L’étrange Affaire de Spring Heeled Jack

Burton & Swinburne tome 1: L’étrange Affaire de Spring Heeled Jack. De Mark Hodder. Editions Bragelonne, collection Le Mois du Cuivre. 502 pages. 2013.

Une étrange créature surnommée Spring Heeled Jack agresse des jeunes filles, tandis que des enfants disparaissent et que des loups-garous sont signalés dans les quartiers mal-famés de Londres. Sir Richard Francis Burton, explorateur au coeur d’une polémique qui pèse sur sa réputation, est sollicité par le gouvernement pour mener l’enquête.

Le premier chapitre se déroule comme un roman historique traditionnel et, si on ne savait pas d’avance quel genre de livre on a entre les mains, on serait surpris-e quand, dans ses dernières lignes, on découvre qu’on est en fait à fond dans le steampunk. Et l’auteur n’y va pas de main-morte sur le sujet, on est bombardé-e-s de technologies plus improbables et variées les unes que les autres. Certaines ne sont d’ailleurs pas piquées des hannetons et je ris encore de la façon dont certains messages sont acheminés (je ne vous en dis pas plus pour vous laisser découvrir ça par vous-mêmes, mais ceux et celles qui ont lu ce livre comprendront ^^). Pour être franche, je dirais même qu’à certains moments on est tellement noyé-e-s sous ces technologies qu’on perd un peu de vue l’intrigue. Mais c’est généralement fait avec beaucoup d’humour, donc ce n’est pas difficile à suivre.

Du coup, la mise en place est très longue. Les détails disséminés par l’auteur sont important pour la suite, mais il faut quand même être vraiment patient-e. Je dirais qu’il faut bien 200 pages avant que ça devienne plus palpitant. Ce n’est pas trop gênant, parce qu’il y a beaucoup de choses à expliquer et à poser pour que la suite soit compréhensible, mais je ne vous cacherai pas que j’ai parfois trouvé le temps long dans la première partie du récit. Surtout que la série s’appelle Burton & Swinburne et que ce dernier ne prend de l’importance qu’assez tardivement et que que le héros de l’histoire reste Burton tout du long, personnage pas forcément toujours bien sympathique.

Ce qui m’a ennuyée un peu avec ce livre, c’est que l’auteur reprend le cliché habituel du genre en utilisant des personnages ayant réellement existé comme protagonistes de son histoire. Dans ce cas, c’est justifié par l’intrigue, mais j’avais rencontré Swinburne récemment chez Fabrice Colin* et Burton chez Farmer** il y a quelques temps. J’aurais apprécié de faire la connaissance d’autres personnalités pour changer un peu…

Autre point négatif: cette histoire est globalement une affaire d’hommes. Peu de femmes sont présentes et ce sont en général des victimes, l’intérêt amoureux de personnages masculins ou des personnes âgées obsédées par les convenances. Une seule est un peu plus intéressante, mais pas assez développée (peut-être dans les tomes suivants?).

Malgré ces points négatifs, j’ai beaucoup apprécié ma lecture. Il y a beaucoup d’action, plein d’idées super intéressantes et tout s’emboîte bien en arrivant à la fin (même s’il y a un point qui me chipote, mais je ne peux pas vous en parler parce que ce serait spoiler). L’auteur profite de toutes les technologies surréalistes qu’il imagine pour souligner les dangers de la science et critiquer l’escalade technologique incontrôlée dans notre société. Et beaucoup d’autres thèmes très intéressants sont également abordés.

Il y a une annexe présentant les personnages à la fin du roman. Il aurait pu être utile de la placer au début pour les lecteurs peu familiers de l’époque victorienne et de ses célébrités, mais je vous déconseille vivement de la consulter avant ou au cours de votre lecture, parce qu’elle est très spoilante. Même si je trouve qu’un des mystère de l’histoire est extrêmement facile à résoudre.

Une très bonne lecture, qui devient palpitante vers la fin, mais qui souffre de quelques longueurs dans le premier tiers. Je suis vraiment curieuse de lire le tome suivant, surtout que c’est son résumé qui m’avait donné envie de m’intéresser à cette série. Je recommande si vous voulez vous immerger dans un univers particulièrement poussé.

*Arcadia de Fabrice Colin: tome 1: Vestiges d’Arcadia; tome 2: La Musique du Sommeil.

**Le Fleuve de l’Eternité de Philip José Farmer: tome 1: Le Monde du Fleuve.

Cet article, publié dans Lecture, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.