La Femme du Bout du Monde

La Femme du Bout du Monde - Barbara Wood

La Femme du Bout du Monde. De Barbara Wood. Editions Libra Diffusio. 627 pages.

Hannah Conroy, sage-femme diplômée et assistante de son père médecin, quitte l’Angleterre pour émigrer en Australie à la mort de ce dernier. Nous sommes en 1846 et la traversée, pleine de péripéties, va durer 10 mois. Hannah tombe amoureuse pendant le voyage, mais va devoir mener sa propre vie de son côté à Adélaïde, pendant que l’homme qu’elle aime part en expédition à travers le désert australien. L’occasion pour elle de vivre enfin sa vie de femme et de soignante.

Je n’avais jamais entendu parler de ce livre, ni de cette auteure avant ma dernière visite à la médiathèque. Je cherchais un livre en gros caractères (saleté de conjonctivite!), de préférence qui me fasse voyager et traite de la condition des femmes, mais sans être trop « professoral ». Une gentille bibliothécaire m’a conseillé cette lecture et, si je n’ai pas totalement adhéré, je la remercie pour cette sympathique découverte.

Commençons par ce qui m’a dérangée dans ce livre. Tout d’abord, il faut savoir que Barbara Wood donne dans ce qu’on appelle la « littérature féminine », c’est-à-dire que, quoi qu’il se passe au cours de l’histoire, son but ultime est que son personnage principal soit casée à la fin. Et que rien de réellement immoral ne va se passer. L’Amouuuur triomphe toujours de tout avec ce genre de romans. Conclusion: dès le départ, le suspense est absent, on sait comment ça va finir. Et ça malgré les innombrables twists et péripéties peu crédibles qui vont se mettre sur la route des protagonistes. L’Amour triomphe toujours, on vous dit!

Ensuite, comme souvent avec ce genre d’histoire là aussi, il y a de nombreuses facilités. Même quand tout semble fichu, l’auteure va nous sortir un lapin kangourou de son chapeau et tout se résout fingers-in-the-nose. Faut pas pousser, Barbara Wood ne veut pas traumatiser ses lectrices. Les quelques malheureux personnages à qui elle va régler leur compte au fil du roman sont tous des seconds couteaux obscurs dont la personnalité a juste été effleurée ou des « méchants » qui s’étaient mis en travers de la route de l’Amour (on pourrait ajouter Gloire et Beauté à l’Amour, tellement il y a aussi de Gloire et de Beauté pour les héros ^^).

Pour finir, la Moralité avec un grand M règne sur l’ensemble du récit. C’est d’époque, mais la vertu des héros est quand même vertueuse (oui, la vertu est vertueuse, et alors? ^^) au point qu’ils pardonnent tout et restent toujours dans le droit chemin, sauf prétexte ésotérique à la clé.

ça fait quand même beaucoup de points négatifs (enfin pour moi, je sais que je suis loin d’être la cible de ce genre d’histoires). J’ai quand même lu ce livre jusqu’au bout, parce que, malgré les facilités et l’édulcoration effectuée par l’auteur, j’ai apprécié la restitution de l’époque, tant pour ce qui concerne la condition des femmes que ce qui résume (on n’entre quand même pas trop dans le détail) l’avancée de la médecine au 19e siècle (ça fait peur, dans les 2 cas). La description de la société, si elle est assez cliché, est malgré tout intéressante. Et, surtout, j’ai aimé découvrir l’Australie des 1ers temps de la colonisation. Les aborigènes ne sont pas laissés à l’écart, même si leur description, à la limite du bon sauvage (parce qu’il est politiquement correct de prendre le contrepied de l’opinion générale de l’époque du sauvage « tout court »?) frise un peu le racisme à mon avis. Leurs croyances sont tout de même abordées et leur magie tient une petite place, non négligeable, mais bien pratique pour faire avancer les choses.

Bref, une lecture qui n’est pas dénuée d’intérêt, mais qui reste le plus souvent en surface s’agissant de thèmes importants, tout en laissant la part belle à un destin de femme un peu trop facile et à une romance assez basique. Le plus grand point point positif étant que ce livre m’a donné envie d’en apprendre plus sur la colonisation de l’Australie et le contexte médical de l’époque. J’oublierai probablement le reste très vite.

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4 commentaires pour La Femme du Bout du Monde

  1. Madame_Love dit :

    Vive l’Amouuur !!!
    Jolie critique 🙂
    Tu as toujours le mot juste je trouve.

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