Les Feux

Les Feux. De Shôhei Ôoka. Editions Autrement, collection Littérature. 263 pages. 1957.

Résumé de l’éditeur: C’est un portrait terrible de la guerre et de ses ravages que nous livre Shohei Ôoka dans ce roman considéré comme un des chefs-d’œuvre de la littérature japonaise de l’après-guerre. Car le drame de Tamura, simple soldat et intellectuel dans le civil, envoyé dans la jungle des Philippines, où il rencontre la solitude, la faim, la peur et finalement sa propre folie, ne concerne pas seulement les Japonais ; ce drame symbolise de manière universelle la tragédie de tous les hommes, soldats ou civils, pris dans l’engrenage d’une guerre dont la logique leur échappe, mais qui finit par les dévorer, marquant à vie ceux qui lui survivent. Tamura n’est pas un « héros » dans le sens traditionnel du terme ; il est bien trop humain pour l’être ou pour le devenir. Ce qui le rend peut-être héroïque, c’est sa quête entêtée et désespérée de l’humain, même quand les choix qui lui sont imposés sont barbares. Portrait minutieux, acéré, sans complaisance, mais plein de compassion, du calvaire et de l’angoisse existentielle d’un être soumis aux pires agressions. « Les feux » sont avant tout une réflexion philosophique sur l’extrême.

J’ai reçu ce livre grâce à la Masse critique Babelio de janvier et aux éditions Autrement, que je remercie pour cette lecture.

Roman autobiographique, Les Feux raconte les errances physiques et morales d’un soldat japonais égaré, dans tous les sens du terme, sur une île des Philippines. L’histoire débute après la Bataille de Leyte, entre les Japonais et les Américains, épisode sanglant, comme tant d’autres, de la 2e Guerre mondiale dans le Pacifique.

Dans l’île en proie à la guerre et au chaos, le soldat Tamura, malade, affamé, seul, traumatisé, déroule ses réflexions et ses pensées avec une logique plus ou moins délirante. C’est dur, c’est terrible, c’est impensable et c’est humain. Les horreurs de la guerre ne nous sont pas épargnées, certains épisodes sont très difficiles à lire. Pourtant c’est prenant, je n’arrivais pas à lâcher mon livre.

La plume est fluide, simple ou dense selon ce qui est raconté, mais toujours ciselée à la perfection, en totale adéquation avec le récit. Les images utilisées sont marquantes et efficaces. On sent les déchirements intérieurs du narrateur tout autant que ses souffrances physiques. Le parcours retracé ici, halluciné et apocalyptique, n’est pas facile à lire et en même temps je ne pouvais pas m’arrêter. J’ai été fascinée par ce côté halluciné, par l’absence de frontière entre la réalité et les visions de Tamura.

Une lecture qui laissera son empreinte.

A noter que cette édition propose une préface non-spoilante (pour une fois!) et très intéressante qui expose le contexte et présente brièvement l’auteur.

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3 commentaires pour Les Feux

  1. Linley dit :

    Ah ça m’intéresse. Merci !

    J'aime

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