Les Tribulations d’un Chinois en Chine

Les Tribulations d’un Chinois en Chine. De Jules Verne. Editions Le Livre de Poche. 346 pages. 1879.

Kin Fo est un homme richissime mais qui s’ennuie dans la vie. Alors qu’il est sur le point de se marier, il découvre qu’il a perdu toute sa fortune. A quoi bon vivre pauvre quand on supporte à peine le quotidien en étant riche? Il charge donc son professeur, Wang, de mettre fin à ses jours dans un délai de 2 mois, en espérant que ça lui donnera l’occasion d’éprouver quelques émotions. Mais il s’avère que la nouvelle de sa ruine était fausse. Il se lance donc sur les traces de Wang, accompagné de son serviteur et des gardes du corps envoyés par son assurance.

Mes dernières expériences avec Jules Verne n’avaient pas été des plus concluantes, alors j’appréhendais un peu de me lancer dans cette lecture, je dois l’avouer. Finalement, ce roman, assez court, m’aurait presque réconciliée avec l’auteur.

Il faut dire que l’histoire est globalement plutôt amusante, racontée assez souvent sur le ton de l’ironie. L’auteur raille gentiment ses personnages, à commencer par son héros, qui se retrouve dans une situation pour le moins ridicule. Ses mésaventures prêtent à sourire, tout comme celles vécues par ses compagnons d’infortune. Il se passe pas mal de choses et on voyage beaucoup. La fin est assez prévisible, par contre, Verne le reconnaît d’ailleurs lui-même dans le titre du dernier chapitre.

C’est également l’occasion pour l’auteur de décrire la Chine, ses paysages, ses coutumes. Version clichés vu par un Occidental colonialiste et condescendant, bien sûr, n’oublions pas que nous sommes en 1879 et que les « chinoiseries » sont à la mode, tout comme le paternalisme auto-satisfait de bon ton à l’époque. Donc c’est plutôt la vision que pouvait avoir un Européen de la Chine que la vraie Chine, même si on a sûrement fait pire que la description de Verne.

Le problème de ce livre, c’est que son auteur ne peut pas s’empêcher d’énumérer les éléments les plus divers et de décrire dans le détail tout un tas de choses, tic qui m’avait déjà gênée dans 20 000 Lieues sous les Mers ou Les Enfants du Capitaine Grant. Avait-on besoin de connaître aussi précisément les différentes embarcations croisées par le personnages tout au long de leur périple, par exemple? De tout savoir sur le genre de carriole empruntée par le héros pour se déplacer? J’aurais tendance à penser que non. Les personnages seraient probablement arrivés à bon port, même si je n’avais pas su exactement à quoi ressemblait et comment fonctionnait le scaphandre de « plongée » utilisé à un moment crucial de l’histoire…

En résumé, une histoire plutôt amusante de par l’absurdité de la situation et ce qui en découle, mais un peu plombée par les énumérations et descriptions, trop présentes pour mon goût.

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8 commentaires pour Les Tribulations d’un Chinois en Chine

  1. cassie dit :

    c’est vrai que les énumérations dans 20 000 lieues sous les mers m’avaient assommée, par contre, j’avais adoré Michel Strogoff, j’ignore si tu l’as lu, si ce n’est pas le cas, je te le conseille, aucun ennui pour moi avec ce livre, et une belle histoire 😉

    • ducotedechezcyan dit :

      Je n’ai pas lu Michel Strogoff, il pourrait me tenter si je viens à bout des autres titres de l’auteur que j’ai encore dans ma PAL 🙂
      Merci pour la suggestion 😉

  2. Linley dit :

    Merci. Et ben tu vois, la couverture m’aurait pas fait envie mais là quand même… tu me titilles !!!!

  3. Outis dit :

    Je n’ai vu que le film avec Belmondo.
    Ce livre pourrait-il aussi me réconcilier avec l’auteur. Je vais peut-être testé mais pas tout de suite. J’ai encore les enfants du capitaine Grant en travers de la gorge ^^

    • ducotedechezcyan dit :

      D’après mon souvenir, le film est nettement plus mouvementé ^^
      Le ton est très différent des Enfants du Capitaine Grant. Déjà il y a beaucoup moins de descriptions et d’énumérations (même s’il y en a). Il y a aussi moins de « bons » sentiments et c’est plus amusant. Et le livre est beaucoup plus court, ça aide 😆 Après ça reste du Verne, avec ses qualités et ses défauts, y’a pas de miracle non plus.

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