Métro 2033

Métro 2033. De Dmitry Glukhovsky. Editions L’Atalante. 653 pages. (2011)

Moscou, 2033. Les survivants d’une guerre nucléaire, réfugiés dans le métro, tentent de survivre dans des conditions plus que précaires. Ils ont rebâti des micro-sociétés qui s’allient ou s’affrontent et doivent faire face aux dangers qui les guettent dans les tunnels. Parce qu’il semble avoir des dons particuliers, une mission spéciale va être confiée à Artyom, pour laquelle il devra traverser le métro.

Résumer ce livre sans trop en dire est difficile, tant son contenu est riche et dense. A la croisée du post-apo, du roman d’aventures, de l’histoire horrifique et de la quête initiatique, l’intrigue nous emmène sur les traces d’Artyom, à la rencontre des mystères du métro et des gens qui le peuplent. Au hasard des errances du héros dans ce monde souterrain sombre et dangereux, on oscille entre espoir et angoisse, action et questions ésotériques.

Je lis très peu d’auteurs russes et je crois que Dmitry Glukhovsky est le 1er auteur russe contemporain que j’ai l’occasion de découvrir. Peut-être est-ce parce que je ne suis pas familière avec cette littérature que j’ai d’abord été déstabilisée par le style: le début de l’histoire se construit sous forme de récits dans le récit. Le procédé est repris régulièrement ensuite, à mesure qu’Artyom rencontre de nouvelles personnes et découvre de nouveaux endroits. Ce n’est pas déplaisant, mais au départ, ça m’a paru un peu confus.

On peut reprocher également au livre de répéter le même schéma et d’user de ficelles un peu grosses pour sortir son héros du pétrin à chaque fois qu’il réussit à s’y fourrer, mais ça se justifie au fil des pages. Du moins, on finit par comprendre et accepter les arguments du narrateur. Les chapitres sont très longs, ce qui pour moi est un point négatif, j’avais l’impression de ne pas avancer dans ma lecture.

Au vu de ce que je viens d’écrire, on pourrait penser que je n’ai pas aimé ce livre. J’ai pourtant beaucoup apprécié ma lecture. L’histoire est très riche et les idées développées par l’auteur sont très intéressantes. La réflexion est poussée et les sociétés décrites sont convaincantes. La partie aventures/action est bien menée. Il y a beaucoup de temps morts qui permettent aux personnages de philosopher un peu et de nous raconter ce qui s’est passé pour qu’on en arrive là. Petit à petit, on reconstitue en partie le puzzle et on s’aperçoit que le monde imaginé par l’auteur est encore plus riche et intéressant que ce qu’on pouvait imaginer.

J’ai cependant été un peu déçue par la fin. Elle est très originale, mais ce n’est pas le genre de conclusion à laquelle je m’attends pour ce genre d’histoire, du coup je suis un peu mitigée. Le point positif est qu’elle permet au roman de se suffire à lui-même. Bien que d’autres tomes suivent, Métro 2033 peut être lu comme un one-shot, ce que je trouve appréciable (d’autant que la densité du livre ralentit considérablement le rythme de lecture). Si j’ai bien compris, Métro 2034 serait un préquel; je le lirai peut-être, mais probablement pas dans un avenir proche.

Une lecture que je recommande si vous appréciez le genre, parce qu’il se démarque des autres romans dystopiques ou post-apo que j’ai eu l’occasion de lire. Si vous l’avez lu, qu’avez-vous pensé de la fin?

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10 commentaires pour Métro 2033

  1. Maks G dit :

    Hello, pour Metro 2034 ce n’est pas un prequel, c’est la suite directe mais nous ne suivons pas les mêmes personnages, tout simplement.
    Pour apprécier encore plus l’expérience, il faut faire les deux jeux vidéo qui on des moments de transitions entre 2033 et 2034, et pour aller plus loin, tu peut t’essayer à lire Vers la lumière et Vers les ténèbres de Andreï Dyakov (sortie récemment en un seul livre regroupant les deux romans sous le titre Les ombres de Post-Petersbourg) qui est/sont dans le même univers et qui est beaucoup plus axé vers l’horreur et l’action.
    Perso il me reste Vers les ténèbres et Metro 2035 à lire (j’attend le poche pour 2035).
    En tous cas oui c’est vrai qu’il y à des défauts dans 2033, c’est indéniable, mais il reste quand même mon roman préféré en imaginaire, je ne peut pas te dire pourquoi, peut être parce que je me suis intéressé aux jeux avant de lire le livre, je sais pas.
    Une chose aussi dans 2033, peut être l’a tu remarqué, il n’y à pas de femmes, ou presque.

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    • ducotedechezcyan dit :

      Merci pour toutes les précisions 😉
      Je ne suis pas gameuse, mais pour les autres titres de la série, je me laisserai peut-être tenter.
      J’avais remarqué l’absence des femmes, je n’ai pas pensé à le mentionner dans mon billet, mais ça m’a dérangée…

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  2. Maks G dit :

    Oui c’est dérangeant, c’est le défaut principal du romans je pense.

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  3. Il est dans ma PAL depuis Livre Paris 😉

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  4. Madame_Love dit :

    Ton avis est très complet 🙂
    Il me donne envie, mais je ne me sens pas de taille face à la densité de l’ouvrage.

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