Ils ne me laisseront pas un souvenir impérissable #21

La Comédie Humaine tome 2: Une Fille d’Eve. D’Honoré de Balzac. Editions France Loisirs. 140 pages/1118 pages. 1838-1839.

Deux soeurs élevées par une mère au catholicisme fanatique sont mariées à un comte et à un banquier sans être préparées à la vie mondaine qui les attend. Les ennuis commencent lorsque l’une d’elle tombe amoureuse d’un journaliste à la mode.

Le roman traite de la condition des femmes et des entraves que la société et la religion font peser sur elles à l’époque. Ce qui aurait pu être plus intéressant si l’auteur ne faisait pas preuve d’un paternaliste assez pénible, notamment à la fin.

D’autre part, si l’histoire en elle-même est plaisante à lire, la façon dont elle est racontée a rendu ma lecture assez fastidieuse. La plume est belle et agréable, mais Balzac ne peut pas s’empêcher d’employer 200 mots là où 20 auraient suffi, ce qui occasionne beaucoup de longueurs et de descriptions pas toujours bien utiles.

D’autre part, l’auteur fait de nombreuses allusions et références à la politique et à la culture d’actualité en 1838 et je n’avais pas les connaissances nécessaires pour les comprendre, ce qui a rendu ma lecture encore plus pénible.

Dommage, parce que lorsqu’on se concentre réellement sur l’intrigue, c’était très sympa.

***

La Malédiction de l’Anneau tome 1: Les Chants de la Walkyrie. D’Edouard Brasey. Editions France Loisirs. 493 pages. 2008.

Cette trilogie est une réécriture de légendes nordiques qui se concentre essentiellement sur les récits autour de l’Anneau des Nibelungen. D’autres légendes sont également brièvement résumées au fil de l’intrigue.

Mon problème avec cette lecture n’est pas qu’il s’agit d’un mauvais livre, mais qu’elle arrive bien trop tard. Je ne peux pas dire que je connais dans le détail la mythologie nordique, mais j’avais déjà lu suffisamment sur le sujet pour que ce roman soit du déjà-vu du début à la fin pour moi. De ce fait, les quelques fois où l’auteur s’éloigne des versions de l’histoire que je connaissais n’ont pas suffi à rendre le récit plus palpitant.

D’autre part, j’ai trouvé que la question du viol était traitée de façon très désinvolte, même pour une réécriture de légendes. Si l’auteur est capable d’écrire quelques lignes qui dénoncent l’inceste, il devrait aussi être capable de le faire s’agissant du viol, d’après moi.

Bref, une déception. Mais j’ai le tome 2 dans ma PAL et je le lirai malgré tout, sachant que cette partie du récit devrait entrer vraiment dans le vif du sujet avec les aventures de Siegfried.

Je pense poster un billet sur les lectures autour des légendes nordiques d’ici quelques temps, dites-moi si ça vous intéresse 😉

***

La Villa aux Etoffes. D’Anne Jacobs. Editions Charleston. 596 pages. 2014.

Allemagne, 1913. La jeune Marie, orpheline pauvre, vient travailler comme aide de cuisine pour une riche famille d’industriels, les Melzer.

J’avais beaucoup entendu parler de ce roman dernièrement, il était le plus souvent comparé à la série Downton Abbey et c’est ce qui m’avait donné envie de le lire. Malgré tout, le résumé semblait se limiter à des secrets de famille et à des atermoiements amoureux et j’avais des doutes sur le fait qu’il puisse réellement me plaire. J’ai donc profité de mon abonnement numérique à la médiathèque pour lui donner une chance. J’ai bien fait de ne pas investir dans une version papier, parce que je n’ai pas vraiment apprécié ma lecture, malheureusement.

Alors ça se lit bien et facilement: la plume est fluide, simple et n’en fait pas trop comme c’est parfois le cas avec des romans historiques. Pour tout dire, c’était même peut-être un peu trop basique pour mon goût.

Une des raisons pour lesquelles ce livre m’intéressait, c’est qu’il se déroule en Allemagne juste avant la Première Guerre mondiale et que c’était l’occasion d’en apprendre plus sur le contexte ailleurs qu’en France ou en Angleterre. Or ça aurait pu se passer n’importe où, le fait qu’on soit à Augsbourg est purement anecdotique, le seul point que j’ai trouvé dépaysant étant les habitudes alimentaires des personnages. Les descriptions sont quasi-inexistantes et à aucun moment je n’ai ressenti d’ambiance particulière.

D’autre part, j’ai trouvé les personnages peu approfondis et pas du tout attachants, voire carrément pénibles. L’intrigue en elle-même était typique de ce genre de romans dit « féminins »: c’est bourré de clichés, donc pas du tout original et toujours prévisible. La comparaison avec Downton Abbey s’arrête au contexte historique et à la dualité des relations riches employeurs/domestiques, mais sans l’humour et les personnages charismatiques. Les problèmes rencontrés se résolvent facilement et de façon simpliste.

Pour finir, vu le titre, je m’attendais à ce qu’on parle de textile, or là aussi ça reste anecdotique, on a quelques éléments ici et là pour rappeler que les protagonistes fabriquent du tissu, mais ils auraient brassé de la bière ou produit des armes que ça n’aurait pas changé grand chose.

Pour résumer, une intrigue qui reste trop en surface et qui manque d’originalité, peuplée de personnages sans consistance. Je n’ai pas aimé, j’ai trouvé que c’était beaucoup trop long par rapport au contenu réel, et, comme ce tome se suffit à lui-même, je ne lirai pas les suivants. Si vous appréciez le genre Downton Abbey, je vous conseille de lire plutôt Les Brumes de Riverton de Kate Morton ou, si vous n’aimez pas les pavés, la trilogie Summerset Abbey.

***

Si vous avez lu un de ces livres, votre avis m’intéresse, surtout si vous les avez appréciés plus que moi, vous savez quoi faire dans les commentaires 😉

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7 commentaires pour Ils ne me laisseront pas un souvenir impérissable #21

  1. Ping : Beaux livres et jolies éditions: les trésors de ma bibliothèque #1 | Du côté de chez Cyan

  2. Dommage pour La Malédiction de l’Anneau parce qu’étant encore novice en matière de mythologie nordique, je pense que je n’aurais pas eu ce sentiment de redondance. Par contre, le traitement du viol risque fortement de me gêner…

    Aimé par 1 personne

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