Des BD en pagaille #73

Poison City, Intégrale. De Tetsuya Tsutsui. Editions Ki-oon. 450 pages. 2014.

Un mangaka commence à publier une histoire horrifique dans laquelle une maladie rend les gens cannibales et se retrouve confronté à la censure.

Excellent manga (et en seulement 2 tomes!) qui mêle réalité et dystopie et qui traite d’une question qui revient périodiquement: est-ce que les médias violents rendent les gens (en particulier les jeunes) violents? Et comment la société répond-elle à cette question? Une réflexion très intéressante sur la liberté d’expression et sur la censure au Japon, mais pas que.

Je ne m’y connais pas assez en mangas pour vous parler des dessins en connaissance de cause, mais je les ai trouvés adaptés à l’histoire. Il y a un travail précis pour différencier les planches racontant l’histoire de celles appartenant au manga dont il est question dans le récit. Dans l’ensemble, c’était à mon goût.

Seul regret: j’aurais aimé en lire plus sur le manga dans le manga (mais c’est fait exprès et expliqué).

***

Angel tome1: Le Sanctuaire des Hérétiques première partie. Scénario de Christophe Bec. Dessin de Claudio Montalbano. Couleurs de Hugo Facio. Editions Soleil. 46 pages. 2020.

Un journaliste séjournant au fin fond des Carpathes est confronté à d’étranges phénomènes ciblant une famille de notables.

Une secte mystérieuse, un château inquiétant, une famille victime d’évènements louches et un journaliste curieux, voici les ingrédients de cette BD. L’intrigue est assez classique et, en 46 pages, on n’avance pas beaucoup. Mais ça fait le job: mettre en place une situation qui sera résolue dans la suite. ça m’a semblé un poil sexiste par moments, mais j’imagine que les villages du fin fond des Carpathes ne sont pas le fer de lance de la modernité sociale…

Le dessin est assez classique également, rien de particulièrement original, mais ça convient bien au récit. Il y a des détails dans les décors et les traits des visages. Les couleurs sombres contribuent à poser une ambiance inquiétante sans trop forcer le trait.

Une lecture sympathique mais qui ne sort pas tellement du lot, que ce soit dans le propos ou dans les graphismes, surtout dans ce genre. Pour moi c’était du déjà-vu, pas déplaisant, mais pas spécialement marquant non plus. Je lirais la suite à l’occasion, mais je ne la chercherai pas activement.

***

V-Girls, l’Oeil du Diable tome 1: Incantare. Scénario de Jean-Pierre Pécau. Dessin de Jovan Ukropina. Editions Soleil. 54 pages. 2019.

Hedy Lamarr, future star d’Hollywood, s’enfuit du château où son mari et ses amis nazis se livraient à une étrange cérémonie. Suivie par une mystérieuse entité, elle finit par atterrir en Californie.

Le pitch se base sur une idée assez rebattue, que ce soit au cinéma ou en littérature, celle de l’intérêt des Nazis pour l’ésotérisme. Ici comme dans beaucoup d’autres fictions, ils cherchent à s’associer à une mystérieuse entité pour gagner la guerre.

Le fait que l’intrigue se noue autour de personnages féminins était plutôt un bon point, mais les auteurs passent tellement de temps à nous ajouter des personnes réelles et à leur donner un petit rôle qu’on ne se fixe jamais bien longtemps sur l’intrigue en elle-même. On croule sous les célébrités de l’époque, autant dire que si vous ne les connaissez pas, vous passerez complètement à côté de la plus grande partie de l’intrigue.

Le dessin aide à faire passer une intrigue qui a tendance à s’embrouiller à chaque nouveau personnage qu’on nous présente, mais il n’est pas particulièrement marquant. Il correspond bien à ce qui est raconté, tout comme les couleurs, mais on n’en ressort pas éblouie.

Pour être honnête, si je n’avais pas noté ce titre sur LivrAddict, j’aurais oublié l’avoir lu, j’avais même oublié de le noter dans mon carnet de lecture.

A lire plutôt si vous connaissez bien le milieu du cinéma des années 30-40 ou que le sujet vous passionne.

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5 commentaires pour Des BD en pagaille #73

  1. Je n’y connais rien au cinéma des années 30/40 alors je vais passer mon tour, mais la couverture de V-Girls est à tomber ! Heureusement que j’ai lu ton avis parce que j’aurais pu aisément me laisser tenter…
    Même si Le Sanctuaire des Hérétiques ne sort pas du lot, je pense que ça pourrait me plaire 🙂

    Aimé par 1 personne

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