Le Chat qui voulait devenir un Super-Héros

gribouilles

J’ai pris un peu de retard dans la rédaction de mes billets, du coup plutôt que faire une pause sur le blog, je me suis dit que j’allais vous proposer une de mes gribouilles. Celle-ci est loin d’être parfaite, mais j’avais pris beaucoup de plaisir à l’écrire du fait que ce sont les Belettes qui m’avaient suggéré l’idée de départ et proposé quelques péripéties en voyant mon chat fuir devant une souris mécanique ^^

N’hésitez pas à commenter, toutes les critiques sont bonnes à prendre pour me permettre de m’améliorer 😉

***

LE CHAT QUI VOULAIT DEVENIR

UN SUPER HEROS

Dans une grande ville aux hauts immeubles et aux modestes pavillons vivait un chat roux et blanc prénommé Arthur. Il avait les yeux verts et de grandes moustaches, une tâche sur le nez et une oreille écornée. C’était un chat de gouttière comme tous les autres, qui passait ses journées à chasser les souris, fouiller les poubelles et guetter les oiseaux. Mais Arthur avait un rêve : il aurait voulu être un super héros.

Lorsqu’il pleuvait et qu’il devait se cacher dans un trou pour ne pas être mouillé, il se disait : « Si j’étais un super héros, je soufflerais sur ces nuages si fort qu’ils s’en iraient pleuvoir ailleurs ! »

Lorsqu’il était poursuivi par le chien qui vivait au coin de la rue, il se disait tout en fuyant : « Si j’étais un super héros, je donnerais un coup de patte sur le nez de ce chien et je l’enverrai valdinguer si loin qu’il ne retrouverait jamais son chemin pour rentrer chez lui ! »

Lorsqu’il se faisait chasser à coup de balai par la concierge de l’immeuble où se trouvaient les poubelles les plus garnies du quartier, il se disait en se faufilant :  « Si j’étais un super héros, je lui prendrais son balai et je le lancerais si haut qu’on le prendrait pour une fusée ! »

Lorsque les souris se cachaient si bien qu’il n’arrivait pas à les trouver, il se disait : « Si j’étais un super héros, mes super-oreilles me les feraient entendre si bien que je n’aurais plus qu’à tendre la patte pour les attraper ! »

Lorsque les oiseaux s’envolaient hors de sa portée en se moquant de lui, il se disait :  « Si j’étais un super-héros, je volerais si vite et si haut que les oiseaux ne pourraient pas m’échapper ! »

Mais Arthur n’était pas un super héros, il n’était qu’un chat de gouttière et il trouvait parfois qu’il avait vraiment une vie de chat ! Quand il faisait vraiment froid, il se serait même contenté d’un coussin confortable dans une maison douillette…

Un matin, alors qu’il faisait consciencieusement sa toilette, perché sur un rebord de fenêtre ensoleillé, il aperçut quelque chose qui tombait d’un arbre. Curieux, il courut voir ce que c’était. Il entendit piailler bien avant d’arriver et se lécha les babines en se disant qu’il allait croquer un oiseau pour son petit déjeuner. L’oiseau n’était pas bien gros, c’était un petit qui venait de tomber du nid en essayant d’apprendre à voler, mais notre matou se dit que c’était mieux que rien. Il allait le manger lorsque l’oisillon lui dit : « Pourquoi veux-tu me manger ? Je ne t’ai rien fait ! » Arthur fut surpris. En général, son petit déjeuner ne lui demandait pas de rendre des comptes avant de se faire dévorer ! « Je suis un chat, » répondit-il. « Tu es un oiseau. Les chats mangent les oiseaux. » L’oisillon se mit à pleurer. « Je suis trop petit, tu auras encore faim, même si tu me manges. » « Peu importe, » dit Arthur.  « Je suis un chat et je suis censé te manger. Que pourrais-je faire d’autre ? » « Tu pourrais m’aider à remonter dans mon nid, tu serais un héros. » A ce mot, Arthur dressa l’oreille. « Un héros ? » « Les héros sauvent les plus faibles qu’eux. Si tu me sauves au lieu de me manger, tu seras un héros. »

Si quelqu’un avait regardé de ce côté à ce moment-là, il aurait assisté à un spectacle extraordinaire ! Il aurait vu un chat prendre délicatement un oisillon dans sa gueule et grimper dans un arbre pour le ramener dans son nid.

Arthur trouvait un peu bizarre de sauver un oiseau au lieu de le croquer, mais il se dit qu’il se rattraperait au déjeuner en croquant deux souris au lieu d’une et il se remit à sa toilette en pensant qu’il était un fabuleux héros.

