La Princesse invisible #5

gribouilles

Un petit conte sans prétention écrit pour Grande Belette quand elle était toute petite, déjà l’épisode 5 🙂

Pour lire les chapitres précédents: épisode 1, épisode 2, épisode 3, épisode 4.

N’hésitez pas à commenter 😉

***

La taupe enrhumée

Milla était très contente d’avoir retrouvé la bague en pierre de lune du lutin. « J’ai déjà retrouvé le bonnet à clochettes, la ceinture en peau de lézard et la bague en pierre de lune du lutin, » dit-elle à Chow-Chow. « Il ne me manque plus que le sifflet magique. Mais où peut-il bien s’être envolé ? » Mais la petite chouette n’en avait aucune idée.

Le doux Vent de l’Est, qui avait entendu leur conversation, dit à Milla. « Mon frère aîné, le sage Vent de l’Ouest, m’a parlé il y a quelques jours d’un étrange objet qui est tombé sur son territoire en sifflant de la plus étrange des façons. Peut-être était-ce le sifflet magique du lutin… Suis-moi, je vais te montrer le chemin. »

Milla dit au-revoir à Chow-Chow et suivit le Vent de l’Est en grignotant les gâteaux de riz que lui avait donnés son amie. Elle marcha longtemps, longtemps vers l’ouest. Elle n’avait personne à qui parler, car le Vent de l’Est avait rebroussé chemin en arrivant aux frontières de ses terres et elle se sentait bien seule. Lorsque la nuit commença à tomber, Milla s’assit sur une motte de terre au pied d’une colline pour se reposer. Alors qu’elle commençait à s’endormir, une petite voix la fit sursauter. « Que se passe-t-il ? » dit la petite voix. « Qui a fait s’écrouler ma galerie ? » Milla eut la surprise de voir jaillir de terre une énorme taupe très contrariée qui se mouchait dans une gigantesque mouchoirs à carreaux. « Je suis désolée, » dit Milla. « Je ne l’ai pas fait exprès, j’ai cru que je m’asseyais sur une motte de terre. » La taupe regarda tout autour d’elle et prit un air effrayé. « Qui est là ? » demanda-t-elle. « Es-tu un fantôme ? » « NOON ! » s’indigna Milla, qui en avait plus qu’assez d’être prise pour un fantôme. « Je ne suis pas un fantôme, je suis IN-VI-SI-BLE !! » Et elle lui raconta comment elle avait joué un vilain tour à un lutin qui l’avait rendu invisible et comment elle parcourait le monde à la recherche des objets qu’il avait perdus et à quel point elle était fatiguée. La taupe l’écouta très attentivement en se mouchant dans son gigantesque mouchoir à carreaux et lui dit. « Ne t’inquiète pas, je vais t’aider. Je m’appelle Tootie et tu peux venir dormir chez moi pour ce soir. Dès demain matin, nous chercherons le sifflet magique du lutin et tu pourras rentrer chez toi. » Milla accepta avec soulagement l’offre de Tootie et la suivit jusque chez elle. La taupe habitait dans un grand terrier creusé dans la colline, bien calfeutré pour éviter les courants d’air. Il ferma consciencieusement la porte pour éviter les courants d’air, se moucha dans son grand mouchoir à carreaux et offrit à Milla un bol de soupe à la fourmi bien chaud.

Le lendemain matin, alors qu’ils mangeaient leurs tartines de confiture de fourmis, Tootie se moucha dans son grand mouchoir à carreaux et dit à Milla : « J’ai bien réfléchi cette nuit, je crois savoir où est le sifflet magique du lutin. Les autres taupes m’ont parlé d’un étrange objet qui est tombé dans un de leurs trous en sifflant dans le vent. C’est peut-être le sifflet magique. » « Tu as sûrement raison, » dit Milla. « Allons voir ! » « Mais le Vent de l’Ouest souffle très fort, » dit Tootie. « Il y aura plein de courants d’air ! » Milla ne comprenait pas pourquoi la taupe était si affolée à l’idée d’un simple courant d’air. Tootie lui expliqua qu’il était toujours enrhumé à cause des courants d’air dans les galeries et que c’était pour ça que son terrier était si bien fermé, avec une porte qui ne laissait pas passer les courants d’air.

