Des BD en pagaille #51

Fables tome 1: Légendes en Exil. Scénario de Bill Willingham. Dessin de Lan Medina. Editions Panini Comics, collection Vertigo. 144 pages. 2002.

Parmi nous, mais en parallèle de notre société vivent les Fables, des créatures issues de contes de fées qui ont fui leurs royaumes. Lorsqu’une des leurs disparaît, ne laissant que du sang derrière elle, le policier et l’adjointe au maire de la communauté en exil vont mener l’enquête.

Je n’entre pas dans les détails de qui est qui, ni des circonstances, parce que ç’a été pour moi un plaisir de découvrir tout ça au fil de ma lecture. Je vous déconseille même de lire la 4e de couverture, qui donne certains de ces détails. Ce comics ne vous paraîtra que meilleur si vous y entrer sans trop en savoir 😉

On est dans le haut de gamme en matière de réécriture de conte: l’intrigue tient la route et les personnages sont utilisés ou détournés à bon escient. C’est tellement facile de se laisser embarquer dans cette histoire que je l’ai dévorée d’une traite, sans voir le temps passer, et avec le sourire aux lèvres. Tout n’est pas rose bonbon là-dedans, bien au contraire, même si le récit n’est pas dénué d’humour. Les personnages sont ambigus ou lorgnent vers le trash pour certains d’entre eux. A noter que c’est une réécriture qui n’est pas du tout destinée à un public jeunesse!

Les dessins sont plutôt chouettes. Les traits des personnages sont précis et il y a de la variété dans les physiques, les visages et les vêtements. Il y a beaucoup de décors différents, avec de nombreux détails. Le seul reproche que je ferais est que certaines planches sont un peu fades au niveau des couleurs.

Cette édition propose à la fin une nouvelle-préquelle illustrée qui permet de découvrir comment les Fables sont arrivés dans notre monde. Je l’ai trouvée super intéressante et bien écrite, elle complète bien le comics.

Une très bonne lecture, j’ai hâte de lire le tome 2 🙂

***

Le Livre de Jessie. Journal de Guerre d’une Famille coréenne. De Park Kun-Woong, d’après le témoignage de Yang Woojo et Choi Sunhwa. Editions Casterman. 358 pages. 2019.

Exilé en Chine à cause de l’occupation japonaise de la Corée, un couple de patriotes raconte les péripéties de son quotidien face aux aléas de la guerre.

Le récit fait le parallèle entre l’enfance de Jessie et la guerre sino-japonaise du point de vue de réfugiés proches du gouvernement coréen en exil. Au vu du titre, je pensais qu’on serait en Corée, mais en fait on est en Chine. Donc on n’est pas témoin des exactions des Japonais en Corée, mais de l’invasion de la Chine.

C’est à la fois très instructif et très émouvant, du fait qu’on apprend plein de choses sur la période tout en suivant le quotidien d’une famille d’expatriés au milieu du chaos.

Les dessins peuvent être un peu déstabilisants au début, mais on s’habitue rapidement au trait et ils sont vraiment en adéquation avec le récit. Le trait est épais, au premier abord, ça peut sembler grossier, mais en fait il y a beaucoup de détails et beaucoup de choses sont représentées sous forme de symboles ou d’ombres chinoises.

Je recommande vivement cette BD, elle vaut vraiment la peine d’être lue, que ce soit pour l’aspect historique ou le côté humain. Un beau coup de coeur 🙂

***

Capitaine Albator: Mémoires de l’Arcadia tome 1. De Jérôme Alquier, d’après l’oeuvre de Leiji Matsumoto. Editions Kana, collection Classics. 56 pages. 2019.

Des scientifiques ayant tenté de mettre en garde le monde contre l’invasion d’une race extra-terrestre sont assassinés dans des circonstances étranges. Albator, le pirate de l’espace, va tenter de découvrir ce qui se cache derrière ces évènements qui ne semblent pas inquiéter le gouvernement terrien.

Pour les gens de ma génération, Albator est surtout le héros d’un anime culte qui parlait de liberté et de lutte contre l’oppression. Ses aventures ont bercé mon enfance 🙂 Alors quand je suis tombée sur cette BD, je me suis littéralement jetée dessus ^^

L’histoire est inédite, mais basée sur l’anime. Je n’étais donc pas vraiment en territoire inconnu. La nostalgie a bien sûr joué sur mon appréciation de la BD, mais pas seulement. L’intrigue est intéressante et bien fichue, même si 56 pages, c’est un peu court pour vraiment tout approfondir. Mais il y a de l’action, de l’aventure, de l’humour, sur fond de sujets sérieux: critique de l’inertie politique de dirigeants irresponsables, destruction de la planète, etc.

Les dessins sont magnifiques, le trait est fin et soigné. On retrouve le style de l’oeuvre originale, notamment dans la représentation des personnages. Les décors sont précis et variés, il y a beaucoup de détails. Les couleurs sont somptueuses, chaque planche en met plein les mirettes.

Une super lecture, j’ai hâte de lire la suite! 🙂

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5 commentaires pour Des BD en pagaille #51

  1. Angelilie dit :

    J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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