Le Tour d’Ecrou

Le Tour d’Ecrou. De Henry James. Editions Grands écrivains. 190 pages. 1898.

Au cours d’une soirée de Noël, un homme fait à ses amis la lecture d’une longue lettre dans laquelle une de ses connaissances raconte une histoire de fantômes qui lui serait arrivée: une jeune gouvernante est envoyée à la campagne pour assurer l’éducation de deux enfants. Elle va se retrouver confrontée à des phénomènes étranges.

On est ici dans le fantastique dans sa définition la plus stricte. Tout au long du récit, le doute subsiste: sommes-nous réellement face à des phénomènes surnaturels ou la parole de la narratrice doit-elle être mise en doute? Parfois on a l’impression que son témoignage est fiable, mais à d’autres moments elle semble tellement exaltée, voire hystérique, qu’on a du mal à croire à ce qu’elle raconte.

La tension monte au fil du récit, les évènements s’enchaînent, plus inquiétants les uns que les autres, et on se demande comment l’auteur va bien pouvoir réussir à se dépatouiller de son intrigue. Réponse: de façon très abrupte, trop pour mon goût considérant à quel point la mise en place a été longue…

Je ne sais pas à quoi je m’attendais en ouvrant ce livre, mais en le refermant j’étais plutôt déçue. La narratrice m’a exaspérée: indécise, plutôt incompétente, surexcitée, mais complètement passive, elle ressasse sans cesse son inquiétude, mais n’entreprend rien pour essayer d’arranger les choses. L’image qu’elle renvoie est celle d’une tête de linotte sans aucune jugeote. Les enfants sont assez bizarres, mais comme on n’est pas sûr-e-s de pouvoir se fier à ce qu’on nous dit, il n’est pas vraiment possible de se faire une idée claire. Bien sûr, c’est le genre qui veut ça, mais comme on n’a  jamais vraiment de réponse claire aux questions qu’on se pose, c’est à nous de décider si on est face à une vraie histoire de fantômes ou face aux élucubrations d’une folle.

La plume est agréable, c’est très bien écrit (et bien traduit) et l’ambiance est réussie, même si à aucun moment je n’ai frissonné. Mais au vu du contenu, ça m’a semblé excessivement long, on tourne beaucoup en rond et ça devient vite répétitif. La rapidité de la fin en est d’autant plus frustrante.

Ma lecture a également pâti du fait que je lisais en parallèle Jane Eyre et que la comparaison avec Charlotte Brontë n’est clairement pas à l’avantage de Henry James.

Une lecture franchement mitigée, même si c’est toujours intéressant de découvrir un classique. Si vous l’avez lu, ça m’intéresserait d’avoir votre avis dessus, j’ai vraiment l’impression d’être totalement passée à côté…

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7 commentaires pour Le Tour d’Ecrou

  1. Je ne lis que de mauvais avis ou des avis mitigés sur ce roman dont la lecture finit par me tenter de moins en moins, car si le fait de ne pas frissonner ne me dérange pas, les têtes de linotte, je n’y arrive plus…

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  2. Lynley dit :

    La comparaison avec Jane Eyre… forcément… c’est rude ! 😂

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