Henri le Navigateur

Henri le NAvigateur

Henri le Navigateur et les grandes Découvertes du Portugal. De Michel Vergé-Franceschi. Editions du Félin, collection Le Félin poche. 330 pages.

Résumé de l’éditeur:

L’histoire l’a baptisé Henri « le Navigateur » et pourtant l’infant Henrique (1394-1460) n’a quitté qu’en de rares occasions le petit promontoire de Sagres depuis lequel il donna pourtant le coup d’envoi, un demi-siècle avant Christophe Colomb, des Grandes Découvertes et fut le véritable initiateur de l’empire portugais. Que ce soit à la recherche du mythique royaume du Prêtre Jean ou pour trouver la source des fameux gisements d’or (le Soudan) dont le Portugal a tant besoin, Henri le Navigateur va financer et organiser dans les moindres détails des expéditions toujours plus loin vers le sud des côtes africaines. Le passage du cap Bojador en 1434 repousse les limites du monde connu, efface les peurs des marins et ouvre la route jusqu’en Sierra Leone à la mort de l’Infant. Trente ans plus tard, les caravelles portugaises dépassent le cap de Bonne-Espérance (1487) et s’ouvrent la route des merveilleuses richesses des Indes. Sous l’impulsion d’un homme visionnaire, les marins portugais viennent de changer la face du monde.

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J’ai reçu ce livre grâce à une Masse Critique Babelio et aux Editions du Félin, merci à eux 🙂

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L’auteur commence par nous présenter le contexte historique, social et économique du Portugal au début du 15e siècle, puis la famille dont est issu dom Henrique, dit Henri le Navigateur, fils, frère et oncle des rois qui ont régné sur le pays de son vivant. Vient ensuite le récit, dans les grandes lignes, de la vie de ce personnage-clé de l’histoire du Portugal. Car si celui qu’on surnomme « le Navigateur » a finalement assez peu navigué, il est à l’origine de l’impulsion qui a incité les marins et les explorateurs à repousser les frontières du « monde connu » (= connu par les Européens) et à partir à la découverte des côtes de l’Afrique. La plus grande partie du livre est consacrée à ces découvertes et à leurs conséquences.

Cette biographie est donc autant celle d’Henri le Navigateur que celle d’un Portugal en pleine mutation et c’est absolument passionnant!

Avec ce livre, nous voyons un pays au catholicisme renaissant (les Musulmans qui régnaient là depuis des siècles ont été chassés) qui reconstruit une société médiévale occidentale, avant de se lancer à la conquête du monde extérieur. Le pays étant trop petit et produisant trop peu de denrées indispensables, les Portugais sont dans l’obligation d’aller chercher ailleurs ce qui leur manque. S’ensuivront de grandes découvertes, non seulement géographiques, mais aussi scientifiques. L’art de la navigation évolue rapidement, les croyances en des monstres inconnus reculent au profit de l’observation des espèces animales rencontrées, le système économique change et le pays acquiert des richesses notamment par le développement de l’esclavage. Les passages concernant cet aspect sont d’ailleurs assez durs à lire, compte tenu des horreurs subies par les peuplades capturées ou achetées.

Pour ce qui est des points négatifs, quelques chapitres consacrés presque uniquement à des évaluations chiffrées sont assez ennuyeux. Les chiffres tels qu’ils sont évoqués restent abstraits et peu parlants pour le lecteur non spécialiste. On ne peut reprocher à l’auteur d’être trop précis dans son récit, cependant j’ai été parfois un peu perdue du fait que je connais très mal les aspects historiques abordés ici et que je ne sais que peu de choses du Portugal médiéval.

Ces quelques points un peu gênants pour le néophyte en la matière ne nuisent pas à la lecture pour peu qu’on s’accroche un minimum. Personnellement, ça m’a donné envie d’en apprendre davantage sur le sujet.

Le style est agréable, il n’y a pas de termes trop compliqués. L’auteur abuse parfois un peu des citations, ce qui rend la lecture moins fluide, mais n’est jamais ennuyeux ou abscons.

Une découverte intéressante qui m’a ouvert de nouvelles perspectives, même s’il m’a manqué quelques clés pour tout suivre facilement. Ce livre a également eu le mérite d’éclairer quelques éléments restés obscurs à la lecture de mon Atlas des Contrées rêvées il y a quelques mois. Un bon point de départ si le sujet vous intéresse 😉

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Présentation de l’auteur:

Michel Vergé-Franceschi, Professeur d’Histoire moderne à l’Université François Rabelais de Tours, docteur en histoire et docteur d’Etat-es-Lettres a dirigé à Paris IV-Sorbonne le Laboratoire d’Histoire maritime du CNRS/Musée national de la Marine et préside la Société Française d’Histoire maritime. Auteur de 70 ouvrages et titulaire d’une douzaine de prix littéraires (Académie française, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Académie de Marine), son Henri le Navigateur est traduit en portugais par l’Institut universitaire Piaget de Lisbonne.

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