Un Minimum d’Amour

Un Minimum d’Amour. De Jeon Gyeong Nin. Editions L’atelier des cahiers. 224 pages. 2021.

Résumé de l’éditeur: Au décès de la seconde femme de son père, Huisu, la narratrice, se met en quête de sa demi-sœur. À la faveur de rencontres et sur les conseils d’une couturière ambulante, elle en retrouve la trace près de la frontière qui sépare les deux États coréens. Avec humanité, l’auteure pose un regard lucide sur la fragilité des liens affectifs.
C’est lors d’un séjour à Berlin que Jeon Gyeong-nin a imaginé le périple initiatique de ces âmes en peine qui, d’un minimum d’amour, renouent avec le passé pour retisser des liens rompus par la trahison ou l’indifférence.

J’ai reçu ce livre grâce à la Masse critique Babelio de septembre, merci aux éditions L’atelier des cahiers pour cette lecture.

La quatrième de couverture induit un peu en erreur sur ce qu’on va trouver en ouvrant ce roman. Je m’attendais à des retrouvailles familiales et à des thèmes comme le pardon ou la re-création de liens. Finalement, ce roman traite d’un retour sur soi-même, d’une parenthèse dans une vie qui permet de se chercher et de se réinventer. Attendez-vous donc à beaucoup d’introspection.

Même si je m’attendais à tout autre chose, j’ai passé un très bon moment avec ce roman, que j’ai trouvé très touchant et très juste. La narratrice n’est pas une héroïne, c’est une femme ordinaire, avec un quotidien ordinaire qui ne la rend pas très heureuse. Elle vit avec un mari autoritaire et infidèle et leur fille adolescente qui est prête à tout pour quitter le foyer et laisser ses parents derrière elle. La recherche de cette demi-soeur est l’occasion de revenir sur l’histoire de la famille, recomposée et pas très heureuse, dont elle est issue, sur les drames qu’elle a connus et sur sa propre culpabilité.

Sa quête mènera Huisu près de la Zone démilitarisée qui sépare les deux Corées, l’occasion pour les lecteur-ices d’en apprendre plus sur le sujet. Pas à la façon d’un article d’actualité ou d’un manuel d’Histoire, mais à travers les yeux de Coréen-ne-s lambdas. L’occasion pour la narratrice de se remettre en question, de réfléchir sur elle-même et, peut-être, de choisir une voie différente de celle à laquelle elle s’était résignée. Quelques éléments qui tendent vers le fantastique l’aideront dans sa réflexion.

Le style est agréable et fluide, même si la lecture peut paraître parfois un peu déstabilisante à cause du décalage culturel. Mais l’éditeur a pensé à annoter ce qui pourrait poser problèmes à son lectorat occidental. Malgré tout, c’est un roman qui demande de prendre de son temps et de s’investir dans sa lecture pour s’imprégner de l’ambiance et des pensées de Huisu.

Un roman assez différente de ce que je lis habituellement, mais qui m’a beaucoup plu. Comme quoi parfois il faut oser sortir de sa zone de confort.

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