La Locataire de Wildfell Hall

La Locataire de Wildfell Hall. D’Anne Brontë. Editions RBA, collection Romans éternels. 396 pages. 1848.

La jeune Mrs Graham s’installe avec son fils à Wildfell Hall, suscitant la curiosité et les ragots de ses voisins. Gilbert Markham, fermier aisé des environs fait le récit des évènements à son beau-frère, des années plus tard.

Ce roman se présente comme une succession de lettres et d’extraits de journal intime, la narration se faisant alternativement par Gilbert Markham et Mrs Graham, à la première personne et donc d’un point de vue complètement subjectif. Nous ne savons que ce que savent les personnages et sommes témoins de leurs pensées et sentiments.

J’ai eu énormément de mal à entrer dans cette histoire. Non pas qu’elle soit inintéressante, mais parce que les personnages qu’on rencontre sont absolument insupportables, voire carrément détestables. Les voisins de Mrs Graham sont étroits d’esprit, avides de ragots, envahissants, bigots et hypocrites. La plupart des femmes sont stupides et jalouses, tandis que les hommes sont au mieux des harceleurs ou des stalkers, y compris le narrateur que j’ai trouvé parfois franchement flippant. On plaint Mrs Graham de se trouver mêlée à ces gens odieux.

Et ça ne s’arrange pas ensuite quand c’est la plume de Mrs Graham qui prend le relais de celle de Gilbert. L’héroïne est encore plus mal entourée et les hommes qu’elle côtoient sont encore pires (oui, oui, pires qu’un harceleur « basique » tel que Gilbert).

Ce livre est présenté comme un des premiers romans féministes, qui décrit dans le détail la condition des femmes au 19e siècle. Et c’est tellement indignant, tellement rageant, que la lecture ne peut pas être réellement agréable, parce que c’est choquant tout du long (si vous faites partie des personnes qui disent qu’elles auraient adoré vivre à cette époque, lisez ce livre, ça vous guérira de ce fantasme).

Cette lecture est très intéressante pour le témoignage qu’elle nous présente et la plume d’Anne Brontë est agréable, soignée. Si le propos était moins pénible, ça se lirait tout seul. Sauf la fin, que j’ai détestée. A quoi bon dénoncer l’horreur de la condition des femmes pendant presque 400 pages pour conclure de cette façon?

Un roman dérangeant, une expérience de lecture peu agréable à cause des thèmes abordés, mais qui vaut vraiment la peine d’être découvert.

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4 commentaires pour La Locataire de Wildfell Hall

  1. Cassie dit :

    alors bizarrement, ça m’intrigue encore plus, même si je crains la plume d’Anne Bronté, vu que j’ai détesté celle d’Emily… 😉

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    • ducotedechezcyan dit :

      La plume ne m’a pas posé de problème, mais celle d’Emily non plus, alors je ne peux pas te rassurer sur ce point ^^
      Pour le reste, je comprends pourquoi ça t’intrigue 😉

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  2. Je sens que je peux le classer parmi les romans intéressants mais révoltants… En tout cas, je le garde pour un moment où je serais dans le bon état d’esprit, d’autant qu’en dehors du fond, la forme épistolaire me plaît beaucoup.

    Aimé par 1 personne

    • ducotedechezcyan dit :

      A ne pas lire quand tu as croisé des sales types dans ta journée ^^
      J’aime bien aussi le format épistolaire, ici ça m’a quand même paru être un peu une convention littéraire propre à l’époque.

      Aimé par 1 personne

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