Balzac: 2 nouvelles et un roman

Je continue ma découverte de l’oeuvre de Balzac tranquillement et comme j’ai finalement assez peu de choses à dire sur les nouvelles et courts romans lus jusqu’ici, j’ai décidé de regrouper mes avis quand j’ai l’impression d’en avoir lu suffisamment pour que ça soit intéressant pour vous.

Ces textes sont issus du tome 2 des Scènes de la Vie privée et appartiennent à la vaste saga de La Comédie humaine de Balzac. Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez déjà qu’en général, les nouvelles ne sont pas vraiment ma tasse de thé (sauf exceptions notables, pour celles de Léa Silhol par exemple). J’avoue que si je n’avais pas dans ma bibliothèque cette très jolie édition de La Comédie humaine, je ne serais pas allée les chercher. Mais je me suis posé comme challenge de lire (ou au moins leur donner leur chance) l’ensemble de ces livres. J’en suis au tome 2 sur 12, inutile de dire que c’est un projet à très long terme ^^

La Grenadière. 28 pages. 1833.

Une femme s’installe avec ses deux enfants dans une propriété près de Tours, la Grenadière.

Comme souvent dans ses nouvelles, l’auteur fait le portrait d’une femme, ici une mère. Précisons: une mère très idéalisée (comme tous les personnages, en fait, maintenant que j’y pense…). Je passerai sur les propos sexistes de Balzac à propos de la maternité, pour ne parler que de l’intrigue. Intrigue relativement simple, qui malheureusement nous laisse sur une conclusion assez abrupte.

La description s’attarde sur les lieux où se déroule l’histoire. On sent l’attachement de l’auteur à cette région, qui semble également plutôt idéalisée, mais qui est très plaisante à lire. On se sent sur les bords de Loire avec les personnages et on a l’impression de respirer les parfums du jardin de la Grenadière.

La nouvelle n’est pas inoubliable de par son intrigue, mais laisse une impression de sérénité et de communion avec la nature décrite. Une lecture plutôt agréable.

***

La Femme abandonnée. 49 pages. 1835.

Un jeune homme séjournant en Normandie se met dans la tête qu’il est amoureux d’une femme « déchue » dont il a entendu parler et fait tout pour la séduire.

La mise en place est un peu longue, surtout que l’auteur a le même tic d’écriture que j’avais déjà repéré dans d’autres nouvelles: il décrit les personnages en faisant des généralités et des lieux communs. Ensuite l’histoire démarre sur des faits pas du tout crédibles, que ce soit le grand amour du héros qui se bâtit sur des chimères ou les réactions de l’héroïne face à cet inconnu. La suite de l’intrigue passe par un romantisme risible qui finit par subir l’intrusion d’une réalité sociale qui est le seul point auquel j’ai cru un minimum. La conclusion tient malheureusement également plus du romantisme tragique qu’autre chose.

Dans l’ensemble, ça n’a pas été une mauvaise lecture, parce que la plume de Balzac est belle, quoique réellement bavarde, mais l’intrigue n’avait pas grand intérêt et aurait pu être conclue en 10 pages maximum, vu le contenu réel.

Une nouvelle que je vais très vite oublier.

***

Béatrix. 387 pages. 1839.

Guérande, 19e siècle. Le jeune et inexpérimenté Calyste, amoureux éconduit de Camille Maupin, femme de lettres, se met à aimer Béatrix, marquise scandaleuse et réprouvée par la société pour avoir quitté son mari au profit d’un musicien.

Le sujet est très similaire à celui de La Femme abandonnée, si ce n’est qu’on croule ici sous les triangles amoureux et les drames sentimentaux.

Le roman est divisé en 3 parties. La première, interminable et fastidieuse, est une longue description des lieux et des personnages. La seconde est un peu plus intéressante du point de vue de la psychologie des personnages, puisque c’est celle où les intrigues entre eux se nouent, à coups de manipulations et de plans à la noix. La dernière est celle qui se lit avec le plus de plaisir, du moins dans sa deuxième moitié, puisqu’on y fait la connaissance de personnages plus intéressants et qu’une forme de complot amoureux, raconté avec beaucoup d’humour, va permettre de dénouer la situation.

Les points forts du récits sont la plume de l’auteur, même s’il abuse des descriptions dès la première page, et la dernière petite centaine de pages. Les réflexions autour de la créativité, littéraire ou musicale, étaient également très intéressantes, en particulier s’agissant de la place des femmes dans les milieux artistiques.

Les points négatifs: à peu près tout le reste. Je n’ai pas plus cru à cette histoire « d’amour au avant le premier regard » que dans La Femme abandonnée, mais d’autres éléments s’y greffent, dont beaucoup sont assez sexistes, même si Balzac nous propose ici des portraits de femmes plutôt modernes (l’un d’eux étant inspiré de George Sand, ceci expliquant cela). Il faudra qu’on m’explique en quoi une tentative de meurtre est un acte d’amour ou un geste romantique, pour ne citer que le plus choquant…

D’autre part, il y a énormément de longueurs, dues aux innombrables et interminables descriptions qui alourdissent le récit. Avait-on besoin de raconter tout le passé des personnages, y compris la jeunesse du père du héros, qui tient assez peu de place dans l’intrigue, pour suivre le déroulé des évènements? Absolument pas.

Pour finir, les personnages en question sont tous antipathiques au mieux, au pire stupides (le héros en tête) ou carrément détestables. C’est seulement à la fin, quand l’auteur prend le temps de faire du sarcasme à leurs dépens, que je les ai trouvé supportables.

Pour être tout à fait honnête, si ce n’était pas par curiosité pour l’auteur, j’aurais abandonné ma lecture. Je comprends pourquoi certains romans de La Comédie humaine sont plus connus que d’autres…

La suite au prochain épisode…

Et vous, vous lisez ou avez lu cet auteur? Quels titres avez-vous préféré ou conseilleriez-vous? Et si non, est-ce qu’il vous tente, ou est-ce que vous appréhendez la lecture de classiques?

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6 commentaires pour Balzac: 2 nouvelles et un roman

  1. Vu tes avis, je garde en tête la première nouvelle, mais je ne pense pas tenter l’autre nouvelle ou le roman..

    Aimé par 1 personne

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