Ces livres que je n’ai jamais pu terminer #11

Parasites. De Murakami Ryû. Editions Philippe Picquier poche. 398 pages. 2000.

Uehara est un jeune homme souffrant de troubles mentaux qui vit en reclus. Persuadé qu’un ver vit dans son corps et est responsable de ses pulsions violentes, il entre en contact avec une mystérieuse entreprise qui encourage son délire.

La quatrième de couverture explique que ce roman contient plus que ces quelques faits, mais je me suis arrêtée après une centaine de pages et je n’en sais pas plus que ce bref résumé.

J’avais trouvé ce roman dans une boite à livres et j’avais été intriguée parce que ç’avait l’air très bizarre ^^ Alors, bizarre, ça ne l’était pas tant que ça, sachant qu’il est question de troubles mentaux. C’est ce qui m’a plus dans ce que j’ai lu: compte tenu de la condition du protagoniste, on ne sait pas ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. C’est un thème qui me plaît beaucoup et j’avais bon espoir d’apprécier ma lecture. Les deux premiers chapitres étaient plutôt encourageant. Mais l’auteur m’a perdue dans le 3e chapitre avec des explications scientifiques d’une part (je me suis complètement enlisée à partir de ce moment) et d’autre part avec la description des activités masturbatoires de son héros. J’ai commencé à m’ennuyer et à perdre le fil de ce que le lisais. Quand je me suis aperçue que j’avais relu plusieurs fois la même page et que je n’avais aucune idée de ce qu’elle racontait, j’ai préféré laisser tomber.

Dommage, mais je pense essayer de lire d’autres titres de l’auteur par curiosité pour son oeuvre. Si vous en avez à me conseiller, vous savez quoi faire dans les commentaires 😉 Et si vous l’avez lu, votre avis m’intéresse d’autant plus que je n’ai pas su apprécier cette lecture.

***

Nouvelles des Siècles futurs. 80 Histoires de Science-Fiction réunies et présentées par Jacques Goimard et Denis Guiot. Editions Omnibus. 1253 pages. 2004.

Cette anthologie propose un panorama non-exhaustif, mais supposément représentatif de la SF de la fin du 19e siècle au début des années 2000.

J’avais choisi cette anthologie pour la consigne de septembre du challenge Objectif du mois, qui était de lire un livre ayant plusieurs auteurs. Vu l’épaisseur de ce livre, j’étais dubitative quant à ma capacité à le terminer dans les temps, mais j’avais bon espoir de passer un moment agréable avec ces nouvelles, même si le format n’était pas mon préféré.

J’ai finalement abandonné ma lecture un peu avant d’arriver à la moitié, après m’être longtemps accrochée. Premier point de déception: le titre laisse penser que les nouvelles vont se dérouler dans l’avenir, ou à tout le moins dans l’avenir des auteurs qui les ont rédigées. Or certains des textes choisis en sont très éloignés. Dans au moins un cas (la nouvelle de Christopher Priest, La Tête et la Main), je n’ai même rien vu qui se rapporte à la SF…

Ensuite, question parité, on repassera: sur 80 nouvelles, seules 8 ont été écrites par des femmes. Dans la préface qui explique la notion de science-fiction et même celle de nouvelle, seule l’oeuvre de Marion Zimmer Bradley est brièvement mentionnée, sans toutefois que le nom de l’autrice le soit. Pour les anthologistes, la SF semble commencer avec Jules Verne. De Mary Shelley et son Frankenstein, aucune trace. Et si la production littéraire du genre semble essentiellement masculine dans les rayons des librairies encore aujourd’hui, ce n’est certainement pas cette anthologie qui nous permettra de découvrir plus d’autrices, pourtant elles sont nombreuses à travailler sur ce genre.

Mais ce qui m’a finalement incitée à abandonner ma lecture, c’est le fait que peu de nouvelles m’ont réellement marquée. Sur la quarantaine que j’ai lues, j’en retiens une petite poignée seulement. Air froid de Lovecraft m’a plu, mais m’a rappelé l’oeuvre de Shelley et ça m’a d’autant plus frustrée que celle-ci ne soit pas du tout citée. La Maison biscornue de Robert Heinlein était très intéressante, mais a le défaut de s’ouvrir sur des explications géométriques qui m’ont totalement perdue et d’être extrêmement sexiste (c’est d’ailleurs le cas pour beaucoup des nouvelles sélectionnées ici). L’Oeuf et les Cendres de Frank Herbert était bien menée et sa chute était très bonne. Le thème de la nouvelle a été beaucoup réutilisé en SF depuis, mais c’était une bonne histoire. Je ne garde en mémoire la nouvelle de Christopher Priest citée plus haut que parce qu’elle m’a particulièrement traumatisée et si vous êtes sensible, je vous la déconseille très vivement. Celle qui m’a réellement marquée et que j’ai trouvé la plus intéressante est Processus de A.E. Van Vogt.

