Le Chant du Bison

Le Chant du Bison. D’Antonio Perez Henares. Editions Hervé Chopin. 496 pages. 2021.

Résumé de l’éditeur: Il fut un temps où deux espèces humaines coexistaient sur terre : Homo sapiens et Néandertaliens. Que s’est-il passé pour que l’une d’elles disparaisse ?

Chat-Huant est encore jeune lorsqu’il voit arriver dans sa grotte celui que l’on surnomme l’Errant, que tout le monde craint et respecte. La solitude du petit garçon et son intelligence poussent le grand homme à l’emmener avec lui dans son long périple.

Un voyage initiatique commence alors pour le jeune Homo sapiens, qui découvre de nouvelles contrées, de nouveaux horizons, de nouveaux clans, leur art, le pouvoir des femmes… Il va aussi s’approcher de la vallée des Premiers Hommes où vivent Terre d’Ombre et les Néandertaliens.

Mais alors que les Lunes de glace deviennent de plus en plus rudes, alors que chaque nuit est une occasion de mourir, Chat-Huant et Terre d’Ombre comprennent qu’ils ne vont pas avoir d’autre choix que celui de s’affronter pour tenter de survivre.

Extraordinairement documenté, Le Chant du Bison est aussi un roman d’amour et d’aventure au temps de la dernière glaciation. Best-seller en Espagne dès sa sortie, Le Chant du Bison est particulièrement actuel, mettant en lumière les valeurs écologistes et féministes de nos ancêtres néandertaliens.

J’ai pu lire ce livre grâce aux éditions Hervé Chopin, merci Agnès pour cette lecture 🙂

Ce livre m’a donné envie pour deux raisons. La première est que je me suis aperçue que je lisais peu ou pas d’auteurs hispanophones, je me suis dit que je passais sûrement à côté de beaucoup de livres intéressants. La seconde: un roman préhistorique! A part la série des Enfants de la Terre de Jean M. Auel, qui date de très longtemps, je n’en connaissais aucun.

Le gros point fort de ce roman est qu’il s’appuie sur les dernières découvertes archéologiques et anthropologiques (et corrige donc au passage les nombreuses erreurs qu’avait faites Auel, qui s’appuyait sur les connaissances incomplètes qu’on avait du sujet dans les années 1980). Même s’il reste d’innombrables incertitudes et que toutes ces découvertes sont sujettes à interprétation de la part des scientifiques, ça permet à l’intrigue d’être relativement réaliste et crédible. Nos lointains ancêtres n’avaient probablement pas les préoccupations que leur attribue l’auteur, ou pas toutes, mais en tant que lecteurs et lectrices du 21e siècle, nous ne pourrions sans doute pas les appréhender de toute façon.

L’auteur prend le temps de développer précisément le quotidien de ses personnages, de la façon dont ils chassent (et pour le coup, là, c’était un peu trop précis pour moi) à celle dont ils se mettent (ou pas) en couple. Il y a de nombreuses notes de bas de pages qui citent les découvertes sur lesquelles il s’est appuyé pour tel ou tel aspect de son récit. Il y a également une carte en début de roman qui montre les sites archéologiques dont il parle et où se déroulent les évènements. A quelques reprises, l’auteur nous signale les rares occasions où il s’est laissé aller à des licences littéraires: pour le plaisir d’intégrer à son livre des éléments intéressants, il a ajouté à son récit des détails appartenant en fait à des époques antérieures ou postérieures à celle à laquelle vivent ses personnages.

On est avant tout dans un récit d’aventures à tendance survivaliste, les protagonistes devant affronter de nombreuses difficultés pour échapper aux divers dangers qui les menacent, que ce soient les nombreux prédateurs avec qui ils partagent leur environnement, le risque de famine ou la baisse de la natalité, pour ne citer que ces exemples. Dans l’ensemble, c’est assez palpitant, bien que parfois on ne sache pas trop s’il y a un véritable fil rouge ou si le roman est juste un prétexte pour instruire les lecteurs sur l’époque.

Il y a quelques points négatifs à souligner. J’ai trouvé la prise en main un peu difficile. La première cent-vingtaine de pages a failli me perdre. Malgré la présentation des personnages au début, j’ai souvent été perdue: les peuples ont plusieurs noms, tout comme les protagonistes, et on ne les désigne donc pas toujours sous le même. A un moment, le roman est devenu assez palpitant pour me faire dépasser ce stade, mais au départ c’était un peu compliqué de s’y retrouver.

Mais ce qui m’a vraiment ennuyée avec cette lecture, c’est la façon dont l’auteur traite le sujet du viol. J’ai eu l’impression qu’il nous disait qu’il n’y avait pas de quoi en faire un drame, ce qui m’a profondément dérangée. Le fait de situer son roman à l’époque préhistorique n’est pas une raison pour aborder ce sujet de façon si désinvolte. Surtout qu’il n’y a aucune preuve scientifique pour étayer cette vision des hommes préhistoriques. Pour vous donner un exemple: à une fillette qui subit des viols collectifs répétés, une autre femme explique que si elle se laissait faire sans  se plaindre, ses agresseurs finiraient par se lasser. Pardon?!

Malheureusement, cet aspect a un peu gâché une lecture qui, pour le reste, était extrêmement intéressante et instructive. Je recommande si le sujet vous tente, mais sachez que certains points du récit sont très violents et peuvent heurter les personnes sensibles.

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3 commentaires pour Le Chant du Bison

  1. Lynley dit :

    Nan mais sérieux !!! La fin m’a dégouté !

    Aimé par 1 personne

  2. Ping : L’Homme préhistorique est aussi une Femme | Du côté de chez Cyan

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