Une pièce de théâtre et un classique #2

livres

En septembre, j’avais décidé de lire une pièce de théâtre et un classique; j’en avais fait un billet commun en grande partie parce que j’avais pris beaucoup de retard dans la rédaction de mes billets suite à une panne informatique. Finalement, le format m’a semblé intéressant et, comme il m’a motivée à lire à nouveau une pièce et un classique, j’ai décidé de récidiver. Dites-moi si ce genre de billet vous convient tel que je vous le propose 😉

La pièce de théâtre n’a pas été difficile à choisir: j’en avais emprunté une à la médiathèque et j’avais une date limite pour la lire. J’ai donc découvert ce mois-ci l’univers d’Henrik Ibsen avec ce qui semble être sa pièce la plus connue, Une Maison de Poupée, ici aux éditions GF-Flammarion (246 pages).

Une Maison de Pouée - IbsenCette pièce se déroule à l’époque de Noël dans un foyer norvégien petit-bourgeois du 19e siècle. Nora Helmer est l’épouse d’un avocat qui vient d’obtenir la direction d’une banque, ce qui met fin à leurs soucis financiers. Mais Nora a caché à son mari qu’elle avait illégalement emprunté de l’argent à un employé corrompu, employé qui vient d’être congédié par son nouvel employeur.

Chantage et dilemmes moraux sont donc au coeur de l’intrigue, mais c’est avant tout la réflexion sur la condition des femmes qui m’a intéressée. Car ici nous assistons à une prise de conscience, la prise de conscience de ce qu’est réellement son couple, lorsque les apparences se brisent sous ses yeux incrédules, d’une femme qui acceptait son rôle parce qu’elle croyait sa vie telle qu’elle la voyait.

Pour être tout à fait honnête, j’ai trouvé une grande partie de cette pièce parfaitement ennuyeuse. Les personnages m’ont agacée, que ce soit la condescendance des hommes ou la puérilité de Nora, et il ne semblait pas se passer grand chose. La fêlure se révèle avec l’intervention de Krogstad, qui vient troubler le bonheur apparent de la famille Helmer et qui permet de mener les protagonistes à l’argument final de la pièce. Argument final qui justifie tout ce qui précède en le remettant en perspective et en en dévoilant les arcanes.

Je n’irai pas jusqu’à dire que la conclusion m’a fait revoir mon opinion à la hausse. Je n’ai pas tellement apprécié ma lecture, même si je reconnais que certains des aspects abordés ici sont intéressant. D’autre part, le style de l’auteur ne m’a pas permis de compenser mon manque d’enthousiasme pour le contenu. ça se lit bien, mais ça ne m’a pas transportée.

***

Avant Une Maison de Poupée (oui, je fais les choses dans le désordre, et alors? 😛 ), j’avais lu un classique de la littérature québécoise: Maria Chapdelaine de Louis Hémon, ici dans une vieille édition chez Le Livre de Poche (243 pages), dénichée sur une brocante.

maria-chapdelaineIsolée dans la campagne canadienne par la neige et la glace qui recouvrent tout pendant 6 mois de l’année, la famille Chapdelaine, menée par le père de famille dont l’âme de colon les entraîne toujours plus loin dans les terres sauvages, tente de survivre sur une terre difficile où tous travaillent très dur. Leur quotidien est fait de lourdes tâches, de foi et de plaisirs simples. Bien que la région soit peu peuplée, Maria Chapdelaine, la fille aînée, est courtisée par 3 jeunes gens. Empêtrée dans le poids de la tradition et de la religion, elle devra choisir son avenir malgré les drames qui vont la frapper.

Raconté comme ça, ça ne fait pas vraiment rêver, n’est-ce pas? ^^ Et je ne vous cacherai pas qu’on n’a pas beaucoup de raison de sourire avec cette lecture, bien au contraire! La description de la rude vie des colons, de la place accordée aux femmes (je sais que je reviens toujours sur le sujet, mais que voulez-vous, c’est mon dada 😛 ) et les ombres qui planent sur l’avenir de l’héroïne, rien de tout cela ne respire la joie de vivre… Et si vous n’avez pas le moral, je vous déconseille de vous plonger dans cette histoire. Rien que la couverture pourrait donner envie de se flinguer ^^

Malgré tout, j’ai bien apprécié ma lecture et je dois avouer que je ne suis pas bien sûre de savoir pourquoi… Le gros point positif du livre est que le dépaysement est garanti si, comme moi, vous vivez dans une région au climat plutôt tempéré. Avec Maria Chapdelaine, on se retrouve dès les 1es lignes dans le Grand Nord et, même si ça ne donne pas envie de se mettre à la place des personnages, ça a un côté romanesque, voire romantique, qui est plutôt plaisant: les grands espaces sauvages, la nature omniprésente et dangereuse, etc. Je n’y vivrais pas, mais je dois dire que cet aspect m’a plutôt séduite, à défaut de l’avoir été par l’histoire ou les personnages. L’auteur nous plonge directement dans cet environnement carrément hostile et le rend vivant pour le lecteur. Le dépaysement est renforcé par l’utilisation de vocabulaire et de tournures locales, la description d’un mode de vie si éloigné de celui de la plupart des lecteurs qu’on se sent réellement transporté dans un monde inconnu.

Pour le reste, si les 1ers émois de Maria sont crédibles et bien retranscrits, ils ne m’ont pas tellement intéressée, pas plus que les préoccupations des autres protagonistes ne m’ont touchée. Si le côté terroir/romance de ce livre ne vous fait pas peur et que vous avez envie de passer un peu de temps au milieu d’une nature sauvage et hostile, ce roman pourra vous plaire. Soyez cependant prévenus qu’il ne s’y passe pas grand chose de réellement palpitant.

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2 commentaires pour Une pièce de théâtre et un classique #2

  1. vinushka64 dit :

    Des lectures qui tournent autour de la femme. Je n’en connaissais aucun, c’est vrai que la couverture du classique ne fait pas rêver ! (j’aime bien ce genre de billet au fait)

    • ducotedechezcyan dit :

      Ce n’était pas volontaire de tourner autour de ce sujet, mais ça s’est trouvé comme ça ^^
      Contente que ce genre de billets te plaise 😉 Je pense récidiver régulièrement.

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