A midi, notre matou se mit en quête de son déjeuner dans la cave d’une maison vide. Il entendit couiner bien avant de voir la moindre souris. Il s’approcha doucement et aperçut une petite souris grise coincée dans un piège. Il allait la croquer quand elle lui dit : « Pourquoi veux-tu me manger ? Je ne t’ai rien fait ! » Arthur fut surpris. En général, les souris se laissaient croquer sans discuter. « Je suis un chat, » dit-il. « Je mange des souris ! » « Au lieu de me manger, aide-moi à sortir de ce piège ! De toute façon, j’ai très mauvais goût et je te rendrais sûrement malade. Et puis, si tu m’aides, tu seras un héros ! » Arthur dressa l’oreille et réfléchit. Il ne voulait pas être malade d’avoir mangé une souris qui avait mauvais goût, il préférait être un héros.

Si il y avait eu quelqu’un dans la cave à ce moment-là, il aurait vu un spectacle surprenant : un chat en train de libérer une souris et de la porter jusqu’à son trou, car elle avait eu la patte cassée dans un piège ! Arthur était heureux d’être un héros, mais il commençait à se rendre compte que si il continuait à sauver ses repas, il allait mourir de faim…

« Bon, » se dit-il. « Je n’ai pas eu mon petit déjeuner, ni mon déjeuner, j’irai prendre mon dîner dans la poubelle du boucher ! J’espère que les saucisses ne me demanderont pas de les aider à sortir de la poubelle pour retourner sur leur étalage ! »

Arthur passa l’après-midi à se prélasser au soleil sur le toit d’un immeuble en attendant l’heure du dîner. Quand la nuit commença à tomber, il descendit de son perchoir en passant par les balcons et les gouttières et alla se poster derrière la boucherie. Le fils du boucher laissait toujours une poubelle ouverte pour lui et Arthur espérait que ce serait lui qui les sortirait ce soir-là, car il était affamé. Il eut la chance de voir bientôt le jeune Barnabé sortir avec les containers, ouvrir un des couvercles et lui faire un clin d’œil avant de rentrer dans la boutique. Le chat savoura son dîner avec délices et emporta un chapelet de saucisses dans un coin en prévision de son petit déjeuner du lendemain, au cas où un autre oiseau le convaincrait de ne pas le croquer. Après quoi, il s’installa bien au chaud et s’endormit.

Il fut réveillé par un bruit tonitruant qui venait du magasin. « Que se passe-t-il ? » se demanda Arthur. Comme la porte était ouverte, il se faufila à l’intérieur, en espérant qu’il pourrait chaparder un poulet. Tout avait été saccagé dans la boucherie et un homme était en train de vider la caisse. « Mince ! » se dit notre matou. « Si j’étais un super héros, je donnerai une telle raclée à ce voleur qu’il supplierait la police de la mettre en prison pour être à l’abri ! » Mais comme il n’était pas un super héros, il se contenta de se cacher sous un meuble et de regarder.

Le malfaiteur avait terminé de remplir son sac avec tout ce qu’il avait pu y caser et se dirigea vers la porte pour s’en aller. Mais en passant, il marcha sur la queue d’Arthur, qui poussa un horrible miaulement de douleur, si bien que le voleur prit peur et essaya de le faire taire. Bien mal lui en prit ! Fou de rage et de terreur, Arthur s’accrocha à son bras de toutes ses griffes en miaulant de plus belle, tant et si bien qu’il réveilla tout le voisinage. L’homme secouait son bras en hurlant pour se débarrasser de lui, mais le chat tenait bon, trop effrayé pour lâcher prise. Lorsque les voisins arrivèrent, ils assistèrent à un étrange spectacle : un chat ayant arrêté un voleur !

Les policiers arrivèrent bientôt, réussirent à convaincre Arthur de lâcher prise en lui offrant un rôti et passèrent les menottes au voleur atterré avant de l’emmener. Quelle rude journée pour notre matou ! Et maintenant tous les habitants du quartier se chamaillaient pour l’adopter. Pensez-vous ! Un chat qui arrête les voleurs ! Finalement, le boucher fit sortir tout le monde de son magasin. Il s’approcha doucement d’Arthur, qui était encore tout hérissé de peur après toutes ces aventures. Il dit à son fils : « Ce chat est un héros ! Il a sauvé notre boutique ! » « On devrait le garder, P’pa, » répondit Barnabé en faisant un clin d’œil à Arthur.

C’est ainsi qu’Arthur, le chat de gouttière, trouva une maison, avec un coussin bien confortable et n’eut plus jamais besoin de croquer d’oiseau, ni de chasser de souris, ni de fouiller les poubelles, ni même d’être un héros.

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10 commentaires pour Le Chat qui voulait devenir un Super-Héros

  1. spacefilou dit :

    C’est très mignon et la morale est sympa. Toujours aussi bien écrit, aussi. 🙂

  2. Outis dit :

    Tu sembles plus à l’aise pour écrire une histoire aux belettes plutôt que pour Halloween 😛
    C’est très mignon. Et ça me rappelle vraiment les histoires pour enfants qu’on trouve dans les livres. Tu ne penses pas en faire un recueil ?

  3. Systia dit :

    Adorable ♥

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