Dans l’ensemble, la plupart des nouvelles ont pour base une idée intéressante, mais le format m’a donné l’impression que, dans la majorité des cas, cette idée n’était pas assez approfondie et donc aurait mérité d’être mieux exploitée.

Je tire une leçon  de cette abandon: le format nouvelles, à de très rares exceptions, n’est pas fait pour moi. J’en ressors le plus souvent insatisfaite, que ce soit pour le contenu ou pour le fait que ça brise mon rythme de lecture. Je vous recommande néanmoins ce livre si le format ne vous pose pas de problème et que l’évolution de la SF vous intéresse. Et je compte sur vous pour me dire si certaines nouvelles de cette anthologie valent la peine que je m’y replonge selon vous 😉

***

Demain les Loups. De Fritz Leiber. Editions Presses pocket, collection Science fiction. 280 pages. 1978.

La peur de la bombe atomique a poussé la plupart des humains à se réfugier sous terre et à se fier à la science pour survivre.

Le point de départ est intéressant et le résumé de l’éditeur m’avait donné très envie de découvrir ce livre. Le hic étant qu’on est dans de la SF « à concept » et que donc les personnages ne sont là que pour servir l’histoire. Ce qui a été un premier point négatif pour moi: j’ai besoin d’accrocher aux personnages pour me sentir concernée par ce qui se passe. Même pas de les aimer, mais de les trouver suffisamment intéressant pour que ce qui leur arrive ne m’indiffère pas complètement. Ensuite, 2e point qui m’a gênée: je croyais lire un roman, or j’ai découvert qu’il s’agissait de nouvelles de la pire façon qui soit: en arrivant à la fin de la première d’entre elles. J’ai malgré tout commencé la lecture de la suivante, pour découvrir une histoire se déroulant beaucoup plus tard dans le même univers et de nouveaux personnages dont le sort m’était tout aussi indifférent que celui des précédents. Je ne prenais aucun plaisir à ma  lecture, je me suis donc arrêté là.

Je n’ai pas abandonné ma lecture parce que je trouvais que c’était mauvais, je pense que ce livre est un bon livre: il développe des idées très intéressantes, de façon intelligente. Dans le format et le concept du recueil, ça ressemble un peu aux nouvelles écrites par Asimov, il y a une critique de notre société et une vision pessimiste de notre avenir, avec une dénonciation des dérives de la science et de la technologie à outrance. Ce n’est juste pas ce que j’aime lire, ni dans le format (les nouvelles), ni dans la forme (les personnages en tant qu’outils pour construire l’histoire). Quand à la plume, elle m’a également laissée indifférente, même si j’ai apprécié certaines touches d’ironie. Je l’ai trouvée typique du genre et de l’époque d’écriture.

Bref, ce n’était pas ce que j’avais envie de lire, mais si vous appréciez le genre, n’hésitez pas, c’est un bon cru 😉

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5 commentaires pour Ces livres que je n’ai jamais pu terminer #11

  1. Dommage pour le premier parce que la thématique des troubles mentaux est intéressante, mais la direction prise par l’auteur semble déconcertante…

    Aimé par 1 personne

  2. Madame_Love dit :

    Comme on dit, les prochaines lectures seront sans doute meilleur.
    Pour ma part, j’évite les auteurs japonais qui partent toujours dans des délires où je ne m’y retrouve pas.
    J’aimerais bien que quelqu’un vienne me voir et me dise : « J’adore le format nouvelle ». Je n’en ai jamais rencontré. C’est vrai que parfois il y a de beaux textes mais je trouve que lire un recueil est très rébarbatif, cette profusion d’histoires et de styles.

    Aimé par 1 personne

    • ducotedechezcyan dit :

      Je l’espère aussi, merci 😉
      J’ai plutôt aimé les romans japonais que j’ai lus jusqu’ici et en fait dans celui-ci les délires bizarres étaient ce qui m’avaient incitée à choisir ce livre ^^ C’est la partie qui visait à expliquer les trucs bizarres qui m’a perdue, finalement 😆
      Il y a suffisamment de gens qui aiment les nouvelles pour que les maisons d’édition continuent à en publier, en tout cas 😛 Et heureusement il y a des exceptions, par exemple j’adore celles de Léa Silhol 🙂

      Aimé par 1 personne

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