La Princesse de Clèves

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La Princesse de Clèves est un roman historique de Madame de Lafayette. L’auteur est contemporaine de Louis XIV mais situe son histoire à l’époque d’Henri II.

Le prince de Clèves aime son épouse à la folie, mais celle-ci aime le duc de Nemours, qui est aussi amoureux d’elle. Mais la jeune et très belle Madame de Clèves est également très vertueuse et décidée à rester fidèle à son mari. Le roman raconte la lutte menée par son héroïne contre ses propres sentiments tout autant que contre les avances du duc de Nemours.

L’histoire se déroule à l’époque d’Henri II, soit plusieurs années avant la Saint-Barthélémy, dans la 2e moitié du 16e siècle. Autour du roi gravitent d’autres personnages historiques connus: Catherine de Médicis (sa femme), Diane de Poitiers (sa maîtresse), Marie Stuart (la femme du dauphin), etc, qui sont les protagonistes de ce roman.

Madame de Lafayette fait partie d’un groupe littéraire féminin connu sous le nom de Précieuses, qui défendait l’idée que l’amour est éphémère et cause plus de tourments que de joies et qu’il faut donc le fuir et rester fidèle à son mari (on se rappellera qu’à l’époque le mariage n’était pas affaire de sentiments, mais d’intérêts). Bref les Précieuses ne devaient pas rigoler tous les jours. Mais littérairement parlant, le point de vue est intéressant et permet de travailler la psychologie des personnages en profondeur. Ce livre est donc avant tout un manifeste de la Préciosité en tant que mouvement artistique: les valeurs défendues par les Précieuses y sont représentées, les thèmes qui leur sont chers y sont développés et les personnages reflètent tout cela.

Ce livre est avant tout l’histoire d’un amour qui ne doit pas être consommé. Donc on se lamente beaucoup, on se préoccupe de sa réputation et on lance des regards enflammés en rougissant, tout en évitant de rencontrer le duc en tête à tête, des fois qu’on ne serait pas capable de lui résister. Madame de Clèves emploie toute son énergie à se rendre malheureuse, en gros. Et avec elle, les hommes de sa vie. En parallèle, les personnages secondaires et leur comportement plus ou moins libertin servent de contrepoint à notre prototype de Précieuse déterminée à rester vertueuse jusqu’à l’obsession.

Il est difficile de se mettre à la place des héros de ce roman, tant les idées qui y sont exprimées sont éloignées de nous, même si le thème de l’amour impossible reste universel. En ce qui me concerne, j’ai du mal à adhérer à des personnages ou situations aussi masochistes que ceux décrits dans La Princesse de Clèves. Malgré tout, j’ai été intéressée de découvrir ce livre pour plusieurs raisons: il a été écrit par une femme à une époque où les hommes avaient le monopole de la littérature; c’est un courant artistique que je ne connaissais que par la parodie qu’en avait faite Molière dans Les Précieuses Ridicules; c’est à la fois un classique et un roman historique qui a été écrit et qui se passe à deux époques qui m’intéressent, etc.

Le style est exigeant et travaillé. Il n’a pas forcément bien vieilli, mais c’est agréable de lire quelque chose de plus difficile parfois. Par contre, le récit dans le récit dans le récit dans le récit, ça finit par être (très) lourd. Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, j’avoue que par moments c’était assez ennuyeux. Le foisonnement de personnages est un peu excessif et n’est pas vraiment justifié par l’intrigue. Pour finir, il n’est pas facile d’apprécier un roman quand on a du mal à s’identifier un minimum aux principaux protagonistes.

Pour résumer, un roman qui m’a plus intéressée pour la perspective historique et littéraire que par son intrigue et ses personnages. L’expérience en valait la peine, mais ça n’avait rien de transcendant quand même. En prime, la couverture de cette édition est affreuse (heureusement que ce livre d’occasion ne m’a coûté que 60 centimes, sinon j’aurais grincé des dents).

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9 commentaires pour La Princesse de Clèves

  1. J’ai détesté ce bouquin !

  2. mamzette dit :

    Le problème avec ces bouquins, c’est le dilemme universel: tant qu’on lit celui-là, aussi intéressant soit-il, on n’en lit pas un autre qui est peut-être intéressant ET trépidant. Life is a bitch, hein. Expliquant peut-être pourquoi je ne l’ai toujours pas lu: je suis faible.

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