Des BD en pagaille #75: merci NetGalley

Seizième Printemps. De Yunbo. Editions Delcourt jeunesse. 120 pages. 2022.

Yeowoo la petite renarde est laissée par ses parents chez son grand-père lors de leur séparation. Traumatisée par cet abandon, la fillette finit par se lier d’amitié avec sa nouvelle voisine, une poule rejetée par les siens parce qu’elle ne se fond pas dans le moule sociétal qu’elle est censée accepter.

Sous les dessins et couleurs très doux de cet album se cachent des évènements assez durs et des problèmes de société difficiles à aborder avec les plus jeunes. A travers le portrait d’une enfant qui grandit sans ses parents, négligée par son grand-père et sa tante, rejetée par les autres enfants et mal vue par ses professeurs, l’autrice raconte une belle histoire d’amitié entre deux êtres que tout semblait opposer et l’évolution d’une fillette vers le statut de jeune femme.

Malgré la difficulté des sujets abordés, l’autrice fait mouche et instille de la bienveillance dans une histoire par ailleurs assez triste, mais parsemée de très beaux moments.

Une belle lecture.

***

Mythes et Meufs. De Blanche Sabbah. Editions Dargaud. 136 pages. 2022.

Une autrice féministe militante déconstruit et analyse une brochette de personnages féminins, issus de mythes et de la culture populaire, et leur histoire.

Du Petit Chaperon Rouge à Pocahontas, en passant par Méduse ou Lilith, Blanche Sabbah nous propose une réflexion très intéressante sur ces filles ou femmes que la société a érigées en modèles pour des générations d’entre nous. En quoi sont-elles des modèles et devraient-elles en être? L’objectif de cette BD est de dénoncer ce que le regard patriarcal a fait d’elles et de réinterpréter leur image et leur histoire sous un angle féministe. Le constat n’est pas très brillant… mais l’exercice est très intéressant.

Les dessins sont plus dans la caricature que dans la finesse, mais offrent une belle galerie de femmes très différentes, au physique plus réaliste que ce que beaucoup de dessinateurs à la vision plus « artistique » ont à proposer.

Chaque portrait est composé d’une série de vignettes racontant l’histoire des personnages de façon humoristique et sarcastique et d’un court texte proposant une analyse ou une relecture des faits du point de vue de l’autrice.

Le seul reproche que je ferais à cette BD, c’est que la police employée n’est pas très lisible, parfois j’ai eu du mal à déchiffrer le texte.

Lecture très intéressante, je recommande!

***

Les Sauveurs d’Esprits tome 1: Louise. Scénario de Carbone. Dessins et couleurs de Julien Monier. Editions Dupuis. 48 pages. 2022.

La jeune Sam, élevée par son grand frère Tim, se met à voir des fantômes. Alors qu’ils doivent faire face à une assistante sociale qui pourrait les séparer, le frère et la soeur vont décider d’aider Louise, l’esprit d’une vieille dame, à retrouver son mari.

Voilà une chouette BD qui, si elle aborde des sujets assez tristes, propose de très jolis moments. J’ai été très sensible à la relation entre Sam et Tim, faite d’affection et de confiance, que j’ai trouvée particulièrement touchante. Le personnage de Louise était également très attachant et permet des thématiques intéressantes autour de la vieillesse, de la maladie et de la solitude. Le personnage de l’assistante sociale, en revanche, qui fait office de croque-mitaine, manquait de nuance et n’était pas vraiment intéressant. Un autre personnage rencontré plus tard (dont je ne peux rien dire pour ne pas spoiler) ne m’a pas convaincue non plus, il manquait trop de profondeur et semblait en conséquence beaucoup trop indifférent et sans émotion pour mon goût.

Les dessins sont plutôt jolis, tout en douceur. Les formes rondes de la gentille vieille dame font écho à celles, tout en angles et en lignes droites, de la méchante assistante sociale. Les visages de l’ensemble des personnages sont expressifs, les vêtements et les décors sont détaillés, l’ambiance qui se dégage de l’ensemble est agréable à l’oeil et permet aux lecteur-ice-s de s’investir dans l’histoire.

Sans être particulièrement marquante du fait de sa brièveté, cette BD reste une lecture sympathique et assez touchante, qui fait la part belle à la très jolie relation entre ses protagonistes principaux. Je suis assez curieuse de voir ce que donneront les tomes suivants et je vous recommande cet album si vous appréciez le genre.

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4 commentaires pour Des BD en pagaille #75: merci NetGalley

  1. Toutes ces lectures me tentent, surtout Seizième Printemps dont j’adore le style graphique, mais j’avoue peu faire de demandes sur Netgalley pour des ouvrages graphiques préférant le papier pour ce genre… Mais je devrais peut-être m’y mettre vu les pépites proposées sur le site (enfin sous couvert que je sois acceptée).

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