Le Mythe d’Arthur

Le Mythe d’Arthur. Des Bardes celtes à la Culture de Masse. De Hervé Dumont. Editions Presses polytechniques et universitaires romandes, collection Savoir suisse. 158 pages. 2019.

Résumé de l’éditeur: La saga de la Table Ronde avec ses héros, le roi Arthur et son épouse Guenièvre, Merlin l’enchanteur, Lancelot, Perceval à la quête énigmatique du Graal, hantent l’imaginaire occidental depuis plus de mille ans. C’est le plus colossal ensemble mythique de la littérature européenne, il concerne tout le monde celtique, l’ancienne Helvétie comprise (le 1er août était jadis la fête du dieu solaire Lug, célébré par des feux et de grandes assemblées).
Arthur s’est imposé comme le modèle incontesté d’un idéal chevaleresque, malgré les multiples travestissements ou instrumentalisations que lui ont fait subir au fil des siècles politiciens, écrivains, philologues, peintres, musiciens et aujourd’hui cinéastes. L’acculturation du mythe s’accélère de manière exponentielle avec l’arrivée de la culture de masse, miroir singulièrement révélateur de notre époque.

J’ai reçu ce livre grâce à la Masse critique Babelio de février et à la collection Savoir suisse, merci! 🙂

Ce court essai propose une analyse de l’évolution des légendes arthuriennes et de la façon dont elles ont été perçues au fil du temps, suivie d’un glossaire et d’une bibliographie. On passe de la légende originelle telle qu’elle a été retranscrite par les moines chrétiens des premiers âges, c’est-à-dire déjà modifiée, à ses divers avatars jusqu’à notre époque.

C’était extrêmement intéressant de découvrir ce qu’on sait des divers mythes celtes, mais aussi comment ces mythes ont été récupérés à toutes les époques, dans des buts totalement différents, chaque génération ou presque se les réappropriant.

L’analyse que fait l’auteur de ces récupérations successives était passionnante et m’a ouvert de nombreuses perspectives. Cependant, j’ai déjà lu beaucoup sur le sujet, suffisamment pour ne pas être d’accord avec toutes les conclusions qu’il en tire. Là où il regrette que les mythes d’origine aient perdu leur sens et leur substance au fil du temps, je considère que ce sont ces évolutions successives qui leur ont permis de parvenir jusqu’à nous. D’autre part, il me semble que, si on ne peut pas comprendre complètement le sens que leurs donnaient les hommes qui les ont imaginés, ce qui est parvenu jusqu’à nous peut continuer à nous émerveiller.

A savoir que le texte est assez pointu et ne s’adresse pas à un public de néophytes. Il vaut mieux avoir déjà lu sur le sujet avant d’aborder cet essai (il ne suffit pas d’être fan de Kaamelott pour suivre ^^). N’oublions pas qu’il s’agit d’un éditeur qui publie des recherches universitaires.

Bref, une lecture très intéressante, qui permet d’apprendre beaucoup et de se poser pas mal de questions sur le sujet, mais qui manque un peu de recul sur certains points selon moi (oui, la culture populaire est aussi de la culture).

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4 commentaires pour Le Mythe d’Arthur

  1. Je pensais ajouter l’essai à ma wish list, mais vu ta mise en garde, je vais m’en abstenir à moins d’avoir la chance de le trouver à la médiathèque. Lisant peu d’essais et n’ayant jamais rien lu sur le sujet…

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  2. Madame_Love dit :

    Ça a l’air fort intéressant de comprendre comment une histoire évolue au fil du temps.

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