Les Indes noires

Les Indes noires. De Jules Verne. Editions Le Livre de Poche. 237 pages. (1877)

Ecosse, 19e siècle. 10 ans après la fermeture de la mine de charbon qu’il dirigeait, l’ingénieur James Starr reçoit un message de l’ancien contremaître Simon Ford, l’invitant à revenir pour prendre connaissance d’une découverte importante. Malgré un courrier contradictoire reçu ensuite, Starr se rend à Aberfoyle et descend dans la mine avec Simon et son fils, ce qui leur vaut de s’y retrouver piégés.

Ce livre m’a un peu rappelé Voyage au Centre de la Terre par certains côtés et je dois dire que c’est ce que j’ai préféré dans cette histoire, que j’ai par ailleurs trouvé extrêmement naïve.

Jules Verne, naïf? Je n’aurais pas cru qu’on pouvait lui appliquer ce qualificatif, mais je n’en vois pas de plus approprié s’agissant de la façon dont il perçoit les mineurs et leurs conditions de travail… D’après lui, les mineurs AIMENT leur travail passionnément et les personnes qui les emploient sont bienveillantes, généreuses et à l’écoute. Tous ces gens préfèrent aussi vivre au fond des mines plutôt qu’à l’air libre (c’est vrai, quoi, en haut, il pleut!) et ne mettent jamais le nez dehors. Ils sont pourtant tous en excellente santé et considèrent que 2 jours pour découvrir l’extérieur dans sa globalité, c’est laaaargement suffisant. Je dois dire que j’ai halluciné en lisant certains passages. Manifestement Verne n’avait jamais mis les pieds dans une mine de charbon autrement qu’en imagination (s’il a eu l’occasion de lire Germinal, quelques années plus tard, il a dû avoir un choc).

Evidemment, la partie où il explique scientifiquement comment se forme le charbon et pourquoi c’est une énergie non-renouvelable est nettement plus réaliste. Personnellement, je n’ai fait que la survoler en constatant qu’elle faisait plusieurs pages (je me suis ennuyée au bout d’un paragraphe), mais si vous ne savez rien sur le sujet, c’est instructif.

Au fil du texte, on découvre également le paternalisme typique de l’époque à l’égard des femmes. Bien sûr, ça m’a hérissé, mais un livre du 19e siècle où les femmes sont des individus à part entière disposant d’elles-mêmes, c’est rare, alors j’ai fait avec. ça ne m’a pas empêchée d’éprouver une compassion horrifiée pour le personnage de Nell, qui tombe un peu de Charybde en Scylla à mon avis. La romance m’a semblé tout aussi naïve que la description des mineurs et de leurs conditions de vie, mais a son importance dans l’histoire, alors admettons.

La plume est typique de l’époque, on peut la trouver vieillotte, mais c’est assez fluide et ça se lit bien, même quand les descriptions sont longues. De nombreuses références sont faites à l’histoire et à la littérature écossaises, notamment à travers des citations de Walter Scott.

Dans l’ensemble, cette lecture a été une déception. L’aspect aventures de l’intrigue est bien mené, mais la comparaison avec Voyage au Centre de la Terre (quasi inévitable à cause du contexte) n’est pas à l’avantage de Les Indes noires. Le manque total de réalisme et l’aveuglement de l’auteur concernant la vie des mineurs nuisent considérablement au livre.

En bref, si vous avez envie de lire Verne, je ne vous conseille pas vraiment celui-ci.

A noter que Le Livre de Poche a reproduit dans cette édition  les gravures qui illustraient l’édition originale, ce qui est un plus non négligeable.

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5 commentaires pour Les Indes noires

  1. Nituti dit :

    Alors là je dois avouer que ta chronique m’a refroidi. Je ne commencerais pas ma découverte de Jules Vernes par cette oeuvre.
    J’avais dégoté la collection quasi complète dans une très jolie édition pour 4€ à la Croix Rouge, il y a de cela trois années. Je ne les ai pas encore ouvert. ^^’ Je commencerais sûrement par l’un de ses plus connus avant de me lancer vers l’un de ceux-ci.

    • ducotedechezcyan dit :

      Je crois que si certains sont très connus, ce n’est pas une coïncidence, c’est parce qu’ils sortent clairement du lot.
      Si tu finis par le lire, ça m’intéressera d’avoir ton avis 😉

  2. Ping : Ce que j’ai lu en juin | Du côté de chez Cyan

  3. CristySevla dit :

    Dommage, et je note ta déception pour ce roman. J’ai deux romans de Jules Vernes dans ma PàL, 20 000 lieux sous les mers et L’Île Mystèrieuse, si je ne me trompe pas ^_^

    • ducotedechezcyan dit :

      J’ai souvenir d’avoir lu (et adoré) 20 000 lieues sous les mers étant enfant, j’espère y prendre autant plaisir lorsque je le relirai (il est aussi dans ma PAL) 🙂
      Je te souhaite d’aimer les 2 que tu as 😉

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