Des BD en pagaille #68: merci le calendrier de l’Avent Delcourt!

Les Métamorphoses 1858 tome 1: Tyria Jacobaeae. Scénario d’Alexie Durand. Dessin et couleurs de Sylvain Ferret. Editions Delcourt, collection Conquistador. 61 pages. 2019.

Stanislas Andrzej, détective amateur et inventeur, aidé de son colocataire médecin, mène l’enquête dans Paris pour retrouver un jeune couturière disparue.

On est dans le steampunk glauque, avec des meurtres bien cracra et des sociétés secrètes, ça lorgne pas mal du côté de Sherlock Holmes et Jules Verne, mais avec beaucoup d’action. Les auteurs s’attachent également à être très précis sur l’aspect historique, ce qui est un gros plus et contribue à nous embarquer dans l’ambiance.

Les dessins m’ont beaucoup plu, même si j’ai quelques réserves sur certaines planches. Il y a beaucoup de détails, notamment dans les décors, les costumes et les technologies steampunk.

J’ai adoré ma lecture et je compte me procurer l’ensemble de la trilogie dans un avenir proche, j’ai hâte de lire la suite. Si vous aimez le genre, n’hésitez pas, c’était assez palpitant, même si pas forcément inédit sur certains points.

***

Sangre tome 1: Sangre la Survivante. Scénario de Christophe Arleston. Dessin d’Adrien Floch. Editions Soleil. 52 pages. 2016.

La jeune Sangre a été témoin du massacre de toute sa famille par les Ecumeurs. Dix ans plus tard, s’étant découvert un pouvoir particulier, elle est prête à exercer sa vengeance.

C’est de la fantasy à la Arleston, c’est-à-dire que ça ressemble à ses autres séries dans les thèmes, dans l’évolution de l’intrigue, le genre de personnages et les femmes en petite tenue…

J’ai apprécié que l’héroïne ne soit pas manichéenne et qu’elle ne soit pas parfaite (elle bégaie), il y a quelques idées intéressantes et globalement c’est bien mené, on ne s’ennuie pas et ça se lit facilement.

Les dessins sont plutôt sympas aussi, ça ressemble un peu à l’univers de Lanfeust dans les paysages et le traitement des protagonistes, mais avec une patte différente dans le trait. Par contre ça me dérange que tous les prétextes soient bons pour dénuder les personnages féminins, à croire que les auteurs sont des ados boutonneux en chaleur et frustrés.

Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ma lecture, mais Arleston fait du Arleston et moi j’ai l’impression d’avoir fait le tour de ce qu’il a à proposer depuis longtemps, c’était du déjà-vu à 90%. Si vous aimez le genre, n’hésitez pas. Pour ma part, je m’en tiendrai probablement à ce premier tome.

***

L’Odyssée de Pénélope tome 1: Premier Chant. Scénario de Bernard Swysen. Dessin de Christian Paty. Editions Soleil. 48 pages. 2020.

Homère s’est planté: en fait Ulysse est rentré directement à Ithaque, pendant que Pénélope était partie à sa recherche. C’est elle qui a vécu toutes les aventures attribuées à son mari pendant qu’il essayait de ne pas épouser toutes ses prétendantes.

Vous l’aurez compris, cette BD est une réécriture de L’Odyssée, avec pour héroïnes la reine Pénélope et ses copines, qui se sortent par elles-mêmes des embûches originellement rencontrées par Ulysse.

L’histoire est la même, c’est juste que les solutions trouvées ne le sont pas tout à fait. Peut-on parler pour autant de réécriture féministe? Pas vraiment. Parce que même si on se place d’un point de vue féminin très éloigné de la véritable Grèce antique, on n’échappe pas à quelques éléments sexistes, sous couvert de faire de l’humour. Comme on fait aussi de l’humour sur le dos des hommes, ça passe, mais comme c’est très cliché, ce n’est pas forcément aussi drôle que les auteurs se l’imaginent. On est dans la parodie, mais le détournement est globalement plutôt bien fait, il y a des idées très funs et la résolution des problèmes sont originales.

Le dessin est sympa, il y a un effort pour différencier les décors et les traits des personnages, même quand il s’agit de figurants. Les couleurs sont vives et se marient bien au genre de la BD.

Une lecture sympa et distrayante, mais pas inoubliable. Dans le genre réécriture humoristique de cette légende, j’avais préféré L’Iliade et l’Odyssée d’après Homère de Soledad Bravi, qui était plus subtile et surtout que j’avais trouvée beaucoup plus drôle.

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6 commentaires pour Des BD en pagaille #68: merci le calendrier de l’Avent Delcourt!

  1. Super dommage pour Sangre la Survivante, mais les tenues légères des femmes m’ont déjà bien assez gavée dans Ekhö !
    Si je la trouve en médiathèque, je testerai bien L’Odyssée de Pénélope en gardant à l’esprit un certain manque de finisse dans l’humour.

    Aimé par 1 personne

  2. Je note Les métamorphoses 1858 ; ce que tu dis de l’univers me fait penser que je peux grandement aimer ^^ !

    Aimé par 1 personne

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