Des BD en pagaille #69

Soeurs d’Ys. La Malédiction du Royaume englouti. Scénario de M.T. Anderson. Dessin de Jo Rioux. Editions Rue de Sèvres. 224 pages. 2020.

Le roi Gradlon, gravement blessé au combat, rencontre la mystérieuse Malgven, qui bâtira pour lui la puissante cité d’Ys et lui donnera deux filles aux caractères diamétralement opposés: Rozenn et Dahut.

J’avais déjà lu une version de cette légende, mais je ne connaissais pas celle racontée ici et ç’a été un plaisir de la découvrir. Les dessins magnifiques et la mise en couleur très inspirée sont les gros points forts de cette BD. On en prend plein les mirettes, chaque planche est une merveille. Le trait très particulier et les tons choisis se marient parfaitement avec le propos. C’est à la fois poétique et sombre, il y a beaucoup de détails qui permettent d’instaurer une ambiance très particulière.

J’aurais encore beaucoup de choses à dire sur cette BD, mais il me semble inutile d’en faire trop: c’est une pépite, foncez!

***

Capitaine Albator, Mémoires de l’Arcadia tome 3: Des Coeurs brûlants d’Amour. De Jérôme Alquié, d’après l’oeuvre de Leiji Matsumoto. Editions Kana, collection Classics. 64 pages. 2020.

Mon avis sur les tomes précédents: 1. Les doigts glacés de l’oubli. 2. Les Ténèbres abyssales de l’Âme.

Suite aux évènements des tomes précédents, nous retrouvons l’équipage de l’Arcadia alors qu’il doit faire face à la destruction annoncée de la Terre.

Cet opus apporte des réponses aux questions posées dans les précédents et conclut l’intrigue en beauté. Les thèmes déjà présents dans l’oeuvre de Leiji Matsumoto sont repris ici, associés à des sujets plus actuels. L’esprit de l’original est respecté, au point que certains aspects sont prévisibles si on connaît un peu l’univers. Ce n’est pas vraiment gênant, c’est un peu ce que la lectrice nostalgique que je suis s’attend à trouver dans le travail d’un fanboy. Certains détails peuvent prêter à sourire, mais ils sont fidèles à mon souvenir du héros et de ses aventures, ils font donc partie du plaisir de lecture. Du point de vue de l’intrigue, j’ai un peu moins aimé ce tome, mais j’avoue que c’est en grande partie dû au fait que j’aurais voulu que l’histoire se poursuive encore ^^

Pour ce qui est des dessins, cet album est une pépite, on en prend plein les yeux! On retrouve le même style que dans l’original, mais l’auteur s’approprie l’univers et nous propose un univers flamboyant, avec beaucoup de détails à la fois dans les paysages et dans les traits des personnages.

Une excellente lecture! A recommander en particulier aux fans d’Albator pour l’effet nostalgie, mais il n’est pas nécessaire de connaître l’original pour apprécier.

***

Histoires de Kisaeng tome 2: La Fleur de Lotus et la Fleur de Poirier. De Kim Dong Hwa. Editions Paquet. 256 pages. 2005.

Mon avis sur le tome 1: La Barque du Destin.

Suite aux évènements racontés dans le tome précédent, Beodeul et Hyongeum suivent des voies différentes, mais leur but reste le même: devenir la plus désirée des courtisanes.

Comme avec le premier tome, vue la poésie avec laquelle est traité le sujet, on oublierait presque son côté révoltant: l’éducation de deux fillettes destinées à la prostitution.

Ici, cependant, on s’écarte davantage des héroïnes pour suivre plus souvent des personnages masculins qui font pratiquement partie du décor, dont les propos parfois crus et les désirs ne sont pas édulcorés et ne laissent pas de doutes sur ce dont il est question. C’est un portrait très intéressant de la société de l’époque qui se dessine, bien qu’il puisse faire grincer des dents, et ce d’autant plus que les personnages féminins ne sont jamais présentées autrement que consentantes, disponibles, heureuses de leur sort, voire constamment à l’affût d’un homme. ça manquait un peu de nuances pour mon goût de ce point de vue. Il aurait été appréciable de proposer en parallèle un aspect critique de la situation de ces femmes plutôt que d’axer le récit uniquement sur le thème du désir.

Les dessins sont toujours aussi sublimes. Outre les paysages et les costumes, très travaillés, il y a également un souci du détail dans les traits des personnages. Même ceux qui ne font que de la figuration sont soignés et reconnaissables.

Une très bonne lecture, même si je tique un peu sur le manque de réalisme concernant la situation concrète des prostituées.

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3 commentaires pour Des BD en pagaille #69

  1. J’ai dû la rendre avant d’avoir le temps de la lire (je suis trop gourmande lors de mes virées en médiathèque), mais Sœurs d’Ys me fait indéniablement très envie.
    Le tome 2 de Histoires de Kisaeng risque de me faire soupirer, mais heureusement le côté poétique semble encore bien présent… Cela permet de faire passer la pilule.

    Aimé par 1 personne

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