Cet été, j’ai lu: des classiques

Entre mon rythme de lecture qui est très soutenu dernièrement et la pause des vacances, j’ai pris énormément de retard dans la rédaction de mes billets (je sais que je ne suis pas obligée de vous parler de toutes mes lectures, mais j’ai déjà tellement bassiné mon entourage pendant les vacances que je n’ai plus que vous à qui en parler 😆 ), du coup je me suis dit que j’allais rassembler plusieurs titres par billet et les classer par genre et par ordre de lecture, même quand il y avait des tomes d’une même série. J’espère que ça vous plaira 🙂

Loin de la Foule déchaînée. De Thomas Hardy. Editions RBA, collection Romans éternels. 343 pages. 1874.

La très belle Miss Everdene hérite d’une ferme qu’elle s’emploie à diriger seule malgré son inexpérience. Gabriel, ancien exploitant devenu berger que la jeune fille avait repoussé, veille sur elle tandis que deux autres hommes commencent à la courtiser.

Du même auteur, j’avais lu Tess d’Urberville, qui m’avait à la fois beaucoup plu, en particulier pour sa plume, et beaucoup indignée pour la description/dénonciation de la condition des femmes en Angleterre au 19e siècle.

Avec Loin de la Foule déchaînée, j’ai retrouvé avec plaisir le style très agréable de Thomas Hardy, bien que ses descriptions bucoliques m’aient semblé extrêmement idéalisées et donc pas toujours très crédibles. Une fois encore, j’ai eu l’occasion de m’indigner des comportements masculins: comme dans un autre classique lu récemment, le harcèlement (carrément pathologique, ici, pour au moins un des personnages) en tant que technique de drague reste une thématique trop présente pour que la lecture soit toujours très agréable. S’y ajoutent d’autres détails courants à l’époque qui ont de quoi indigner et nous faire réellement plaindre les femmes qui ont vécu à cette époque. C’est un bon point malgré tout, car on ne peut certainement pas idéaliser la vie au 19e siècle (contrairement à ce que beaucoup de romances écrites aujourd’hui essaient de faire).

Le thème principal du roman est celui de la fidélité, approfondi à travers le personnage de Gabriel. Cet aspect m’a semblé traité de façon un peu dérangeante également: tout ce qu’une femme devrait attendre d’un homme, ce serait qu’il soit fidèle, même si elle ne l’aime pas?

Une lecture intéressante, que j’ai appréciée surtout pour la plume et le contexte rural (ça change des filles de pasteurs et de la haute-bourgeoisie/noblesse des écrivaines de l’époque), mais dont le propos m’a très souvent ulcérée. Un classique à découvrir, je lui avais cependant préféré Tess d’Urberville.

***

Amour et Amitié. De Jane Austen. Editions RBA, collection Romans éternels. 356 pages. 1790-1817.

Il ne s’agit pas d’un roman, mais d’un recueil de textes écrits par Austen de son adolescence à la fin de sa vie: nouvelles, très courts romans, pièces de théâtre, prières, poèmes et notes. Certaines histoires sont inachevées.

A mon avis ce livre doit se lire après avoir lu les autres oeuvres de l’autrice, même s’il contient des textes beaucoup plus anciens que ses « grands romans », si vous n’êtes pas déjà conquis par ses autres livres, il est peu probable que vous trouviez votre compte dans celui-ci.

Dès les premières histoires, écrites dès la préadolescence, on sent la patte de l’autrice: l’observation de ses contemporains et de leurs travers, l’ironie, le ridicule et l’humour sont déjà présents. Les premiers textes sont assez loufoques, voire flirtent avec le fantastique. On voit la plume évoluer au fil des récits, l’autrice devenir peu à peu plus mature.

J’ai ressenti une petite frustration à la lecture des histoires qui étaient inachevées, mais ç’a été une bonne lecture pour découvrir un peu plus Jane Austen. Plutôt à réserver aux amateurs de ses livres, mais intéressant pour voir la naissance et la consolidation d’une vocation pour l’écriture.

***

Chez les heureux du Monde. D’Edith Wharton. Editions RBA, collection Romans éternels. 335 pages. 1905.

Lily Bart, orpheline de la bonne société, mais issue d’une famille ruinée, doit absolument se trouver un riche mari. Mais à presque 30 ans, elle est toujours célibataire, ne se résignant pas à se marier pour l’argent.

J’avais déjà lu cette autrice, notamment des nouvelles sur la même haute-société décrite ici, dont je garde un bon souvenir, et des nouvelles sur le thème des fantômes.

Chez les heureux du Monde est un titre ironique compte-tenu du fait que tous les personnages rencontrés dans ce roman, à commencer par son héroïne, m’ont semblé profondément malheureux. On serait plutôt  « chez les nantis très snobs », pour qui seules les apparences et l’argent comptent. Le récit est une succession de mesquineries, de trahisons et de manigances où les protagonistes jouent à qui est le plus riche ou le plus puissant. La condition des femmes de ce milieu semble assez effroyable: condamnées à épouser un homme riche ou à vivre dans la pauvreté si elles n’ont pas le sou; destinées à épouser un homme riche et à écraser leurs rivales si elles sont déjà riches.  Lily, dont la pauvreté est somme toute relative, a été éduquée dans ce but.

L’ensemble du roman traite des occasions manquées, de la futilité des apparences et de la déchéance d’une femme qui se laisse emprisonner par sa condition et l’éducation qu’elle a reçue. L’histoire est intéressante, malgré des longueurs (la vie des personnages est assez répétitive), et permet de découvrir les dessous cachés de la vie de la haute-société new-yorkaise à l’époque. Je recommande si les thèmes abordés ou l’autrice vous intéresse, mais je vous conseille de ne pas lire ce livre à un moment où vous seriez déprimé-e-s 😆

Bonne lecture, un peu plombante.

***

La suite au prochain épisode 😉 En attendant, si vous avez lu ou comptez lire ces livres, votre avis m’intéresse, vous savez quoi faire dans les commentaires 😉

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2 commentaires pour Cet été, j’ai lu: des classiques

  1. Je suis particulièrement intéressée par Amour et Amitié qui semble être un bon complément à ses livres pour les fans de l’autrice 🙂

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