Les Enfants du Printemps

Les Enfants du Printemps. De Wallace Thurman. Editions Mémoires d’Encrier. 276 pages. 1934.

Résumé de l’éditeur: Il s’en passe des choses au nord de Manhattan, en ces années d’après-guerre. Le blues a envahi les têtes et les corps, les hommes et les femmes ont soif de liberté et de mauvais gin. Raymond Taylor, un écrivain à l’ambition débordante, habite avec ses amis artistes dans un immeuble de Harlem qu’ils ont baptisé le manoir Niggeratti. Mais que faut-il pour écrire un chef-d’œuvre ? Œuvre à la fois puissante et effarouchée, pleine de bruit et de fureur, débordante d’un mélange d’enthousiasme et de cynisme, qui ravage tout sur son passage, « Les enfants du printemps » se lisait et se lit encore aujourd’hui comme on prend une douche froide : pour dégriser. 

J’ai reçu ce livre grâce à la Masse critique Babelio de septembre et aux éditions Mémoires d’Encrier, merci à eux pour cette lecture 🙂

L’intrigue se déroule pour l’essentiel dans un immeuble de Harlem où vivent des artistes Noirs, au début des années 1930. L’arrivée d’un étudiant suédois dans ce cercle fermé permet au lecteur d’entrer dans cet univers fait de discussions plus ou moins désabusées, de tentatives artistiques avortées pour la plupart et de relations humaines compliquées. On est en pleine « Renaissance de Harlem », mouvement artistique et littéraire dont je n’avais jamais entendu parler et que je suis bien contente d’avoir eu l’occasion de découvrir grâce à cette lecture.

Par certains aspects, ce livre m’a rappelé un peu le Sur la Route de Kerouac (ce qui ne serait pas forcément un compliment, vu que j’ai détesté ce bouquin): les personnages vivent dans une atmosphère bohême et, s’ils ne voyagent pas comme les héros de Kerouac, leurs habitudes autour de l’alcool et des femmes se ressemblent un peu. Ils analysent également beaucoup leurs idées et expriment beaucoup de désaccords quant à leur vision de ce que devrait ou pas être un artiste Noir, du fait qu’il est Noir. J’ai trouvé les réflexions à ce sujet très intéressantes.

Les personnages en eux-mêmes ne sont pas forcément très sympathiques ou attachants, mais ça ne nuit pas au propos. C’est tout une époque et son ambiance qu’on découvre ici, à travers un classique que j’ai trouvé très contemporain dans les sujets qu’il aborde (ce qui n’est pas vraiment rassurant pour nous, en 90 ans, l’évolution de la société n’a pas été vraiment fulgurante sur certains sujets…).

Le roman est suivi d’un dossier sur la Renaissance de Harlem. J’avoue l’avoir simplement survolé, l’ayant trouvé un peu trop didactique après m’être sentie immergée dans le récit original.

Une lecture intéressante et instructive, même si le roman en lui-même ne me semble pas inoubliable. A découvrir par curiosité pour le sujet et l’époque.

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