Des BD en pagaille #44

Batman: L’An Zéro 2e partie. Scénario de Scott Snyder. Dessin de Greg Capullo. Editions DC Eaglemoss Collections. 180 pages. 2014.

Attention, spoilers sur le tome 1!

Suite aux évènements du tome précédent, nous retrouvons Batman aux prises avec le Sphinx et ses énigmes. L’enjeu est de taille: Gotham est sur le point d’être détruite.

Les 2 thèmes essentiels abordés ici sont la confiance et la folie. Les 2 sont inextricablement liées et le récit entremêle les visions du passé et les actions du présent. S’y ajoute la notion très intéressante de punition, de châtiment, et pas seulement en ce qui concerne les méchants. L’intrigue repose en grande partie sur l’évolution de Batman et son incapacité à s’appuyer sur les autres. Il y a donc beaucoup d’introspection et de questionnements, la psychologie du personnage est assez fouillée.

Heureusement, il y a également beaucoup d’action: bastons, explosions, destructions. Mais face à un ennemi comme le Sphinx, il faut aussi se servir de sa cervelle. Les auteurs ont su trouver l’équilibre entre les 2, ce qui donne un album assez palpitant. On ne s’ennuie pas, même dans les phases d’introspection.

Les dessins sont très chouettes. Les traits des personnages sont plutôt fins et il y a  un souci du détail appréciable s’agissant des décors. La ville de Gotham est à l’honneur et reste un personnage à part entière de l’intrigue. Le jeu des couleurs est subtil et change selon l’ambiance, les époques et les personnages dont il est question.

Un très bon tome 2, qui conclut l’histoire en beauté.

***

Superman: Empereur Joker 1e partie. Scénario: Jeph Loeb, J.M. DeMatteis, Mark Schultz, Joe Kelly. Dessin de Ed McGuiness, Mike Miller, Doug Mahnke, Duncan Rouleau, Todd Nauk, Carlo Barberi, Scott McDaniel. Editions Eaglemoss collections et DC Comics. 162 pages. 2000.

Chaque jour, Superman s’évade d’Arkham et chaque jour il y est ramené par Bizarro. Car Superman est considéré comme le criminel le plus dangereux dans ce monde où tout semble inversé.

Les avis que j’avais eu l’occasion de lire sur ce comics étaient assez mitigés, alors je craignais de m’ennuyer un peu, d’autant qu’il y a un 2e tome derrière. Je ne sais pas si c’est parce que j’avais très peu d’attentes, mais j’ai énormément aimé cette lecture 🙂 Il faut dire qu’on est dans l’absurde et que c’est un genre qui fonctionne généralement plutôt bien avec moi.

Déjà le point de départ de l’histoire m’a plu: ça fait très Superman vs De l’autre Côté du Miroir et tous les codes sont bouleversés, ce que j’ai trouvé très intéressant. Ensuite, il y a des trouvailles hilarantes, c’est un peu n’importe nawak et donc super fun, bien que la trame de l’histoire soit tout à fait sérieuse.

Ce qui est dommage, par contre, c’est que le titre spoile totalement le mystère…

Question dessins, j’ai trouvé la qualité variable. ça semble normal vu le nombre de dessinateurs à l’oeuvre, mais c’est un défaut qu’on retrouve dans beaucoup de comics: le manque d’unité occasionné par les styles qui diffèrent selon les auteures. J’ai une préférence pour le travail d’Ed McGuiness et Mike Miller, mais ça c’est affaire de goût personnel.

Une très bonne lecture, que je vous recommande très vivement. J’ai hâte de lire le tome 2 🙂

***

Dark Museum tome 1: American Gothic. Scénario de Gihef et Alcante. Dessin et couleur de Stéphane Perger. Editions Delcourt. 56 pages. 2017.

Fin fond de l’Iowa, 1930. La crise fait rage et la région est dévastée par la sécheresse et par la misère. L’installation d’une fête foraine qui accapare les maigres ressources en eau et en carburant va signer le point de rupture de la population. Pour Lazarus Henkel, désespéré de voir sa famille mourir de faim, c’est la descente aux Enfers qui commence.

Voilà un moment que j’avais repéré cette série dont le concept me paraissait super intéressant: les auteurs imaginent une histoire à partir d’un tableau très connu. Ici c’est l’American Gothic de Grant Wood qui sert de point de départ à l’histoire. Rien à voir avec la véritable histoire de la peinture, avec cette BD on est dans l’horrifique, même si l’intrigue reste plausible (mais très très glauque ^^).

Comme prévu, j’ai adoré le concept. J’ai trouvé fascinant de découvrir ce qu’un tableau aussi connu pouvait inspirer à travers le support de la BD. L’histoire en elle-même vaut la peine d’être lue, indépendamment dudit concept, mais sans cela je ne me serais pas lancée dans un truc aussi glauque, je l’avoue. Soignez prévenu-e-s qu’on est dans le super dérangeant.

J’ai également bien apprécié les dessins, même si ce n’est pas un style qui me plaît particulièrement en général. J’ai trouvé qu’il collait bien au récit. C’est surtout la mise en couleur que j’ai aimée: on joue sur différents camaïeux de couleurs qui donnent le ton en différenciant efficacement les ambiances qui se succèdent au fil de l’histoire.

Une BD à découvrir, sachant qu’il vaut mieux ne pas être trop sensible à cause du côté gore.

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Un commentaire pour Des BD en pagaille #44

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