Découragée, Milla se mit à pleurer. « Jamais je ne retrouverai le sifflet magique du lutin, » se lamenta-t-elle. « Je ne pourrai jamais redevenir visible et je ne pourrai pas rentrer chez moi ! » Tootie eut pitié d’elle et lui dit : « Tant pis pour les courants d’air ! Je vais venir avec toi et je te montrerai où est tombé l’étrange objet qui siffle dans les galeries. » Milla sécha ses larmes et elles se mirent en route, dès que la taupe se fût mouchée dans son grand mouchoir à carreaux.

En arrivant, ils rencontrèrent d’autres taupes qui leur expliquèrent que l’objet qui sifflait dans leur galerie leur avait fait tellement peur qu’elles l’avaient enterré et avaient demandé au sage Vent de l’Ouest de souffler si fort qu’un gros arbre tomberait au-dessus pour que plus personne ne puisse s’en approcher. « Qu’allons-nous faire ? », dit Milla. « Jamais nous n’aurons le temps de récupérer le sifflet magique du lutin avant le Vent de l’Ouest ait fait tomber l’arbre ! » « Ne t’inquiète pas ! » dit Tootie. « Car je creuse plus vite que ne souffle le Vent de l’Ouest ! » Les autres taupes se mirent à rire. « Comment pourrais-tu creuser plus vite que le Vent de l’Ouest ? » se moquèrent-ils. « Toi qui a si peur des courants d’air et est toujours si enrhumée ! Les galeries sont pleines de courants d’air, surtout quand souffle le Vent de l’Ouest ! »

Mais Tootie se moucha un grand coup dans son gigantesque mouchoir à carreaux, si fort que le mouchoir faillit s’envoler, et dit aux autres taupes : « Vous verrez que je creuserai si vite que pas un courant d’air ne pourra me rattraper ! » Et elle se mit à creuser, creuser, creuser si vite que les autres taupes durent reculer pour ne pas recevoir la terre dans la figure. Le Vent de l’Ouest avait commencé à souffler très fort et l’arbre au-dessus de la galerie commençait à ployer, ses branches gémissaient et ses feuilles commençaient à tomber. Soudain, alors qu’il allait s’effondrer au-dessus de la galerie, Tootie jaillit triomphalement du trou qu’elle avait creusé, le sifflet magique du lutin soigneusement emballé dans son grand mouchoir pour qu’il ne puisse plus effrayer personne en sifflant. « Tu es formidable ! » lui dit Milla. « Et tu creuses plus vite que ne souffle le sage Vent de l’Ouest ! » Les autres taupes la félicitèrent pour son exploit et promirent de ne plus se moquer de sa peur des courants d’air et de son grand mouchoir à carreaux. Le Vent de l’Ouest, qui était un peu vexé qu’une taupe soit plus rapide que lui, était parti souffler plus loin, mais il avait tout de même promis à Milla de lui montrer le chemin pour rentrer chez elle.

A suivre!

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5 commentaires pour La Princesse invisible #5

  1. mamzette dit :

    C’est normal que je bloque sur la confiture de fourmi? Mais bon, j’adore tes personnages, et je me verrais bien avoir un animal de compagnie appelé Tootie 😀

    • ducotedechezcyan dit :

      Si ça peut te rassurer, Grande Belette avait bloqué aussi ^^
      Et tu adopterais une taupe ou une autre genre d’animal? 😆
      Merci pour ton com 😉

  2. mamzette dit :

    Non, la taupe, c’est moi, si on était deux à se cogner dans les meubles ça poserait problème. Vu que je suis allergique aux chats et que jamais de la vie sur la tête de ma mère je n’adopterais un rat ou un serpent, je me verrais bien avec un vieux toutou ramené de la SPA et surnommé Tootie. A moins de dénicher un panda sympa.

    • ducotedechezcyan dit :

      Il pourra lécher derrière toi la prochaine fois que tu auras des fuites de carottes râpées ou de jus de rosbif 😛

  3. Ping : La Princesse invisible #6 | Du côté de chez Cyan

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