lentement, difficilement, mais il savait qu’il serait bientôt suffisamment près pour introduire son virus dans le système. La Machine le savait aussi, levant devant lui des défenses de plus en plus infranchissables, puisant de plus en plus profondément dans ses ressources pour l’arrêter.

Les lignes de code défilaient sur l’écran à une vitesse vertigineuse, tandis qu’une porte de plus tombait entre eux et les défenseurs du programme. L’armée de la Machine progressait plus vite que Finch et, pour la première fois, Reese douta que son ami réussisse. Il jeta un coup d’oeil à Root, dont le corps désarticulé gisait à quelques pas. Son habituel sourire halluciné plaqué sur le visage, elle respirait encore, soutenue par la voix qui chuchotait toujours à son oreille. Un mystère qu’ils n’avaient pas pu élucider, une bizarrerie de l’informatique ou un bug miraculeux : la Machine continuait à protéger Finch envers et contre tout, y compris contre elle-même. Et Root, qui n’avait jamais douté de la divinité qu’elle servait aveuglément, n’avait pas hésité à se mettre entre Harold et les balles, lorsque ladite divinité lui avait ordonné de le faire, quelques minutes plus tôt, laissant le temps à Reese d’éliminer la menace.

 

Une autre explosion retentit, une autre porte tomba, la dernière. Il n’y avait plus d’échappatoire.

« Harold, c’est maintenant ou jamais ! » dit Reese calmement.

« J’y suis, » murmura Finch. « Le virus est lancé, ça va prendre un peu de temps. »

« Le temps, c’est précisément ce que nous n’avons plus. Ils sont là. »

« Encore deux minutes et vingt secondes, dix secondes, deux minutes… » comptait Finch.

Reese abattait les agents ennemis avec une régularité toute mécanique, comme s’il suivait un métronome intérieur réglé sur vitesse rapide. Allegro plutôt qu’adagio. Mais sans espoir de venir à bout des hordes qui s’apprêtaient à déferler sur eux.

« Une minute et trente secondes, vingt secondes… » poursuivait la voix de Finch, un murmure au milieu des détonations.

A court de balles, Reese abandonna sa position et rejoignit son ami à l’abri de la dernière rangée de serveurs. Le bouclier ultime, les précieux serveurs que l’armée à leurs trousses avait pour mission de préserver à tout prix, l’unique raison pour laquelle ils avaient survécu jusque là. Une zone protégée, mais encerclée, surchauffée, l’enfer au milieu de l’enfer. Le lieu où tout devait se terminer.

« Harold ? »

Reese avait empoigné la dernière arme qui leur restait. Celle de Fusco – le premier d’entre eux à tomber, victime d’une grenade dès le premier assaut – récupérée sur le cadavre déchiqueté de son ami. Après ça, ce serait la fin. Finch leva les yeux vers son partenaire.

« ça a commencé, ils ne pourront plus l’arrêter. Nous avons réussi ! »

Le soulagement se lisait sur le visage de Finch. Il avait tenu sa promesse, toutes ces morts qui pesaient sur sa conscience, pour absurdes qu’elles aient été, n’étaient pas restées vaines. Reese eut un bref sourire avant de se détourner.

« Alors c’est le moment d’en finir avec la mission, » conclut-il. « Dépêchez-vous de faire vos branchements. »

Finch hocha la tête et entreprit d’assembler les câbles des serveurs et du terminal qui lui avait permis de lancer son virus. Avec le système de refroidissement qui ne faisait plus son travail et son petit bidouillage, il ne faudrait pas lontemps pour provoquer une surcharge électrique. Et si la surcharge ne suffisait pas, les pains de C4 que Reese avait disséminés dans la pièce termineraient le travail.

« C’est fait ! »

Reese tira les quelques balles qui lui restaient sur leurs assaillants et vint s’asseoir près de son ami.

« Cette fois, c’est la fin. Vous voulez le faire ? » demanda-t-il en lui tendant le détonateur.

Les points des viseurs lasers éclairèrent les deux hommes d’une lumière rougeâtre pendant une seconde, puis les coup de feu retentirent. Criblés de balles, ils s’effondrèrent lentement sur le sol, rendant leur dernier souffle de la même manière qu’ils avaient combattu, côte à côte, seuls face au reste du monde. Le détonnateur s’échappa des mains de Reese et roula sur le sol. Un des soldats le ramassa avec un soupir de soulagement, laissant échapper un rire bref.

« C’était moins une, » murmura-t-il, tandis qu’une étincelle attirait son regard. « Et merde ! » cria-t-il.

Jaillissant de tous côtés, les étincelles se multipliaient à vitesse grand V, se propageaient, créant une réaction en chaîne incontrôlable, source d’une explosion qui ne laisserait que des cendres à plusieurs centaines de mètres à la ronde.

Fin

***

Un tas d’autres fanfics sont disponibles sur notre forum si ça vous intéresse 😉

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5 commentaires pour Whatever it Takes

  1. Mamzette dit :

    Bon, alors là, l’enfer. Figure-toi que j’ai commencé la série hier soir, justement après que tu en aies parlé… Résultat, je ne suis pas censée lire ton texte rapport aux spoilers, mais c’est comme me mettre un paquet de Dragibus sous le nez en m’interdisant d’y toucher, c’est inhumain, et je suis très très humaine. J’avoue, j’ai lu un peu. En diagonale. Bon d’accord j’ai tout lu, mais tu écris extrêmement bien et tant pis, les spoilers ne m’ont jamais dérangée 😀

  2. ducotedechezcyan dit :

    Si tu n’as commencé qu’hier, il y a un tas de trucs qui n’ont pas grand sens pour toi là-dedans 😉
    Je suis contente que ça t’ait plu et plus encore de t’avoir donné envie de regarder la série! Que penses-tu de ce que tu as jusqu’ici?

  3. Mamzette dit :

    Tu veux dire, en-dehors de Reese et de son air de ne pas y toucher qui donne très envie d’y toucher? J’ai adoré. Sauf que je n’ai pas pu poursuivre depuis, que je n’en suis qu’au 5ème épisode et que je vais péter les plombs. Ca va se finir en binge watching un de ces jours, je le sens venir…

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