Cet été, j’ai lu: des romans policiers/thrillers

Entre mon rythme de lecture qui est très soutenu dernièrement et la pause des vacances, j’ai pris énormément de retard dans la rédaction de mes billets (je sais que je ne suis pas obligée de vous parler de toutes mes lectures, mais j’ai déjà tellement bassiné mon entourage pendant les vacances que je n’ai plus que vous à qui en parler 😆 ), du coup je me suis dit que j’allais rassembler plusieurs titres par billet et les classer par genre et par ordre de lecture, même quand il y avait des tomes d’une même série. J’espère que ça vous plaira 🙂

Konrad tome 1: Ce que savait la Nuit. D’Arnaldur Indridason. Editions Points. 360 pages. 2020.

Le corps d’un homme disparu 30 ans plus tôt est découvert dans un glacier. Konrad, inspecteur à la retraite qui avait travaillé sur l’affaire, collabore avec ses anciens collègues pour mener l’enquête.

C’était mon premier Indridason! J’avais beaucoup entendu parler de cet auteur et j’étais curieuse de le découvrir. Je ne sais pas si j’ai commencé par le mauvais titre pour ça, ceci dit, parce que je n’ai pas été spécialement emballée: c’était très lent, je n’ai pas trouvé le personnage principal particulièrement attachant ou intéressant et, ce qui m’a le plus gênée, l’auteur ne donnait pas assez d’éléments pour que je puisse cogiter par moi-même. C’est le genre de roman policier où il faut se laisser porter, il est impossible de découvrir le fin mot de l’histoire avant les personnages.

Dans l’ensemble, j’ai trouvé qu’il y avait pas mal de longueurs et le contexte islandais n’était pas assez développé pour que j’aie au moins l’impression de découvrir un peu le pays. Globalement décevant pour moi, parce que je n’y ai pas trouvé ce que j’apprécie dans un roman policier, mais ça n’en fait pas un mauvais livre pour autant, l’enquête est plutôt bien ficelée. Vous l’apprécierez plus que moi si vous avez d’autres attentes que celles que j’avais.

***

Jeu de Peaux. D’Anouk Shutterberg. Editions Plon. 368 pages. 2021.

Des peaux humaines tatouées par un artiste prodige sont déposées chez Sotheby’s pour être vendues. Les corps des personnes auxquelles appartenaient les tatouages sont portés manquants. Le commissaire Jourdain et son équipe sont chargés de retrouver les potentielles victimes et de déterminer si les peaux peuvent être vendues.

J’ai lu ce livre via NetGalley, merci aux éditions Plon pour cette lecture.

Avec un tel point de départ, je m’attendais à un thriller particulièrement dérangeant et palpitant. Dérangeant, il l’était, mais palpitant, beaucoup moins.

Pour moi, ça pêchait nettement du côté du style. L’autrice présente tous les personnages de la même façon, en nous proposant un genre de CV écrit de la même façon (Machin, tel âge, tel look, tel parcours), y compris ceux dont le rôle est anecdotique, voire inexistant. Personnages très clichés (le pire étant la description des personnages bisexuels, qui ont forcément des pratiques extrêmes et dont les relations sont dénuées de sentiments. Consternant.), dont certains nous dévoilent des compétences inattendues quand le besoin s’en fait brusquement sentir ou des sentiments qui tombent comme des cheveux sur la soupe. D’autre part, beaucoup de choses vont très vite, au point que parfois j’avais l’impression de lire un résumé d’une intrigue qui aurait pu être intéressante si elle avait été un peu approfondie.

Il y a une très intéressante incursion dans l’Histoire du tatouage japonais, malheureusement assez courte. D’ailleurs, pour un récit se déroulant en partie dans le milieu de l’art, l’art est remarquablement peu présent, sauf pour dénoncer la corruption du milieu. J’ai eu l’impression que ce n’était qu’un léger vernis posé là sans que des recherches aient réellement été faites. Pour finir, on est constamment dans la surenchère: les personnages sont tous pires les uns que les autres, la violence et le glauque sont à l’ordre du jour même quand ça n’apporte rien au récit. On est dans le « encore plus » pour tout.

Bref, je n’ai pas du tout aimé ce livre, qui semble avoir été écrit pour choquer le plus possible au détriment de l’intrigue et de la plume. Je ne peux objectivement pas vous conseiller cette lecture. Mais si vous l’avez lue, votre avis m’intéresse d’autant plus 😉

***

Les Enquêtes de l’Inspecteur Chen tome 3: Encres de Chine. De Qiu Xiaolong. Editions Points, collection Policier. 313 pages. 2006.

Mon avis sur les tomes précédents: 1. Mort d’une Héroïne rouge. 2. Visa pour Shanghai.

Une ex-garde-rouge, désavouée par le Parti pour avoir écrit un livre qui en fait la critique, est retrouvée assassinée. Chen ayant pris un congé, c’est son adjoint l’inspecteur Yu qui est chargé d’une enquête que la hiérarchie voudrait étouffer.

Mon avis sur ce roman va faire écho et être à l’opposé de ce que je disais plus haut sur Ce que savait la Nuit: ici le contexte chinois est très développé et permet vraiment de s’immerger dans l’intrigue. En parallèle à une enquête bien ficelée, on est plongé-e-s dans la Chine post-Tien-An-Men, avec ce que ça implique de répression politique et de défaillances du système. On apprend énormément de choses sur la Révolution culturelle, sur la littérature chinoise, sur le semblant d’ouverture à l’Occident que connaît le pays à cette époque, mais également sur le quotidien des Chinois et les conséquences des évènements sur leur vie.

J’ai beaucoup aimé ce tome, je trouve que la série s’améliore avec chaque titre. Les longueurs du 1er opus et les maladresses du second disparaissent. Ce n’est pas parfait, mais on est vraiment dépaysés et on apprend énormément de choses sans que l’intrigue en pâtisse.

Je recommande chaudement, en particulier si le contexte chinois vous intéresse. A lire plutôt dans l’ordre: les enquêtes sont indépendantes, mais les personnages et leurs situations évoluent au fil des tomes et il est souvent fait référence aux rencontres ou évènements des précédentes histoires.

***

La suite au prochain tome 😉 En attendant, si vous avez lu ou comptez lire un de ces titres, votre avis m’intéresse, vous savez quoi faire dans les commentaires 😉

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12 commentaires pour Cet été, j’ai lu: des romans policiers/thrillers

  1. Très dommage pour Jeu de Peaux parce que j’étais très emballée et aurais adoré une réelle incursion dans l’histoire du tatouage japonais !

    Aimé par 1 personne

  2. Lynley dit :

    Je ne suis pas vraiment surprise par ta réaction pour Idrinson. Il faut « accepter » la lenteur islandaise pour apprécier. Et il me semble que le contexte islandais se développe au fur et à mesure des tomes.

    Un bon policier (j’en ai lu un qui m’a moins plu que les autres mais ça reste bon), ce sont les Harry Bosch 😀

    Aimé par 1 personne

  3. Ping : Cet été, j’ai lu: des romans policiers/thrillers #3 | Du côté de chez Cyan

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